Alors qu'il pouvait passer pour un des fils spirituels de Jean-François de Sart après avoir tout connu avec la génération des Espoirs, Laurent Ciman a déchanté lors des Jeux Olympiques, refusant même de monter au jeu à deux minutes de la fin de la rencontre Belgique-Chine. Au total, il aura joué une dizaine de minutes contre le Nigéria en marquant un but.
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Alors qu'il pouvait passer pour un des fils spirituels de Jean-François de Sart après avoir tout connu avec la génération des Espoirs, Laurent Ciman a déchanté lors des Jeux Olympiques, refusant même de monter au jeu à deux minutes de la fin de la rencontre Belgique-Chine. Au total, il aura joué une dizaine de minutes contre le Nigéria en marquant un but. Est-ce que le fil s'est coupé avec de Sart ? Non, j'ai toujours eu une bonne relation avec lui mais il a fait des choix aux JO et je n'étais pas d'accord avec certains. Si j'ai refusé de monter au jeu contre la Chine, c'est parce que je trouvais qu'il me manquait de respect. Mais il n'était quand même pas obligé de faire appel à vous...Vu les circonstances, je m'attendais à débuter ce match ou à rentrer plus tôt. Contre la Chine, il fallait absolument gagner et donc faire rentrer des joueurs frais. Mais peut-être me suis-je trompé en agissant de la sorte et j'assume mon erreur. C'est le côté négatif de ma personnalité qui est ressorti. Comment avez-vous vécu ces Jeux ? J'en attendais beaucoup. J'avais effectué une super préparation avec Bruges et ensuite avec l'équipe olympique. J'aurais pu être titulaire dès le premier match. Sepp De Roover a été préféré car il avait effectué un très bon Euro. Mais comme je partais sur le même pied que lui et vu son match contre le Brésil, je m'attendais à débuter contre la Chine. On a l'impression que vous avez traîné les pieds pendant tout le tournoi...Non, non. J'étais déçu mais c'est lourd d'entendre que je suis passé à côté du tournoi. Je constate simplement qu'on a perdu Marouane Fellaini et Vincent Kompany et que l'entraîneur a fait six matches avec la même équipe. Avec la chaleur et l'humidité, on ne dispute pas six matches avec la même équipe ! En avez-vous parlé avec de Sart ? Non. Pas directement. Car lui non plus n'est pas venu vers moi. Et puis, on ne pouvait rien lui reprocher vu les résultats. Mais je trouve que chacun méritait sa chance. Vous n'avez pas eu peur que votre réaction donne une mauvaise image de vous ? Quand je suis rentré en Belgique, mon père et mon agent m'ont dit que je n'avais pas adopté le bon comportement. Mais je ne suis pas capricieux. Les gens qui me connaissent le savent. En Chine, il y avait juste de la frustration. Quels sont les joueurs qui vous ont marqué dans le groupe ? Jan Vertonghen. Il tire le groupe sur le terrain. On l'a vu du début à la fin du tournoi. Comme Logan Bailly qui fut exceptionnel. Et puis, un gars qui m'a beaucoup plu, c'est Jeroen Simaeys. Sans oublier De Mul, Vermaelen, Pocognoli. Regardez le nombre de sprints qu'il a faits ! Vous n'oubliez personne ? Si. Le meilleur : Moussa Dembélé. Il sait garder un ballon - pour lui prendre, il faut s'y mettre à quatre - et il sait tout faire. C'est un faux lent. Une fois qu'il passe devant toi, c'est fini, tu ne le revoies plus. Il a la technique, la vista. Son seul problème, c'était qu'à l'entraînement, il ne frappait jamais au but. Et là, en matches, il l'a fait. Et vous avez vu le résultat ? C'est grâce à lui qu'on s'est retrouvé en demi-finale. Contre l'Italie, il nous a qualifiés à lui tout seul. Il part du milieu et marque. Si c'était à refaire, vous repartiriez en Chine ? Oui car cela reste une grande expérience. La Chine, je ne la verrai plus jamais. Tout paraît grand dans ce petit. Dans le car, on voyait les quartiers huppés mais aussi les grandes pancartes qui cachaient les ghettos. Et puis, j'ai vu Phelps, Nadal, Djokovic, Gasol, Monfils, Bolt au village olympique. Ce sont des gens que je ne croiserai plus jamais. Phelps, il est basé comme un triangle. Franchement, c'est abusé ( il rit). Le seul regret que j'ai, c'est de ne pas avoir montré ce que je valais. Et puis, vous oubliez Ronaldinho ? Oui, on s'est retrouvé dans le même avion que la sélection brésilienne. Toutes les deux secondes, quelqu'un venait lui demander un autographe. Et il reste super sympa. Tu peux l'aborder, il parle français. Il m'a félicité pour le coup franc que j'avais inscrit contre le Nigeria...