En 1982, forts de leur titre de vice-champions d'Europe, les Diables Rouges se qualifient pour la phase finale du Mundial espagnol. Un événement d'autant plus important que la Belgique hérite d'un grand honneur : disputer le match inaugural au Nou Camp contre l'Argentine, tenante du titre. Branle-bas de combat dans toutes les rédactions et notre magazine innove en misant, entre autres, sur deux consultants de choc, Georges Heylens et Paul Van Himst. Grand organisateur, Heylens planifie le voyage en voiture avec une p...

En 1982, forts de leur titre de vice-champions d'Europe, les Diables Rouges se qualifient pour la phase finale du Mundial espagnol. Un événement d'autant plus important que la Belgique hérite d'un grand honneur : disputer le match inaugural au Nou Camp contre l'Argentine, tenante du titre. Branle-bas de combat dans toutes les rédactions et notre magazine innove en misant, entre autres, sur deux consultants de choc, Georges Heylens et Paul Van Himst. Grand organisateur, Heylens planifie le voyage en voiture avec une première halte à Cavaillon, la capitale mondiale du melon. Là, nous sommes hébergés chez des amis de Georges, des membres du Lions Club de France. Tellement heureux de recevoir deux monuments du football belge, ils débouchent une impressionnante collection de leurs meilleurs champagnes avant de lancer quelques farandoles dans la maison. Une belle soirée, vraiment : le Mundial commence bien. Le lendemain, arrivée près de Barcelone, où Heylens a reçu la permission d'occuper la grande villa, avec piscine, de son ami Umba Di Lutete, Ministre d'état zaïrois proche du Président Mobutu. Van Himst est content, notre photographe aussi. Mais il y a le boulot avant tout et Argentine-Belgique qui approche à grands pas. Deux jours avant cet événement hors normes : entraînement des Champions du Monde en titre. Nous sommes là, Paul, Georges et moi. Van Himst connaît Osvaldo Ardiles avec qui il a tourné un film en Hongrie (A nous la victoire/ Escape to victory), à l'affiche duquel on retrouve aussi Pelé, Bobby Moore, etc. Après une heure, Luis Menotti met fin à la séance de travail et nous voilà sur le terrain, Maradona passe près de nous, ce n'est pas lui qui nous intéresse : - Hé, Osvaldo. Il se retourne, reconnaît Van Himst, l'embrasse, un moment extraordinaire et répond à nos questions. Il nous parle de son club, Tottenham, où il a joué durant la guerre des Malouines qui a opposé son pays à l'Angleterre, de son frère, pilote de chasse. Entretien émouvant, impossible à réaliser de nos jours en vue d'une telle affiche. Le 13 juin 1982, Guy Thys et les Diables Rouges achèvent leur version d'A nous la victoire en battant l'Argentine 1-0, un exploit gigantesque. Dans la tribune en fin de match, nerveux, je demande une cigarette au regretté André Thioux (LaNouvelle Gazette) qui n'en n'a pas, heureusement. Paul et Georges, unis comme deux Beatles, sont partis aux nouvelles à l'hôtel des Diables Rouges. A 70 ans, ce mercredi, Paul se souvient certainement de ces aventures et grands moments de " notre " Coupe du Monde : bon anniversaire Monsieur Van Himst.... PAR PIERRE BILIC