Après le mercato, y a encore moyen de faire ses courses. Les stars ont bougé ! Aux starlettes de se faire bouger. Un nouveau marché où on n'achète pas, on loue. On remplit son chariot en le laissant garé devant la porte du stade. Faudra ramener la marchandise.
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Après le mercato, y a encore moyen de faire ses courses. Les stars ont bougé ! Aux starlettes de se faire bouger. Un nouveau marché où on n'achète pas, on loue. On remplit son chariot en le laissant garé devant la porte du stade. Faudra ramener la marchandise. En Angleterre, les clubs de Football League peuvent aller puiser dans les supermarchés très bien achalandés des clubs de Premier League. Droit de cuissage minimum 28 jours, maximum 93. Avec possibilité d'extension de la location. Si les grandes surfaces sont plus que jamais dépensières - 1.180.000.000 d'€ d'échanges -, les petits commerces de quartier cherchent toujours la bonne affaire. Il y a le choix. A Chelsea par exemple. 33 " Bluesailles " sont actuellement en prêt. Noyau de fou pour - actuellement - résultats de " oufs ". La maison mère se plante pendant que 33 de ses joueurs cherchent leur bonheur ailleurs. Obligé qu'il est de prêter, RomanAbramovich. Les clubs de Premier League ne peuvent enregistrer à la Fédé que 25 joueurs pour le championnat. A cette bourse, la valeur belge est un investissement refuge. Si nos " gamins " n'ont pu y faire leur nid, le club s'est quelque peu réemplumé sur l'échine de nos Diables. Après les locations d'exposition de RomeluLukaku à WBA et Everton, Chelsea l'a vendu avec un bénéfice de 13 M€. Pour KevinDeBruyne, c'est Wolfsburg qui a raflé le jackpot, même si Chelsea avait fait une belle plus-value de 11M€ en le vendant aux Allemands. Par contre, pas question de vendre ThibautCourtois. Sur ce coup-là, Chelsea a été royal. Acheté 5M€ à Genk, il a d'abord rapporté en devises pendant trois ans de location à l'Atlético Madrid mais aussi et surtout en valeur sportive. Courtois a appris le haut niveau et est arrivé prêt pour la rentabilité de terrain. Acheter encore et toujours pour former, certes, mais aussi pour empêcher que toute cette marchandise n'embellisse le panier des concurrents. Rien d'illégal à ce niveau mais quand même beaucoup de questions. Comme, par exemple, le pouvoir des clubs les plus riches sur d'autres compétitions. Au gré d'arrangements, voire d'amitiés, un club peut prêter ses meilleurs jeunes à un club de division inférieure pour lui permettre d'être champion. Un club pourrait aider un autre en achetant son meilleur joueur avant de le lui relouer. Avec, en sus, une belle promesse d'être prioritaire sur la prochaine pépite. Et puis, n'oublions pas que mercato est un mot italien, pas par hasard. Il fut un temps où l'argent venait, et surtout partait de là-bas. La puissance économique était transalpine. Mais le chef de cordée des bonnes idées était le boss d'un petit club. Devenu grand le temps de quelques fulgurances. GianpaoloPozzo a fait de l'Udinese une grande famille, qui a connu jusqu'à 95 membres. AlexisSanchez, OliverBierhoff, Asamoah, JuanCuadrado et tant d'autres. 95 joueurs sous contrat dont 90 % arrivaient jeunes et encore inconnus. Avant de repartir toujours jeunes et prêts à être connus...ailleurs. Avec, à la clé, prix de l'audace, des centaines de millions dans les caisses du club. Sur les six dernières années, 200M€ sont rentrés dans la trésorerie pour 20M€ de dépenses. Pas mal ! Et, surtout, la masse salariale est toujours très basse. C'est l'exemple même de ce que devrait être le Fair Play financier. L'Udinese pratique aussi les " p'tits coups de main entre amis ". Exemple en 2009. Grenade est au bord du gouffre en D3 espagnole, Pozzo envoie quelques-uns de ses " enfants ". Deux ans plus tard, Grenade monte en Liga. Un p'tit club de Serie A a donc son mot à dire en Liga. Mais attention, ça marche pas toujours. Parme a eu jusque 226 joueurs sous contrat. Il est en faillite. Pas question de faillite à la Juve qui, avec 58 joueurs sous contrat, fait le bonheur d'autres clubs. L'essentiel est que le joueur loué ne se perde pas et qu'il trouve son chemin. Certains sont loués dix fois avant de revenir à la maison mère et y réussir. Certains n'y reviennent jamais et tombent dans l'oubli... à jamais. PAR FRÉDÉRIC WASEIGE