J'avais dit qu'on jaserait de bizarreries arbitrales, on en a jasé. J'avais rappelé que la moyenne de buts oscille invariablement entre 2,2 et 2,8... celle de cet EURO fut de 2,4. Je craignais que le cocktail alcool/chauvinisme amène quelques débordements, ils ont eu lieu comme prévu et tout le monde s'en est foutu comme prévu. Ça se passe désormais en dehors des stades, la télé s'abstient de s'appesantir, ça se limite aux Anglais, ça ne fait jamais qu'un mort par erreur de temps en temps sur toute une compétition : autant dire que le problème est résolu, le soft hooliganisme est entré dans nos m£urs, il fait partie intégrante du sport que nous aimons. Jusqu'au jour du prochain Heysel où le foot en reprendra plein la gueule, parce qu'il aura banalisé un fanatisme latent dont il ne s'est jamais assez senti responsable... ...

J'avais dit qu'on jaserait de bizarreries arbitrales, on en a jasé. J'avais rappelé que la moyenne de buts oscille invariablement entre 2,2 et 2,8... celle de cet EURO fut de 2,4. Je craignais que le cocktail alcool/chauvinisme amène quelques débordements, ils ont eu lieu comme prévu et tout le monde s'en est foutu comme prévu. Ça se passe désormais en dehors des stades, la télé s'abstient de s'appesantir, ça se limite aux Anglais, ça ne fait jamais qu'un mort par erreur de temps en temps sur toute une compétition : autant dire que le problème est résolu, le soft hooliganisme est entré dans nos m£urs, il fait partie intégrante du sport que nous aimons. Jusqu'au jour du prochain Heysel où le foot en reprendra plein la gueule, parce qu'il aura banalisé un fanatisme latent dont il ne s'est jamais assez senti responsable... En citant 7 favoris, je ne m'était guère mouillé au jeu des pronostics... mais je me suis gourré monumentalement : le foot serait donc plus aléatoire encore que ce que je crois ? ! L'avenir hellène nous le dira : soit la Grèce confirme par d'autres résultats probants qu'une génération exceptionnelle vient de naître,... soit elle disparaît des hautes sphères aussi rapidement qu'elle les a atteintes ! Franchement, selon le pied duquel je me lève, cette victoire grecque me fait beaucoup rire ou beaucoup pleurer. Beaucoup pleurer parce qu'il n'y a pas de quoi rire sur l'avenir des beaux gestes et du beau jeu, lorsqu'une équipe s'impose en n'étant QUE physique et intelligente (*) pour défendre, et en profitant de trois coups de boule par des gars de plus d'1m90 pour gagner trois fois 1-0 et rafler le trophée ! Et beaucoup rire parce qu'il n'y a jamais de quoi pleurer lorsqu'un petit fait la nique aux grands : si la formule gagnante en foot exclut l'étalage d'une virtuosité technique, si personne ne veut modifier les règles pour réintroduire une virtuosité efficace et payante, autant que ce pauvre petit spectacle profite aussi parfois aux petits pays pauvres ! Il n'y a pas eu de hold-up grec, le hold-up, c'est quand tu passes par le trou de la serrure : quand ton adversaire t'enfonce en montrant des choses, mais qu'il manque de pot et tombe sur un gardien en état de grâce. Mais face à cette phalange évidemment grecque, la France n'a rien su montrer, ni la Tchéquie, ni le Portugal. On a parlé de victoire du pragmatisme, de machine construite pour faire déjouer, de jeu décevant mais efficace. Tout est vrai, et alors ? Bien jouer, c'est gagner. Toute la Grèce a l'ivresse et se fout du flacon. Tous les pays du monde font comme la Grèce quand ils gagnent au foot. Trois mots sur OttoRehhagel. Un, faudrait vérifier via calculette, mais je crois bien qu'il disposait de l'équipe la plus haute en taille et que ce n'était pas un hasard : joué comme l'ont joué les Grecs, le foot est un jeu où les p'tits mecs se feront rarement une place au soleil. Deux, la victoire grecque est une grande victoire de la vieille école : parce que l'Otto a 65 ans et parce que son credo tactique shoote un grand coup salutaire dans les grandes théories fumeuses de la défense de zone à la mode de chez nous ! La zone en défense n'est pas la panacée pour mieux atteindre le nirvana en attaque. Ne pas sacrifier au coller/culotte sur les deux ou trois gars d'en face les plus offensifs, choisir le je-te-le-passe-tu-le-prends-quand-il-va-dans-ton-jardin, c'est souvent ouvrir la porte au laxisme et à la déresponsabilisation en perte de balle. La victoire grecque d'une équipe jouant bas, avec un libero et des gardes-chiourme, ça la fout mal pour toutes les écoles d'entraîneurs branchées... Enfin, c'est la première victoire, en EURO comme en Mondial, d'un coach étranger. Dommage. Ou bien les équipes nationales n'ont plus de raisons d'être (ce qui ne me dérangerait pas), ou bien elles en ont encore : mais ce devrait alors valoir pour toutes les composantes du groupe... duquel l'entraîneur est un maillon primordial ! En soi, il est tout aussi incongru de voir Rehhagel défendre les couleurs de la Grèce que de voir Ailton défendre les couleurs du Qatar. Non ? (*) Visiblement, aucun des Grecs n'était Béotien. Ha ! Ha ! Ha !par Bernard JeunejeanSi les équipes nationales ONT ENCORE UN SENS, l'entraîneur doit aussi être originaire du pays !