OSTENDE JR Holden veut plus que la Coupe.
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OSTENDE JR Holden veut plus que la Coupe."Jusqu'à présent, la finale de la Coupe a été le match de plus important. Nous voulions un trophée et nous avons réussi avec ce succès. Nous avons fêté cette victoire pendant deux jours mais ensuite chacun s'est reconcentré. Nous voulons tout gagner, c'est simple. Nous n'avons cessé de progresser. Tout se résume à ça: s'améliorer et produire son meilleur basket dans les playoffs. Nous sommes proches de notre meilleur niveau. En revanche, notre défaite à Hasselt et le limogeage de notre premier entraîneur constituent de moins bons souvenirs. Le départ de Lucien Van Kersschaever a été un coup dur pour certains joueurs, y compris pour moi. Mais Ralph Biggs et Tomas Vanden Spiegel ont émergé et se sont érigés en leaders. Pourquoi m'avoir nommé capitaine? Je n'en sais rien. Peut-être parce que je me livre à fond. Chacun apporte quelque chose à l'équipe, à sa façon. J'essaie simplement d'être un exemple sur le terrain, de conduire l'équipe à la victoire à chaque rencontre. J'ai participé à mes premiers playoffs en Europe l'année dernière. Savoir que nous sommes obligés de gagner notre premier match dans une salle étrangère procure un surcroît de motivation. J'aime cette intensité, cette lutte. Tous les joueurs sont concentrés, les rencontres sont plus physiques et toujours palpitantes. Chaque fois, il faut se livrer à fond pendant quarante minutes. Tout est plus rude, l'enjeu est plus important. Il s'en est fallu de très peu la saison passée. Pourtant, j'en conserve plus d'excitation que de déception. Naturellement, nous briguions la victoire, nous étions aussi bons qu'Anvers. J'en ai retenu une leçon: il faut se ressaisir très vite après un mauvais match. Les rencontres se succèdent à un rythme soutenu. Vous voulez vous rattraper la fois suivante alors qu'en fait, il faut rester décontracté.Certains considèrent tel match-up comme le duel crucial de la rencontre, pas moi. Marquer quarante points n'a aucun intérêt si votre équipe perd. Peu m'importe l'identité de mon adversaire. Je ne m'en soucie vraiment pas. Je donne le meilleur de moi-même en toutes circonstances et j'essaie d'attaquer avant que mon concurrent n'ait l'opportunité de le faire. Je veux dicter le jeu, que je sois opposé à Melvin Watson, Ronny Bayer, Michael Huger ou à Jacques Stas. Lorsque je suis en difficulté, je m'en attribue la responsabilité. Mes coéquipiers me disent parfois que je tire trop vite ou que je dois aller plus à l'anneau mais je ne pense pas que les joueurs qui puissent contrarier mes mouvements soient légion. Nous allons sûrement regretter Gert Kullamae à ce stade de la compétition. Il est très important. Tous les autres sont en forme, prêts pour le tour final. On oublie facilement les coups. Nous ne pensons pas à nos bobos ni à notre foyer pour le moment. J'ai dédié la Coupe de Belgique à Lucien Van Kers et j'aurai une pensée pour lui si nous remportons le titre. Il a été mon premier coach. Il a cru en moi et conservera toujours une place dans mon coeur". (I.V.M.)CHARLEROI Erik Cleymans est déja fixé sur Ostende."Les années précédentes, il n'y avait que six équipes admises en playoffs. Les deux premiers classés de la saison régulière étaient exemptés du premier tour. Cela nous a permis de partir quelques jours à Vittel pour nous oxygéner. Cette saison, la formule a été étendue à huit équipes. Nous avons donc enchaîné les playoffs directement après la dernière journée de championnat. Personnellement, je préfère cela. On ne perd pas le rythme. Nous avons continué à nous entraîner à Charleroi. Après la finale de la Coupe de Belgique, nous avons reçu deux jours de congé, puis nous avons recommencé la préparation à fond. La semaine dernière, l'accent n'a pas été mis sur Alost, notre dernier adversaire en championnat pour un match sans enjeu, ni sur Liège, notre adversaire au premier tour des playoffs, mais déjà sur... Ostende que nous nous attendons à rencontrer en finale. Nous avons essayé de corriger les petites erreurs commises lors des trois matches précédents. Certes, il ne faut pas négliger les autres adversaires, à commencer par Liège. En principe, nous ne pouvons pas être éliminés au premier tour. Les choses sérieuses commenceront après. Ce sont mes onzièmes playoffs et je suis tout excité à l'idée de les disputer. On s'entraîne depuis neuf mois dans cette perspective. Pendant la série, on n'a pas beaucoup le temps de s'entraîner. Les séances sont plutôt axées sur la récupération. On joue tous les deux jours mais les joueurs préfèrent jouer que s'entraîner. La fatigue est là pour tout le monde. Souvent, les pourcentages de réussite baissent parce que les défenses sont plus agressives, mais aussi parce qu'à force de puiser dans leurs réserves, les joueurs finissent par manquer de lucidité et de précision. C'est le plus fort mentalement qui émerge: celui qui trouve les ressources pour effectuer un pas de plus que son adversaire. A 31 ans, je ne récupère plus aussi vite mais je suis les conseils donnés à Charleroi, notamment au niveau de la diététique, et cela se passe très bien.Je n'ai loupé les playoffs qu'à une seule reprise. Avec Pepinster, lorsque je débutais. J'ai disputé mes premiers playoffs avec Ostende, en 1991. J'avais 20 ans. Nous sommes arrivés en finale où nous avons été battus 3-2 par Malines. Partout, on racontait que les matches étaient arrangés pour qu'on aille à la cinquième manche. L'équipe visitée gagnait systématiquement avec 20 points d'écart et perdait avec 20 points d'écart lorsqu'elle se déplaçait. C'était étrange, certes, mais je n'ai pas d'autre explication à avancer que l'avantage du terrain. C'était la première saison de Ronny Bayer à Ostende et on connaît tout le raffut que ce transfert a causé. Il existait un réel contentieux entre les deux clubs. Impensable de lâcher un match. Au terme de ma première saison à Charleroi, nous avons joué les demi-finales des playoffs contre Malines dans la Coupole aménagée. A l'époque, la salle habituelle des Spirous était encore la Garenne. La Coupole servait de gîte au Centre de Tennis Nick Bollettieri. On a installé un parquet et monté des gradins amovibles. Nous avons remporté ce match-là, mais Malines était trop fort et nous a battu à deux reprises au Winketkaai. L'année suivante, nous avons accédé à la finale contre Malines. Nous sommes allés gagner dans la cité archiépiscopale, et le champagne était déjà au frais pour fêter le titre à la Garenne, mais Matt Beeuwsaert et Bill Varner ont sorti un grand match et ruiné nos illusions. Le premier titre est arrivé en 1996. Contre Ostende. Mes playoffs les plus mémorables sont ceux de 1999, lorsque nous sommes allés chercher le titre à Anvers. Le moment le plus fabuleux, fut le retour à Charleroi. Deux mille personnes nous attendaient en pleine nuit à la Coupole. Il y a eu une explosion de joie lorsque nous sommes entrés. La soirée s'est malheureusement mal terminée puisque David Desy a été victime d'un accident en rentrant chez lui. Mais cette ferveur populaire m'est restée en mémoire". (D.Dv.)MONS Ronny Bayer prévoit une surprise."Depuis que je joue en D1, j'ai toujours participé aux playoffs. Ce sont mes seizièmes. Mes premiers débouchèrent sur une cruelle désillusion. C'était en 1986. J'étais un jeune snotneus qui disputait sa première saison en D1. Rik Samaey disputait sa première saison sous le maillot malinois. Il avait été transféré d'Ostende et Malines avait terminé la saison avec un boulevard d'avance. Ostende avait arraché sa qualification lors de la dernière journée. Mais, lors de la première manche de la demi-finale, les Côtiers sont venus s'imposer au Winketkaai. Nous avons été éliminés lors du retour à la Côte, en deux manches sèches. Le travail d'une formidable saison a été réduit à néant. C'est cela aussi, les playoffs. Lorsqu'on a connu cela, on est blindé pour la suite de sa carrière. J'ai connu ma joie la plus intense trois ans plus tard, en 1989. C'était 2-2 en finale entre Malines et les Castors, et nous devions disputer la manche décisive à Braine-l'Alleud. Nous n'étions pas favoris et nous avons en outre perdu Bill Varner sur blessure en cours de match. Il ne nous restait que l'Américain Tommy Davis pour terminer la partie. Nous avons réussi à nous imposer d'un point. La finale remportée avec Ostende en 1995 fut pour moi très émouvante car je revenais d'une grave blessure au genou. Malines, c'était la force tranquille. A Ostende, Rudolf Vanmoerkerke met la pression. Lorsque nous avions perdu un match, il effectuait toujours une petite visite à la salle le lendemain pour placer les joueurs devant leurs responsabilités. A Mons, la pression était moindre les années précédentes, mais cette saison-ci, elle est là! Nous avons envie de réaliser quelque chose. Nous avons battu au moins une fois chacun de nos adversaires au cours de la saison régulière. Nous avons une jeune équipe, si l'on fait exception de mes 35 ans. Mais jouer tous les deux jours ne m'effraye pas. J'ai acquis suffisamment d'expérience pour savoir comment me soigner. Les playoffs, c'est spécial. L'ambiance est très différente d'un match de championnat traditionnel. C'est à la vie, à la mort. Durant la saison de 26 matches, on a le droit à l'erreur. En playoffs, deux défaites vous envoient en enfer. Des rivalités naissent, des petits incidents qui ont émaillé la saison régulière reviennent en mémoire et tout cela crée des tensions. L'atmosphère est électrique. Une blessure au mauvais moment peut être fatale. On se prépare différemment, on a juste le temps de soigner les petits bobos et de corriger les erreurs de la veille. Il faut faire le vide autour de soi, et je me demande à quel point les problèmes financiers d'Ypres auront des répercussions sur les prestations. Au niveau de la récupération, il faut surtout éliminer l'acide lactique. L'expérience joue un rôle important. Une équipe qui a remporté ses matches de saison régulière grâce à son enthousiasme a peu de chances de s'imposer dans les playoffs. Elle s'adjugera peut-être la première manche, mais sera vidée pour les deux suivantes. On doit aussi pouvoir se reposer sur certains automatismes et certains systèmes de jeu. C'est ce qui a fait la force de Malines autrefois, de Charleroi ces dernières années et même d'Anvers l'an passé. Si on se base sur la finale de la Coupe de Belgique, Ostende doit être considéré comme le favori n°1. Mais tout est possible. C'est la première fois que les playoffs sont ouverts à huit équipes. C'est la preuve que le basket belge progresse, car malgré cette extension, aucun match ne sera facile. Je prévois une énorme surprise au premier tour. Je ne sais pas pourquoi, c'est mon petit doigt qui me le dit". (D.Dv.)YPRES Sans les problèmes, Michael Huger songerait au titre."Nous sommes l'ancienne équipe d'Anvers mais nous jouons dans une autre ville, l'ambiance et les supporters sont différents. Former une équipe prend du temps. Nous n'avons pas effectué un trop mauvais parcours. Nous avons disputé les quarts de finales de la Coupe Korac et les demi-finales de la Coupe de Belgique. Nous avons battu plusieurs formations cotées en Europe, contre l'attente des observateurs. Ces moments restent ancrés en moi. Nous avons livré une superbe saison, compte tenu du classement d'Ypres l'an dernier -treizième. Nous conservons une chance de remporter le titre, même si la situation extrasportive n'est pas idéale. Physiquement, nous sommes prêts mais mentalement, il faut rectifier le tir. Tous ces ennuis ont une grande influence sur l'équipe. De nombreux joueurs doivent décider de leur avenir: resteront-ils oui non? Prendre une telle décision tout en continuant à prester est parfois difficile. Moi, j'oublie tout quand je joue. Mais dès que le match est terminé, tout ressurgit dans ma tête.En tant que capitaine, j'ai davantage de responsabilités dans ce genre de situation. Si l'un de nous ne parvient pas à gérer cette problématique, il est inutile de le placer sous un surcroît de pression. C'est pour ça que le groupe s'abstient de trop discuter des problèmes. Nous nous entraînons très dur, mieux que lorsque nous étions encore payés. Nous n'avons plus d'argent mais il nous reste notre sport.Nous aurions certainement compté parmi les favoris sans ces problèmes. Maintenant, je ne sais pas trop. L'an dernier, Anvers a également entamé les playoffs comme outsider mais l'équipe a progressé au fil des matches. Je repense souvent au dernier match de la finale. Nous avions deux points d'avance et nous avons commis une faute. J'étais lessivé. J'ai regardé l'entraîneur et il m'a demandé s'il devait demander un time-out. Non, ai-je dit. Car si j'étais vidé, tous les joueurs devaient être à bout. Ostende avait la balle, il restait vingt secondes. S'il marquait trois points, il était champion. S'il n'en réussissait que deux, c'était match nul. Il a raté, nous sommes revenus en possession du ballon et nous avons finalement gagné avec deux points d'avance. Pour moi, ce fut le meilleur moment de la finale. Il est difficile d'établir des comparaisons avec l'année dernière. Les équipes sont encore plus fortes. Ce que nous pouvons retirer de la saison dernière, c'est que nous avions tous le même objectif. C'est ainsi qu'on gagne. La mentalité du groupe va jouer un rôle décisif. C'est pour cela que je ne peux faire de pronostics sur notre parcours. Pour moi, en tout cas, jouer contre JR Holden constitue un défi. Je trouve ça fantastique, surtout que nous sommes amis, en-dehors du terrain. J'aime aussi affronter Melvin Watson. Nous ne nous charrions pas sur les playoffs. Ce sera pour après. Pour l'instant, chacun s'occupe de sa propre équipe". (I.V.M.)