Depuis le début de la saison, c'est un jeune gardien liégeois qui défend les buts de Genk. " J'ai su, une semaine avant le début du championnat, que cette responsabilité me serait confiée ", explique LoganBailly (20 ans). " Dans les matches de préparation, HugoBroos avait instauré une tournante. Les trois gardiens du noyau ont chacun disputé deux des six premiers matches. On pouvait se douter que celui qui allait entamer le septième et dernier match amical, face à Willem II, avait de fortes chances de devenir le titulaire. Lorsque j'ai pris place entre les perches, j'ai compris que j'allais commencer la saison ".
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Depuis le début de la saison, c'est un jeune gardien liégeois qui défend les buts de Genk. " J'ai su, une semaine avant le début du championnat, que cette responsabilité me serait confiée ", explique LoganBailly (20 ans). " Dans les matches de préparation, HugoBroos avait instauré une tournante. Les trois gardiens du noyau ont chacun disputé deux des six premiers matches. On pouvait se douter que celui qui allait entamer le septième et dernier match amical, face à Willem II, avait de fortes chances de devenir le titulaire. Lorsque j'ai pris place entre les perches, j'ai compris que j'allais commencer la saison ". En fin de compte, le choix définitif devait s'opérer entre Logan Bailly et SinanBolat (17 ans), le gardien belge d'origine turque de l'équipe nationale des -19 ans (qui n'a pas pu participer au Championnat d'Europe de la catégorie, en juillet, en raison d'une suspension de trois matches). JanMoons (35 ans), qui a disputé les 34 matches de la saison dernière et avait fait partie du groupe de l'équipe nationale sous l'ère AiméAnthuenis, avait été relégué au rang de troisième gardien. Un choix d' HugoBroos ou de la direction, qui veut privilégier la jeunesse ? L'intéressé, lui, est convaincu que d'autres raisons se cachent derrière son éviction. " Si la direction veut privilégier la jeunesse, elle n'est pas conséquente ", a-t-il déclaré sous le coup de l'émotion. " Car, dans le même temps, le jeune défenseur SvenVerdonck n'a pas bénéficié du même privilège. Je crois plutôt que la vraie raison est à chercher dans une clause de mon contrat qui stipule que le bail sera automatiquement prolongé si je joue un certain nombre de matches comme titulaire durant le premier tour ". " Cela a dû être dur pour lui d'apprendre qu'il serait troisième gardien ", reconnaît Bailly. " Mais je dois souligner qu'il a adopté une attitude très positive à l'égard de Sinan et de moi. On cohabite sans heurts, il continue à nous aider et à nous conseiller ". Logan, de son côté, n'a pas de remords à avoir : voilà plusieurs années qu'il attend dans l'ombre que son tour arrive. Voici trois ans, lors de l'unique saison disputée par Heusden-Zolder en D1, il avait été prêté au voisin afin de s'aguerrir. Cela lui avait permis de disputer une saison (presque) complète parmi l'élite. " Jusqu'à ce qu'une déchirure des ligaments du genou mette fin à l'expérience ", se souvient-il. Il était déjà, à l'époque, considéré comme un grand espoir, mais lorsque Heusden-Zolder est redescendu en D2, le prêt s'est terminé et il est retourné à Genk. Comme substitut de Moons, déjà. " Cette saison à Heusden-Zolder m'a été très bénéfique ", admet-il. " A 17 ans, c'est une chance immense pour un gardien de pouvoir déjà défendre les buts d'une équipe de D1. Au départ, j'étais en concurrence avec MichelVercruysse, et après quelques matches, j'ai obtenu la préférence. Lors de mon premier match, on a battu Bruges 4-2. J'étais lancé. J'ai joué une vingtaine de matches, j'ai grandi footballistiquement mais aussi dans ma tête. Jusqu'à cette blessure, qui m'a contraint à six mois d'indisponibilité. La saison suivante, je suis retourné à Genk. Mais, preuve que le club croyait en moi, malgré ma blessure, on m'a proposé un nouveau contrat courant jusqu'en 2008 ". Contraint de vivre dans l'ombre de Moons, Bailly a pris son mal en patience. " Au départ, ce n'était pas évident. Quand on a déjà goûté à la D1, on a envie d'en reprendre et on ne s'assied pas sur le banc de gaieté de c£ur. D'un autre côté, je savais que j'avais l'avenir devant moi. Jan est un excellent gardien, au contact duquel j'ai beaucoup appris, mais il se dirigeait tout doucement vers un âge où l'on songe à mettre fin à sa carrière. Je savais donc qu'un jour, mon tour viendrait. J'ai travaillé d'arrache-pied à l'entraînement pour essayer de mériter ma place. Et j'en récolte aujourd'hui les fruits ". Logan en est déjà à sa sixième saison à Genk. Il était arrivé à l'aube de la saison 2001-2002. Il n'avait encore que 15 ans, à l'époque. Une divergence de vues avec DanielBoccar l'a amené à quitter le Standard. Comme d'autres, il a pris la direction de Genk. " Forcément, comme tous les jeunes qui arrivent dans un club, j'espérais me retrouver un jour en équipe fanion, mais à cet âge-là, le chemin est encore long et il était risqué de tirer trop de plans sur la comète. Néanmoins, il est clair que j'avais déjà un petit plan de carrière. Lorsque je suis arrivé, IstvanBrockhauser était proche de la fin de son parcours. J'ai été rapidement promu au rang de troisième gardien derrière BramCastro et, déjà, Jan Moons, qui était arrivé à Genk un an avant moi. Pendant toutes ces années, je me suis entraîné sous la direction de GuyMartens : un excellent entraîneur, qui exige une concentration de tous les instants. Fatigué ou pas, on ne peut pas se relâcher ". Le rôle de gardien était prédestiné pour Logan Bailly. " Mon père, mon oncle et mon frère aîné étaient tous gardiens. Certes, ils n'ont fréquenté que des clubs modestes, mais ma voie était tracée. J'ai commencé à Cheratte dès l'âge de cinq ans, puis je suis parti à Tilleur-Liège, où PhilippeBoussard m'a formé pendant sept saisons, jusqu'à mon transfert au Standard. Là, j'ai eu la chance de travailler avec Christian Piot, qui m'a apporté énormément et à qui je serai éternellement reconnaissant. Je me sens surtout à l'aise dans les airs. Dans d'autres domaines, je dois encore beaucoup progresser. Je suis suffisamment lucide pour me rendre compte qu'à 20 ans, on n'est encore nulle part. On sait qu'on possède certaines qualités, mais on doit le démontrer en match. Et ce n'est qu'en jouant le plus de matches possibles qu'on peut acquérir l'expérience nécessaire ". Partiellement formé au Standard, Logan aurait pu se retrouver à la place d' Olivier Renard, samedi prochain. Avait-il les capacités pour s'imposer à Sclessin ? " Qui peut le dire ? Je vais enfoncer une porte ouverte en affirmant que rares sont les jeunes qui percent en bord de Meuse. Pourtant, l'école des jeunes est très performante là-bas, mais les produits du cru se voient rarement offrir une chance. JonathanWalasiak, désormais émigré à Metz, constitue presque l'exception qui confirme la règle. Aujourd'hui, l'un des rares jeunes Belges qui perce chez les Rouches est... StevenDefour. Et vous savez comme moi qu'il n'a pas été formé sur les hauteurs du Sart-Tilman ". Ah bon ? " C'est dommage que l'histoire d'amour entre Genk et lui se soit terminée de cette manière. Je ne comprends pas très bien son bras de fer avec le club et sa décision d'utiliser la loi de 78 pour le quitter. Il est encore jeune, il a tout l'avenir devant lui et il n'aurait pas dû s'énerver de cette manière : à son âge, il faut garder les pieds sur terre. Bon, il a pris une décision et je n'ai pas à m'en mêler. Certains l'ont traité de gros cou. Je n'irai pas jusque-là. J'espère, en tout cas, qu'il saura garder la raison, car ce serait dommage de gâcher un talent pareil. J'espère pour lui qu'il réussira une belle carrière, car malgré tout, c'est un gentil garçon ". Un gentil garçon auquel le public limbourgeois a promis une chaude réception, ce week-end. Et pour Logan Bailly, ce match sera-t-il aussi spécial ? " Bien sûr. En tant que Liégeois, c'est toujours un match qui me tient à coeur. J'ai déjà affronté le Standard à deux reprises : une fois avec Heusden-Zolder au stade Fenix (1-1) et une fois avec Genk à Sclessin, où j'étais monté au jeu après l'exclusion de Jan (défaite 1-0). C'est surtout le match en bord de Meuse qui est particulier, d'un point de vue émotionnel. D'abord, parce qu'il se dispute en présence de toute la famille et de tous les amis. Ensuite, parce que le public de Sclessin reste l'un des plus chauds du pays ". Genk affrontera un Standard en crise. " Il faut se méfier de la bête blessée. SergioConceiçao effectuera son retour à la compétition et on sait tout ce que le Portugais peut apporter. Avec ou sans lui, ce n'est pas la même équipe. Je crois aussi beaucoup en JohanBoskamp. Il venait de quitter Genk lorsque je suis arrivé dans le club, mais je n'ai entendu que des éloges à son sujet. C'est un entraîneur qui a beaucoup de caractère et qui sait où il va. Lorsque le Standard aura récupéré tous les joueurs qui lui manquent actuellement, il aura encore une superbe équipe ". Parmi les absents, figure également IgorDeCamargo, que Bailly a côtoyé à Genk et à Heusden-Zolder. " Lui aussi avait été prêté. Comme StefanTeelen, KevinVanbeuren, VincentEuvrard et d'autres encore. Igor et moi, nous avons été les seuls que Genk a voulu récupérer en fin de saison. Les autres sont partis dans d'autres clubs. A cette époque-là, Igor était encore très jeune, et je crois qu'en bon Brésilien qu'il est, il a parfois trop songé à soigner le spectacle. On lui réclamait surtout de l'efficacité. A Heusden-Zolder, il y avait moins de pression et il s'est libéré. Il s'est complètement lancé au Brussels. Malheureusement, sa blessure l'a empêché de poursuivre sur la même voie au Standard. On est resté en contact : je lui ai rendu visite lorsqu'il était à l'hôpital et on se téléphone encore régulièrement. C'est un très gentil garçon et j'espère du fond du c£ur qu'il réussira ". Au contraire du Standard, Genk a bien commencé la saison, avec un six sur six. On n'attendait pas vraiment le club limbourgeois au faîte de la hiérarchie après une période de préparation qui s'était soldée par des résultats plutôt décevants. " Comme quoi, ces matches amicaux ne sont pas toujours révélateurs. C'est lorsque débute le championnat qu'il faut être prêt. Avant le premier match contre Zulte Waregem, on se demandait un peu où on se situait. Mais on l'a bien négocié et cela nous a lancés. On a pris confiance, et aujourd'hui, avec six points, on peut jouer plus libéré. Je crois qu'on a encore une très bonne équipe : IvanBosnjak apporte beaucoup dans le secteur offensif, et WouterVrancken et WimDeDecker ont - dans un autre style - déjà pris le relais de KoenDaerden et Defour. En outre, TomSoetaers a retrouvé son meilleur niveau. Certes, il ne faut pas s'emballer trop vite : on n'en est encore qu'au tout début et il faudra confirmer dans les matches suivants. Mais il y a du caractère dans l'équipe et j'estime qu'on peut, sans forfanterie, viser le podium ". DANIEL DEVOS