Le comportement d'Ilombe "Petit Pelé" Mboyo face à Waasland-Beveren avait une fois de plus obligé le président Ivan De Witte et le manager Michel Louwagie à jouer les pompiers de service. Avant cela, ils avaient déjà dû trancher dans le vif pour remplacer Trond Sollied par Bob Peeters. Une autre fois encore, c'est Jordan Remacle qui s'était fait recadrer par le duo pour manque de discipline. Idem pour Christian Brüls, aperçu avec une cigarette en mains à Lathem-Saint-Martin. Sans omettre le renvoi en Espoirs du jeune Benito Raman qui avait reproché publiquement à ses coéquipiers de manquer de motivation et d'être nonchalants.
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Le comportement d'Ilombe "Petit Pelé" Mboyo face à Waasland-Beveren avait une fois de plus obligé le président Ivan De Witte et le manager Michel Louwagie à jouer les pompiers de service. Avant cela, ils avaient déjà dû trancher dans le vif pour remplacer Trond Sollied par Bob Peeters. Une autre fois encore, c'est Jordan Remacle qui s'était fait recadrer par le duo pour manque de discipline. Idem pour Christian Brüls, aperçu avec une cigarette en mains à Lathem-Saint-Martin. Sans omettre le renvoi en Espoirs du jeune Benito Raman qui avait reproché publiquement à ses coéquipiers de manquer de motivation et d'être nonchalants. De toutes ces affaires, celle de Mboyo fit le plus de bruit car le Diable Rouge représente un capital important pour un club qui vient tout juste de sortir du rouge sur le plan financier. Avec sept buts en quinze matches, le Belgo-Congolais est le meilleur buteur de l'équipe et il est tout simplement indispensable en pointe, où Rodgers Kola et Shlomi Arbitman déçoivent. De plus, Louwagie sait par expérience que Mboyo n'est pas du genre à se laisser commander et qu'il n'hésite pas à recourir à la confrontation physique. On a encore pu s'apercevoir de son entêtement lorsqu'il décida d'organiser lui-même une conférence de presse au cours de laquelle il n'hésita pas à critiquer le management. Louwagie avait senti le vent tourner dès le lundi soir, à l'occasion d'une réunion entre la direction et l'ASBL. Le Flandrien, en place depuis 1990 déjà, avait dû s'expliquer à propos du malaise sportif et du cas Mboyo. On lui avait reproché de nombreux transferts manqués, Remacle, Kola, Cendros, Gecov et Eriksson ne parvenant pas à faire oublier Coulibaly, Jorgensen, Ljubijankic, Smolders et El Ghanassy. Et comme Mboyo s'était mis le public à dos alors que des clubs anglais et russes s'intéressaient à lui, certains avaient tendance à vouloir le vendre pendant la trêve. De Witte, fin diplomate, réussit à calmer tout le monde et prit, le mardi matin, une décision intelligente. Avant le match de coupe face à Anderlecht, il s'adressa de façon paternelle aux supporters en colère. " Merci d'avoir la patience de nous remettre sur les bons rails ", dit-il. " Et je vous promets que, pendant la trêve, nous effectuerons les transferts qui vous rendront à nouveau fiers de votre club. " Une offensive de charme à laquelle De Witte ajouta que Mboyo et le club voulaient, ensemble, démontrer que les supporters comptaient pour eux. " Je vous demande de bien vouloir accepter ses excuses ", dit-il. Et Mboyo les présenta, en bon néerlandais. " J'ai mal réagi et cela n'arrivera plus. " Les applaudissements furent peu nombreux mais ils se firent bien plus forts lorsque, après un quart d'heure, le Belgo-Congolais égalisa, préservant ainsi les chances de qualification de son équipe pour les demi-finales de la Coupe. La Gantoise et Bob Peeters semblaient avoir tout pour travailler ensemble. L'ex-international connaissait le club, où il avait été entraîneur des Espoirs à l'époque de Michel Preud'homme, et les dirigeants savaient qu'il était exigeant. Mais l'ex-attaquant n'avait pas remarqué que l'ambiance au sein du vestiaire était pourrie, que plusieurs joueurs étaient incapables de faire leur autocritique. Après un trois sur vingt et un, Peeters comprit qu'on ne pouvait pas faire des pur-sang de bourricots. Trop d'erreurs défensives et un manque de concentration coûtèrent des points à l'équipe. L'entraîneur a donc décidé de ramener le noyau de 30 à 24 ou 25 joueurs maximum, de chercher la confrontation directe mais correcte avec les joueurs (quelque chose qu'il a appris au Lierse avec Eric Gerets), d'augmenter le volume des entraînements, de renforcer les joueurs sur le plan mental et de demander du renfort à la trêve. Sur sa liste figurent des joueurs expérimentés du championnat belge pouvant évoluer dans l'axe central. Trond Sollied avait demandé plusieurs fois la même chose. L'arrivée de Coulibaly (32), qui a accepté un contrat d'un an et demi, correspond déjà à l'un des souhaits de Peeters, qui n'a jamais caché apprécier le pivot sénégalais au passeport belge. Coulibaly peut aller au combat dans le rectangle et ainsi permettre à Mboyo d'évoluer en neuf et demi, comme il le faisait à Courtrai sous la direction de Hein Vanhaezebrouck. Les ballons venus des flancs trouveront également plus facilement un destinataire. Coulibaly avait quitté l'Ottenstadion l'été dernier parce qu'il n'avait pas reçu d'augmentation et jouait toujours au salaire qu'on lui avait offert lorsqu'il avait débarqué de Courtrai. De plus, il ne s'entendait pas très bien avec Sollied. Il faudra cependant se montrer très clair avec ce joueur expérimenté qui a de la personnalité et n'a pas toujours accepté de se retrouver sur le banc par le passé. Reste à voir aussi s'il pourra directement apporter une plus-value à l'équipe car son limogeage du Beerschot après un incident avec Hernán Losada l'a tout de même contraint à plusieurs semaines d'inactivité. En interne, on a applaudi le fait que Peeters ait promu Hannes Van der Bruggen, qui n'était pas titulaire en début de saison, au rang de capitaine. L'international espoir passe pour un gars intelligent, doté d'une bonne mentalité. Il parle plusieurs langues et s'entend bien avec tout le monde dans un groupe multiculturel. A 19 ans, il a fait preuve de courage pour accepter ce rôle que d'autres auraient sans doute refusé. Car depuis le départ de Bernd Thijs, le noyau manque de personnalités. Et l'ex-capitaine César Arzo s'est mis tout le monde à dos. Alors que le club doit prendre possession du nouveau stade Artevelde en juillet 2013, le management du club est à la croisée des chemins et il lui faut prendre les bonnes décisions, surtout en matière de départs et d'arrivées.PAR FRÉDÉRIC VANHEULELe nouveau capitaine Hans Van der Bruggen est perçu comme le ciment d'un groupe multiculturel.