Du football écossais, on ne connaît généralement que le Celtic, les Rangers, quelques glorieux noms anciens (Graeme Souness, Gordon Strachan, Kenny Dalglish) et des entraîneurs exilés comme Alex Ferguson ou David Moyes. Et pourtant, il y a bien d'autres choses. Sur ces terres balayées par le vent, les clubs tentent de survivre dans un championnat sans grands débouchés (1,8 million d'euros de droits télévisés) et dont l'issue est souvent bien connue depuis longtemps.
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Du football écossais, on ne connaît généralement que le Celtic, les Rangers, quelques glorieux noms anciens (Graeme Souness, Gordon Strachan, Kenny Dalglish) et des entraîneurs exilés comme Alex Ferguson ou David Moyes. Et pourtant, il y a bien d'autres choses. Sur ces terres balayées par le vent, les clubs tentent de survivre dans un championnat sans grands débouchés (1,8 million d'euros de droits télévisés) et dont l'issue est souvent bien connue depuis longtemps. " Avant, on faisait semblant qu'il y avait un suspense puisque deux clubs (Rangers et Celtic) luttaient pour le titre mais depuis la rétrogradation des Rangers, on sait qui sera champion avant même le début du championnat ", nous explique Scott Mullen, journaliste au Glasgow Evening. Si le Celtic parvient encore à faire illusion sur la scène européenne, les autres clubs sont réduits à la figuration, ne passant généralement pas le 1er ou le 2e tour préliminaire. Pourtant, l'Ecosse est une terre de football et ce sport passionne toute cette région. Pendant un week-end, Sport/Foot Magazine a vécu à l'heure du foot écossais. Il a neigé trois jours sur l'Ecosse. Chose assez rare, car bien que située au Nord du Royaume-Uni, elle est balayée par des vents océaniques qui apportent de la fraîcheur mais rarement du froid. Pourtant, Hampden Park, le stade national qui accueille tout le week-end les demi-finales de la Coupe de la Ligue, est rapidement déblayé pour la première rencontre Aberdeen-Dundee United. En Ecosse, on appelle cette rencontre le New Firm, en opposition à l'Old Firm et parce que ces deux villes rivales de la côte est, ont connu une belle période de gloire et de rivalité dans les années 80, trustant à elles deux, trois titres d'affilée entre 1983 et 1985. Les deux équipes constituent les bonnes surprises de la saison. Aberdeen a occupé la tête du championnat jusqu'au début janvier et le travail de l'entraîneur, Derek McInnes,est fortement apprécié. Quant à Dundee United, on retrouve à sa tête une ancienne connaissance, Jackie McNamara, ancien capitaine du Celtic, et qui en est à sa deuxième expérience comme coach. Quatrième en championnat, Dundee United remporte cette première demi-finale au finish, grâce à un but à sept minutes du terme (2-1). Pas le temps d'être euphorique : deux jours plus tard, Dundee United vend deux joueurs-clés (Stuart Armstrong et Gary Mackay-Stevens)au Celtic, son futur adversaire en finale. " Nous avons fait une belle plus-value sur des joueurs qui ne voulaient plus rester ", se défend la direction. Les fans, eux, n'ont pas la même lecture des choses. Ce match a lieu en même temps que d'autres rencontres de Premiership et de Championship. C'est dans cette 2e division que nous allons jeter un oeil. Car même si la lutte pour le titre en Premiership est plus ouverte que prévu, c'est bien la 2e division qui suscite l'attention cette année. On y trouve des clubs aux plus beaux palmarès qu'un étage plus haut. Les Rangers comptent plus de titres (54) que tous les clubs de Premiership réunis. Et si on y rajoute les quatre sacres d'Hibernian, les quatre de Hearts et les deux de Dumbarton, la D2 écossaise pèse 64 titres pour seulement 53 pour la D1. Pour la première fois de l'histoire, les deux clubs d'Edimbourg évoluent donc de concert en D2. Si, pour les Hearts, c'était attendu au vu des problèmes financiers et de la sanction administrative dont les Jambos avaient écopé en début de saison 2013-2014, la relégation d'Hibernian a surpris tout le monde. A commencer par les supporters. Certains ne se sont pas remis du scénario catastrophe de la saison passée. Alors que les Hibees vivaient une saison tranquille, entre la 6e et la 8e place, les dirigeants ont voulu voir plus grand, débauchant Terry Butcher, alors manager d'Inverness, 2e du championnat à l'époque. Las, après sa nomination, Butcher a perdu ses huit premiers matches et a finalement échoué, lors de la dernière journée, à la 11e place, synonyme de barrage avec le 2e de D2. Mais que dire du scénario de ce barrage : alors qu'Hibernian avait remporté la manche aller 0-2 sur le terrain du modeste Hamilton Academical, il était battu sur le même score 0-2 au retour et s'inclinait aux penalties devant ses propres supporters. Si l'année passée, la loose avait un nom, sûr qu'elle aurait porté celui d'Hibernian. Direction donc Easter Road. Les fans sont toujours bien présents et pestent encore quand on leur parle de la relégation. " Et en plus, c'était l'année à ne pas descendre puisque les Rangers montaient de D3 et que les Hearts descendaient. Au lieu de jouer Ross County ou Partick Thistle, on doit devancer deux géants pour remonter directement ". Ils ont quand même exprimé leur courroux à la direction qui a décidé d'ouvrir son capital à 51 % des supporters. L'action a été lancée mi-janvier et vise autant à calmer les ardeurs des supporters qu'à faire rentrer de l'argent frais dans un club pourtant très sain. Ce jour-là, Hibernian partage 1-1 face à Raith Rovers et occupe le 3e rang au général derrière Hearts et les Rangers. Si les rivaux honnis de Hearts devraient monter, la 2e, 3e et 4e place donne droit à un ticket en play-off face à l'avant dernier de Premiership. Hibernian peut donc encore rêver à la montée. Le niveau est cruel pour les 9.000 spectateurs mais il y a bien plus d'ambiance que dans la plupart des matches de Premiership où Hamilton joue devant 2.000 spectateurs, St-Mirren et Inverness devant 3.500 alors que Partick Thistle et Ross County ne font pas tellement mieux. Quelques heures plus tard, les pubs d'Edimbourg se remplissent. Au menu Chelsea-City mais la moitié des télévisions retransmettent le déplacement de l'autre club de la ville, Hearts à Alloa (18.000 habitants à peine !). Comme à Glasgow, la capitale de l'Ecosse est partagée entre Hibernian et Hearts, l'Est pour les Jambos et l'Ouest pour les Hibees. Ce samedi-là, c'est à l'Est qui fallait faire la fête, Alloa s'en étant pris quatre... PAR STÉPHANE VANDE VELDE - PHOTO: BELGAIMAGE