Le FC Malines, toujours en D1, était à l'agonie pendant la saison 2001-2002 quand il a affronté le Racing Genk avec de nombreux jeunes. Auteur de deux assists et d'un but à une minute du terme, Steven Defour s'était distingué. En juillet 2002, Defour rejoignait les jeunes du RC Genk : " Malines venait de tomber en faillite, ce qui a facilité mon choix. Le Club Bruges et Anderlecht étaient également sur les rangs et après une saison à Genk, des équipes étrangères se sont présentées mais je les ai évincées ".
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Le FC Malines, toujours en D1, était à l'agonie pendant la saison 2001-2002 quand il a affronté le Racing Genk avec de nombreux jeunes. Auteur de deux assists et d'un but à une minute du terme, Steven Defour s'était distingué. En juillet 2002, Defour rejoignait les jeunes du RC Genk : " Malines venait de tomber en faillite, ce qui a facilité mon choix. Le Club Bruges et Anderlecht étaient également sur les rangs et après une saison à Genk, des équipes étrangères se sont présentées mais je les ai évincées ". Defour étudie toujours les langues modernes à l'école de sport de haut niveau de Genk : " Mon père est bruxellois, donc je parle assez bien français. L'anglais aussi, seul l'allemand est moins bon. Normalement, j'ai 20 heures de cours par semaine mais les entraînements m'empêchent de les suivre toutes. Il m'arrive aussi de faire l'impasse sur un entraînement mais jusqu'à présent, ça va. Le club veille à ne pas me surmener. Par exemple, je n'ai pas toujours à effectuer tous les sprints, même si ma condition est excellente. Parfois, il est pénible de revenir de l'entraînement et d'enchaîner avec mes leçons. Je ne sais pas quand j'accuserai le contrecoup. Peut-être m'épargnera-t-il mais je m'attends quand même à en subir un. L'entraîneur me demande souvent comment je me sens. Si je suis fatigué, il me retire. Mais je récupère très bien et mon entourage me prépare aussi très bien. Un entourage sévère mais juste. Quand je joue mal, mon père me le dit sans ambages. Si je joue bien, il se contente de dire que c'était pas mal. Je sais pourtant qu'il est fier de moi et cela m'a toujours stimulé. Mon père a toujours rêvé que je devienne footballeur. J'essaie de lui rendre ainsi tout ce qu'il m'a donné. Mon père a toujours été dur à mon égard : après un bon match, pas question de gamberger ! Lui-même a été ailier et il était très rapide. Du moins, c'est ce qu'il prétend (il rit) " ! À ses débuts, Defour junior évoluait au milieu droit. Il a ensuite évolué vers un poste d'avant en décrochage puis vers un rôle libre dans l'entrejeu central, durant sa dernière année à Malines : " Nous étions passés du 4-3-3 au 4-4-2. J'aime particulièrement jouer dans l'axe et profiter de nombreuses possibilités d'infiltration. C'est là, je pense, que je suis le meilleur. Sur le flanc, je dépends trop des ballons que je reçois et si l'équipe construit le jeu à gauche, je ne vois aucun ballon. Or, j'ai besoin de l'avoir souvent ". Plus jeune, il a souffert pendant six mois d'une surcharge d'un muscle du quadriceps. Il a toujours été le plus petit de l'équipe : " J'ai dû apprendre à faire avec. J'ai perfectionné mon jeu de position et ma technique pour éviter les plus grands gabarits dans les duels. Mon rôle, c'est de jouer et de compliquer la vie des adversaires et j'essaye encore de développer mon propre jeu. J'assume aussi ma part de tâches défensives mais je préfère être épaulé par un élément défensif, afin de réaliser des infiltrations. De ce point de vue, j'ai joué avec deux types très différents, SundayOliseh et JusticeWamfor. Mais je dois donc savoir quand chasser le ballon, sous peine d'être isolé. Avec Oliseh, je dois convenir d'attendre puis y aller ensemble. Il ne fera jamais pression directement. Je dois garder ça en tête : nous devons agir de concert. Mais dès que nous perdons le ballon, j'ai toujours tendance à partir le chasser immédiatement alors qu'Oliseh reste devant la défense. Wamfor, lui, me suit toujours ". Sur le plan tactique, Defour admet que " RenéVandereycken était excellent ; et c'est lui qui m'a repris dans le noyau A mais je trouve qu'il faut toujours s'appuyer sur ses propres atouts et non calquer son jeu sur celui de l'adversaire. Avec lui, j'ai dû être plus prudent dans mes actions alors que j'aime jouer selon mon intuition ". HugoBroos lui apprend à mieux doser ses efforts, " à mieux choisir mes moments pour tout donner. Parfois, il faut aussi pouvoir se reposer et pas toujours vouloir foncer. Ainsi, on est plus dangereux au bon moment. J'observe toujours l'équipe : si elle joue bien, mon match sera bon aussi. Pour moi, marquer n'est pas important mais délivrer un assist a énormément de valeur. J'essaie de tirer le plus précisément possible à l'entraînement : viser un côté, placer le ballon puis tirer en force... Je tente d'améliorer ma technique et d'apporter plus de variété à mon jeu, sinon, au bout d'un moment, mes adversaires pourront prédire ce que je vais faire. Nous nous entraînons plus tactiquement qu'en début de saison, davantage avec l'équipe de base, avec un peu moins de contacts, ce qui est normal à cette époque de l'année. Les nombreuses blessures qui ont miné le groupe nous incitent à la prudence. On met un peu le frein à l'entraînement. C'est automatique mais ne pensez pas que nous ne nous touchons plus ; d'ailleurs, il ne s'agissait pas de blessures de contact. Cela dit, le grand nombre de blessures a fait mon bonheur puisque j'ai ainsi obtenu ma chance. Cela fait partie du football. Au début de la saison, je me suis demandé ce que je devais faire mais cela a été de mieux en mieux et j'ai pris de l'assurance. Les gens commencent à me reconnaître en rue et je trouve ça chouette. Je m'attendais à ne jouer qu'à partir de l'année prochaine, rendez-vous compte. Tout a été beaucoup plus vite que je ne l'imaginais. C'est chouette de voir que vous devancez vos propres ambitions ". En janvier, le Racing Genk discutera avec Steven pour prolonger son contrat valable jusqu'en 2007. Mais comment réagirait le joueur si un membre du subtop se présentait pour faire de lui la figure centrale de son équipe ? " Nous devrions discuter avec Genk mais le club en question devrait aussi clarifier ses projets à mon égard. Au fond, je souhaite poursuivre mon développement ici. Je ne vois pas pourquoi je devrais changer d'équipe. J'ai encore beaucoup à apprendre et un grand club est parfaitement indiqué pour cela. Une formation de moindre envergure exigerait sans doute davantage de moi et cela pourrait avoir des effets négatifs ". RAOUL DE GROOTE