Vous avez joué dans la Liga jusqu'à 41 ans. Quel est le secret de cette longévité ?
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Vous avez joué dans la Liga jusqu'à 41 ans. Quel est le secret de cette longévité ?AmedeoCarboni : Aguasingas ! De l'eau plate ! ( Ilrit) Je détiens, effectivement, toujours le record du joueur le plus âgé ayant évolué dans la Liga. Miroslav Djukic, lui, avait déjà arrêté à 38 ans. Et Juan Sanchez, à 33 ans à peine, c'était encore un gamin ! ( Ilrit) C'est un peu de ma faute s'il a arrêté aussi tôt : je lui ai demandé s'il voulait travailler avec moi et il a accepté. Je dois sans doute cette longévité à une bonne hygiène de vie, c'est clair, et à un travail de tous les instants. Mais j'ai aussi eu la chance de tomber dans une équipe qui gagne. Et, comme le dit l'adage, on ne change pas une équipe qui gagne. Je suis donc resté longtemps dans l'équipe. Quel fut le plus gros moment de votre carrière ?Je pourrais citer tous les trophées que j'ai remportés. Mais, mon plus grand bonheur, cela a sans doute été le fait de rendre beaucoup de gens heureux. Quel souvenir gardez-vous du football belge ?Je me souviens avoir battu Malines, avec Michel Preud'homme dans le but, en demi-finale de la Coupe de l'UEFA 88-89. La saison suivante, toujours avec la Sampdoria, j'ai remporté la Coupe des Coupes en battant Anderlecht en finale à Göteborg. J'ai, malheureusement, loupé deux coupes du monde à cause de blessures. Mais j'ai disputé le Championnat d'Europe 1996 en Angleterre, où les Diables Rouges n'étaient pas présents. Votre reconversion comme directeur sportif, à Valence, n'a en revanche pas constitué une réussite...J'ai été propulsé à ce poste alors que je venais à peine de raccrocher les crampons. Ce n'était pas facile, mais je ne me plains pas : tous les métiers sont difficiles. L'important, c'est de savoir où l'on veut aller. Il y a eu, paraît-il, de sérieuses altercations avec l'entraîneur Quique Sanchez Flores...On n'était pas toujours sur la même longueur d'ondes, c'est exact. Lorsqu'un directeur sportif doit travailler avec un entraîneur qui ne partage pas les mêmes idées, il y a parfois des étincelles. L'une de votre tâche, raconte-t-on, était de débarrasser le club de certains joueurs dont le rendement n'était pas proportionnel au salaire. Vous vous êtes donc fait quelques ennemis...L'épisode le plus célèbre concerne les trois joueurs qui ont été écartés lors de l'arrivée de Ronald Koeman. Je ne sais pas si c'est vraiment l'entraîneur qui a pris la décision... L'ambiance était explosive, paraît-il. Elle est vraie, cette histoire rapportée par le journal L'Equipe, selon laquelle vous étiez détenteur d'une arme ?Détenteur d'une arme, moi ? ( Iléclatederire) On a raconté beaucoup de choses à mon sujet. On ne peut pas plaire à tout le monde, et j'avais sans doute des détracteurs. Dès mon arrivée à Valence, j'ai choisi de m'établir dans le centre-ville, alors que la plupart des footballeurs préfèrent habiter dans la périphérie. J'y ai passé 12 ans, et progressivement, j'ai appris à connaître beaucoup de monde : des policiers, des gens de la garde civile. Certains étaient peut-être jaloux. Je n'ai guère prêté attention à tout ce que l'on a raconté sur moi. Après deux ans, vous vous êtes reconverti comme agent FIFA, mais sans avoir de joueurs dans votre portefeuille...Déontologiquement, cela n'aurait pas été correct. Il y aurait eu conflit d'intérêts : on ne peut pas, en même temps, travailler pour des clubs et être agent de joueurs. J'ai travaillé principalement avec l'AS Rome, avec Genoa, avec l'Inter Milan. Aujourd'hui, c'est avec Mouscron : un autre niveau, mais lorsqu'on aime son métier, on peut prendre du plaisir à tous les niveaux.