Le mardi 27 juin, GianlucaPessotto (37 ans) a tenté de se suicider en se jetant du toit du siège de la Juventus dont il était devenu le team manager il y a deux mois. L'ex-joueur a été retrouvé avec un rosaire en main et s'est occasionné de nombreuses fractures. Il n'a laissé aucune lettre pour justifier son geste désespéré. L'alarme a été lancée à 11 heures 30.
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Le mardi 27 juin, GianlucaPessotto (37 ans) a tenté de se suicider en se jetant du toit du siège de la Juventus dont il était devenu le team manager il y a deux mois. L'ex-joueur a été retrouvé avec un rosaire en main et s'est occasionné de nombreuses fractures. Il n'a laissé aucune lettre pour justifier son geste désespéré. L'alarme a été lancée à 11 heures 30. Encore conscient, Pessotto se plaignait de la douleur mais n'a pas confirmé la tentative de suicide. Emmené aux soins intensifs, il ne parla plus et les médecins ne donnèrent un premier bulletin que le lendemain à 10 heures : l'ex-joueur ne souffrait pas de lésion à la moelle épinière mais avait été opéré du bassin et d'une luxation du pied droit. Mais les médecins se gardaient de donner un pronostic sur la survie du patient au moins pendant 48 heures encore. Lorsqu'il apprit la nouvelle, FabioCannavaro mit brusquement fin à la conférence de presse où il était apparu plus tranquille que jamais et lança : " Je suis ému, Pessottino était le meilleur homme du monde ". Comme cette tentative de suicide arrivait l'avant-veille du début du procès concernant le scandale du Calcio, on a vite fait le rapprochement entre les deux éléments. Les Azzurri ne comprenaient pas pour quelle raison un homme à l'intelligence supérieure à la moyenne, catholique pratiquant, sans problème financier et travaillant pour le club dont il avait toujours été supporter, voulait se suicider. Surtout que le vendredi précédent, Pessotto était allé leur rendre visite et qu'il était apparu heureux. Mais sa femme, Reana, a confirmé que son mari était suivi par un médecin : " Il était devenu fragile. Une forte dépression due à son nouveau rôle à la Juventus. Dans le fond de lui-même, il n'aimait pas vraiment cette fonction. Depuis un mois et demi, il avait du mal le matin à aller au bureau. La proposition de devenir team manager de la Juventus l'avait alléché mais il s'est rendu compte que cette vie ne lui convenait pas. Il n'aurait peut-être pas dû raccrocher les crampons. Il n'aurait jamais dû se mettre derrière un bureau. Il valait mieux qu'il accepte l'une des nombreuses offres pour jouer qu'il avait reçues. Et quand il est allé voir ses amis de l'équipe nationale, il n'a pas été facile pour lui de se revoir de l'autre côté de la barrière ". Cet incident a sans doute eu le don d'unir encore plus les Azzurri. MarcoMaterazzi : " C'est vraiment un ami du noyau. Plusieurs d'entre nous ont joué avec lui en équipe nationale. Nous sommes tous à ses côtés ". Cannavaro, Zambrotta et DelPiero sont partis dare-dare à Turin pour rendre visite à Pessotto. Après la victoire contre l'Ukraine, Zambrotta a déclaré : " Mon goal et notre qualification, nous les dédions à Pessotto et à sa famille. Comme nous n'avons pas baissé les bras, il ne doit baisser les siens ". C'était le 1er juillet, et c'est ce jour-là que les médecins ont annoncé que la situation du patient s'améliorait au point d'envisager la suppression de la respiration artificielle. Ce qui fut fait le mercredi, le lendemain de la qualification pour la finale. C'est son ex-capitaine, AntonioConte, qui lui a annoncé que l'Italie avait battu l'Allemagne : " Il a serré le poing comme pour exulter ". Un peu plus tard, Reana est venue lui annoncer que Del Piero lui avait dédié son but : " Il m'a comprise et m'a fait un geste pour me dire qu'il avait saisi ". Del Piero a accusé le coup et a reconnu qu'il avait éprouvé beaucoup de mal à ne pas penser à son ami (ils ont joué dix ans ensemble et étaient les chouchous de l'ex-président GiampieroBoniperti) : " Cette affaire n'a pas été facile à gérer. Mais cela m'a incité à me dépasser encore plus et à tout faire pour offrir cette Coupe du Monde à Pesso ". N. Ribaudo