La nostalgie de 1975

Au début des années 70, le RWDM taillait des croupières aux meilleures équipes du championnat de D1 et quelques équipes européennes de renom. L'équipe fut championne en 1975 et fit mordre la poussière à des teams réputés comme Bilbao, Feyenoord et Torino...

C'était le temps des Nico De Bree, Kjetil Bjerre, Gérard Desanghere, Maurice Martens, Johan Boskamp, Morten Olsen, Jacques Teugels, Eddy Koens,... Des bonshommes qui faisaient flamber la pelouse et les tribunes. Le temps de la présidence dorée de Jean-Baptiste L'Ecluse, un magnat de l'immobilier.

Mais dure fut la chute : trente ans plus tard, on a renoncé à compter les malheurs. De corruptions en dégradations, en passant par une faillite, le RWDM joue maintenant en 1re Provinciale D sur un petit terrain de la commune de Molenbeek. Même logo, autre numéro matricule. Actuellement, le stade Edmond Machtens est occupé par un nouveau club qui joue pour la première fois en D1 : le FC Brussels. Ou, plus complètement, le FC Molenbeek Brussels Strombeek. Il y a un siècle, il n'y avait que le Daring qui jouait là... Mais depuis, le terrain a toujours été fertile en fusions. L'équipe garde donc depuis longtemps son surnom de Coalisés.

Le Brussels a tout à prouver en D1. Et sur le terrain ce sera peut-être plus facile qu'en coulisses. Avec un budget de 2,5 millions d'euros, le club n'emploie qu'une personne en dehors de l'équipe : un comptable. Vous avez dit amateurisme ?

La commune de Molenbeek est omniprésente

Toute l'infrastructure du stade Machtens appartient à la commune, tout comme les terrains des jeunes annexes. C'est elle qui entretient le tout, gratuitement, le club ne payant pas un euro de taxes. Molenbeek est donc l'un des plus importants sponsors du club, sur le plan technique. Il y a juste un loyer à payer pour l'eau et l'électricité...

Le président Johan Vermeersch a décidé de jouer la carte politique en partie pour cela, mais également parce qu'il a toujours un grand projet de foot pour les jeunes Bruxellois. Cela explique que le Brussels a une chance de survivre dans une ville dominée par Anderlecht. Deux clubs bruxellois si proches mais pourtant si éloignés. Le défenseur Olivier Doll avait rêvé de jouer au Brussels cette saison, mais Anderlecht a dit non et il se retrouve du coup à Lokeren ! Apparemment, ce n'était pas une question d'argent.

Les vestiaires régentés par Emilio Ferrera

Le plus beau bureau du stade est celui du coach Emilio Ferrera, qui a vite mis le club au pas. Exigeant en termes de qualité et de professionnalisme à tous points de vue, il a immédiatement demandé û et obtenu û télévisions, écrans, ordinateurs portables, fax, téléphone. Il analyse le jeu adverse et la santé de ses troupes en permanence en enregistrant des images de match et en encodant et étudiant les rythmes cardiaques journaliers de ses joueurs. L'état de forme est aussi mesuré par une pesée tous les deux jours. Ferrera est pointilleux à l'extrême. Il a aussi interdit les posters et calendriers féminins dans les vestiaires. Restons sérieux.

Techniquement, l'équipe a droit à trois terrains d'entraînement... mais ils sont disséminés entre Molenbeek, Koekelberg et Anderlecht...

Le bureau du président, svp

Au Brussels, l'improvisation n'est pas un vain mot. Dans la vie de l'équipe au jour le jour, du moins. Sur le terrain, Emilio ne le tolérerait pas. Ainsi, tous les midis, l'équipe va normalement prendre son lunch dans la cafétéria de la piscine olympique voisine. A moins que l'un des restaurateurs sympathisants du club n'invite tout le monde à venir goûter ses nouvelles pâtes fraîches... Le site Internet est aux mains de bénévoles aussi. Tout comme le secrétariat, squatté par des pensionnés efficaces et sympas pour la plupart. Mais attention, le secrétaire en chef est un agent d'assurances qui se donne à fond pour le club pro deo. Au total, ils sont vingt volontaires à faire tourner le Brussels à la petite semaine.

Information symbolique : le président Vermeersch n'a pas de bureau dans le stade. Triste pour un ancien joueur du RWDM ? Il y a pire : tous les trophées de cet ancien club mythique ont disparus. Perdus ou volés, ils sont invisibles. Parce qu'on est au Brussels, maintenant hein monsieur....

Un public hyper bruxellois

Début septembre, le Brussels n'avait que 1.100 abonnés et avait compté 6.500 puis 4.700 spectateurs contre Lokeren et La Louvière. Mais la tribune principale û qui a coûté 10 millions d'euros il y a quelques années û compte 650 business seats dont les deux tiers sont déjà vendus pour la saison. Le Brussels s'en sortira. L'enthousiasme commence à dégouliner de partout. On a même mis sur pied un projet de fan shop près de la Place de la Monnaie, dans le centre-ville, dans un des magasins du sponsor équipement, la marque Baliston.

Finalement, il n'a qu'un point noir : les innombrables pigeons qui déposent invariablement leur carte de visite dans le stade. On ne peut pas les tuer et les faucons ne les font pas fuir. Il n'y a que deux solutions : les nettoyeurs à haute pression pour tout faire blinquer et les filets de protection...

Peter T'Kint

Au début des années 70, le RWDM taillait des croupières aux meilleures équipes du championnat de D1 et quelques équipes européennes de renom. L'équipe fut championne en 1975 et fit mordre la poussière à des teams réputés comme Bilbao, Feyenoord et Torino... C'était le temps des Nico De Bree, Kjetil Bjerre, Gérard Desanghere, Maurice Martens, Johan Boskamp, Morten Olsen, Jacques Teugels, Eddy Koens,... Des bonshommes qui faisaient flamber la pelouse et les tribunes. Le temps de la présidence dorée de Jean-Baptiste L'Ecluse, un magnat de l'immobilier. Mais dure fut la chute : trente ans plus tard, on a renoncé à compter les malheurs. De corruptions en dégradations, en passant par une faillite, le RWDM joue maintenant en 1re Provinciale D sur un petit terrain de la commune de Molenbeek. Même logo, autre numéro matricule. Actuellement, le stade Edmond Machtens est occupé par un nouveau club qui joue pour la première fois en D1 : le FC Brussels. Ou, plus complètement, le FC Molenbeek Brussels Strombeek. Il y a un siècle, il n'y avait que le Daring qui jouait là... Mais depuis, le terrain a toujours été fertile en fusions. L'équipe garde donc depuis longtemps son surnom de Coalisés. Le Brussels a tout à prouver en D1. Et sur le terrain ce sera peut-être plus facile qu'en coulisses. Avec un budget de 2,5 millions d'euros, le club n'emploie qu'une personne en dehors de l'équipe : un comptable. Vous avez dit amateurisme ?Toute l'infrastructure du stade Machtens appartient à la commune, tout comme les terrains des jeunes annexes. C'est elle qui entretient le tout, gratuitement, le club ne payant pas un euro de taxes. Molenbeek est donc l'un des plus importants sponsors du club, sur le plan technique. Il y a juste un loyer à payer pour l'eau et l'électricité... Le président Johan Vermeersch a décidé de jouer la carte politique en partie pour cela, mais également parce qu'il a toujours un grand projet de foot pour les jeunes Bruxellois. Cela explique que le Brussels a une chance de survivre dans une ville dominée par Anderlecht. Deux clubs bruxellois si proches mais pourtant si éloignés. Le défenseur Olivier Doll avait rêvé de jouer au Brussels cette saison, mais Anderlecht a dit non et il se retrouve du coup à Lokeren ! Apparemment, ce n'était pas une question d'argent. Le plus beau bureau du stade est celui du coach Emilio Ferrera, qui a vite mis le club au pas. Exigeant en termes de qualité et de professionnalisme à tous points de vue, il a immédiatement demandé û et obtenu û télévisions, écrans, ordinateurs portables, fax, téléphone. Il analyse le jeu adverse et la santé de ses troupes en permanence en enregistrant des images de match et en encodant et étudiant les rythmes cardiaques journaliers de ses joueurs. L'état de forme est aussi mesuré par une pesée tous les deux jours. Ferrera est pointilleux à l'extrême. Il a aussi interdit les posters et calendriers féminins dans les vestiaires. Restons sérieux. Techniquement, l'équipe a droit à trois terrains d'entraînement... mais ils sont disséminés entre Molenbeek, Koekelberg et Anderlecht...Au Brussels, l'improvisation n'est pas un vain mot. Dans la vie de l'équipe au jour le jour, du moins. Sur le terrain, Emilio ne le tolérerait pas. Ainsi, tous les midis, l'équipe va normalement prendre son lunch dans la cafétéria de la piscine olympique voisine. A moins que l'un des restaurateurs sympathisants du club n'invite tout le monde à venir goûter ses nouvelles pâtes fraîches... Le site Internet est aux mains de bénévoles aussi. Tout comme le secrétariat, squatté par des pensionnés efficaces et sympas pour la plupart. Mais attention, le secrétaire en chef est un agent d'assurances qui se donne à fond pour le club pro deo. Au total, ils sont vingt volontaires à faire tourner le Brussels à la petite semaine. Information symbolique : le président Vermeersch n'a pas de bureau dans le stade. Triste pour un ancien joueur du RWDM ? Il y a pire : tous les trophées de cet ancien club mythique ont disparus. Perdus ou volés, ils sont invisibles. Parce qu'on est au Brussels, maintenant hein monsieur.... Début septembre, le Brussels n'avait que 1.100 abonnés et avait compté 6.500 puis 4.700 spectateurs contre Lokeren et La Louvière. Mais la tribune principale û qui a coûté 10 millions d'euros il y a quelques années û compte 650 business seats dont les deux tiers sont déjà vendus pour la saison. Le Brussels s'en sortira. L'enthousiasme commence à dégouliner de partout. On a même mis sur pied un projet de fan shop près de la Place de la Monnaie, dans le centre-ville, dans un des magasins du sponsor équipement, la marque Baliston. Finalement, il n'a qu'un point noir : les innombrables pigeons qui déposent invariablement leur carte de visite dans le stade. On ne peut pas les tuer et les faucons ne les font pas fuir. Il n'y a que deux solutions : les nettoyeurs à haute pression pour tout faire blinquer et les filets de protection... Peter T'Kint