Placé en soutien des deux meneurs de jeu, Didier Ernst abat souvent la tâche ingrate. Il lui incombe de récupérer les ballons qu'il doit ensuite offrir dans les meilleures conditions possibles aux architectes de service. Amusant de constater que le moins coté des trois est devenu réellement indispensable, eu égard à sa spécificité sans équivalent!
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Placé en soutien des deux meneurs de jeu, Didier Ernst abat souvent la tâche ingrate. Il lui incombe de récupérer les ballons qu'il doit ensuite offrir dans les meilleures conditions possibles aux architectes de service. Amusant de constater que le moins coté des trois est devenu réellement indispensable, eu égard à sa spécificité sans équivalent! Droitier et voisin de compartiment de Meyssen et Walem, comment vous accommodez-vous de leur positionnement? "Pas évident. Johan et Harold sont des créatifs. L'équipe ne peut s'en passer. Il ne faut pas tirer de conclusions hâtives et défaitistes. Encaisser une défaite fait partie du jeu. Cela n'a rien de dramatique en soit. Par contre, je suis préoccupé car nous nous trouvons au coeur d'une passe spéciale. Pas normal que nous n'arrivions pas à créer la moindre occasion". Evidemment, vous devriez être davantage présents dans le tiers de finition. "Surtout à domicile. Le Standard a l'obligation de venir au but adverse quatre, cinq fois par mi-temps. Contre Lokeren, nous avons mis le feu une seule fois. Et encore. En fait on a couru. Enormément. Peut-être davantage que lors des rencontres précédentes. Dans le vide, malheureusement. Je ne m'explique pas. Nous avons envoyé une multitude de bêtes passes à trois mètres dans les pieds adverses". Une constatation qui remonte à combien de temps? "Plusieurs semaines. Il n'est pas apparu au grand jour immédiatement. Mais, nous, nous sentions que quelque chose de préoccupant était latent. Le mal est sorti à Strasbourg. Décidément, on n'a pas fini de parler de cette fameuse première mi-temps". De l'extérieur, l'impression qui ressort est que les Standardmen n'arrivent jamais à être tous les onze à un bon niveau en même temps. "Ça, c'est le foot. Qu'un ou deux équipiers marquent le pas n'a rien de dramatique. Par contre, lorsque six ou sept joueurs n'arrivent plus à s'exprimer, bonjour le crash! Nous l'avons vécu. Inutile de se voiler la face. Je faisais partie de ceux-là. Nous devons jouer simple. Appliquer notre jeu. Continuer à travailler. Il n'y a pas 36 solutions". Votre défense paraissait bien installée. Mais en quelques minutes, le rideau s'est déchiré. A quoi est-ce dû? "Vous dites quelques minutes, c'est vrai. Je préciserai: quelques accélérations adverses. Un manque de concentration en est la cause. J'abonde dans le sens de Godwin Okpara, qui soulevait ce point névralgique en ces mêmes colonnes. Une foule de petits détails sabordent nos préparations. Personne n'est à même de nous aider. Une prise de conscience doit naître. A chacun de se prendre en charge individuellement. Ça commence à l'entraînement. Quand le coach dit: -C'est parti pour 90 minutes, enclenchons notre chrono intérieur. Fixons-nous ce laps de temps bien en tête. Voilà comment s'apprend la concentration. Le jeu en vaut la chandelle".