Vendredi passé, toute la presse était accrochée à ses basques et cherchait à comprendre le " mystère " de sa rentrée miracle (et réussie) face à Braga, huit jours seulement après avoir été sévèrement touché à la cheville gauche au Portugal. " Il n'y a pas de tour de magie en dessous de tout cela... ", dit-il avec le sourire. " C'est dans la tête que tout s'est passé. Au Portugal, le coach m'avait déjà demandé si je serais sur pied à Anderlecht. Ce n'était pas un défi mais une forme de respect à mon égard. Le staff médical a livré un travail de toute beauté. Lundi, l'amélioration était évidente. Honnêtement, je me suis dit que le coup était jouable. Vingt-quatre heures plus tard, je me déplaçais sans mes béquilles et j'ai couru, un peu touché le ballon. L'objecti...

Vendredi passé, toute la presse était accrochée à ses basques et cherchait à comprendre le " mystère " de sa rentrée miracle (et réussie) face à Braga, huit jours seulement après avoir été sévèrement touché à la cheville gauche au Portugal. " Il n'y a pas de tour de magie en dessous de tout cela... ", dit-il avec le sourire. " C'est dans la tête que tout s'est passé. Au Portugal, le coach m'avait déjà demandé si je serais sur pied à Anderlecht. Ce n'était pas un défi mais une forme de respect à mon égard. Le staff médical a livré un travail de toute beauté. Lundi, l'amélioration était évidente. Honnêtement, je me suis dit que le coup était jouable. Vingt-quatre heures plus tard, je me déplaçais sans mes béquilles et j'ai couru, un peu touché le ballon. L'objectif devenait clair : être prêt à jouer contre Braga. Mais il convenait évidemment de faire preuve de prudence. Tous les risques ont été calculés. Une semaine de repos supplémentaire n'aurait évidemment pas fait de tort mais, là, on n'avait pas le temps. "Ce fut le début d'un étrange jeu de cache-cache avec les journalistes orchestré par Laszlo Bölöni. Dès qu'il voyait un reporter dans les parages de l'Académie Robert Louis-Dreyfus, Steven traînait la patte. La man£uvre consistait-elle à surprendre Braga par sa présence sur le terrain ou à, finalement, créer une attitude de groupe démontrant que le Standard ne lâchait rien, même après le 3-0 de l'aller ? Cette démonstration signée autour du capitaine dépassait le cadre du match : elle engageait toute la suite de la saison. En retapant son marathonien, le Standard effaçait les bleus au c£ur de son équipe. Si Steven était capable de dépasser la douleur et de franchir un tel cap, les autres devaient vaincre aussi les petits découragements. " Mercredi midi, je voyais le bout du tunnel ", avance Steven. " L'entraînement de l'après-midi était décisif. J'ai mis la gomme après le départ de la presse. Je voulais être tranquille et analyser sereinement le verdict de ce test à huis clos. Les kinés avaient parfaitement manipulé ma cheville gauche durant une semaine. Il n'y avait pas de fracture ou de déchirure. Le staff médical a tout géré avec maestria. La cheville a été débloquée et elle s'est finalement révélée assez stable pour tenter le coup. On ne m'a pas administré d'infiltration mais pas mal de médicaments anti-inflammatoires. C'était à moi de voir si je pouvais supporter et gérer la douleur. A l'entraînement de mercredi, ça allait mais j'avais encore mal. J'ai pris la décision de jouer contre Braga en sachant qu'il me restait encore 24 heures pour bien me reposer. "Le secret fut tout de même éventé par une partie de la presse. Braga était au parfum mais l'intention de Bölöni se retrouvait probablement dans une phrase de Defour : " Si j'avais pu jouer à Anderlecht et Milan Jovanovic contre Braga à Sclessin, le Standard n'aurait pas été battu et serait présent en huitièmes de finale de la Coupe de l'UEFA et leader de la D1 : c'est aussi simple que cela. " La dynamo rouge a eu mal à sa cheville durant tout le choc contre Braga mais cela en valait visiblement la chandelle car, au-delà de l'élimination européenne, le Standard a retrouvé des couleurs et un esprit d'équipe : " Je n'étais pas en pleine possession de tous mes moyens. C'était impossible. J'étais à 75 % de mon max, pas plus. J'ai mordu sur ma chique car je n'étais pas totalement libéré. Dès les premières minutes de jeu, les joueurs de Braga ont visé ma cheville. Au Portugal, ils ont touché la gauche par hasard. A Sclessin, c'était volontaire mais ils se sont trompés en s'acharnant sur la droite, celle qui était valide. Nous croyions à la qualification mais il importait surtout de sortir un bon match. Après deux défaites, à Braga et à Anderlecht, nous voulions prouver que le Standard n'était pas mort : c'était réussi. "par pierre bilic- photos: reporters