Le mauvais temps ne s'est pas contenté de vaincre l'installation électrique du FC Brussels qui, face à Genk, espérait garnir son sapin de Noël. Il y avait de quoi avoir les boules. Ailleurs, le vent a apporté une pluie de nouvelles à propos des entraîneurs. Ils n'exercent pas un métier facile, coincés entre l'obligation de gagner et la nécessité de produire du beau jeu. Trois d'entre eux maîtrisent cette équation : Glen De Boeck, Johan Boskamp et Michel Preud'homme.
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Le mauvais temps ne s'est pas contenté de vaincre l'installation électrique du FC Brussels qui, face à Genk, espérait garnir son sapin de Noël. Il y avait de quoi avoir les boules. Ailleurs, le vent a apporté une pluie de nouvelles à propos des entraîneurs. Ils n'exercent pas un métier facile, coincés entre l'obligation de gagner et la nécessité de produire du beau jeu. Trois d'entre eux maîtrisent cette équation : Glen De Boeck, Johan Boskamp et Michel Preud'homme. Les deux derniers se retrouveront lors de la prochaine journée de championnat : Dender-Standard vaudra la peine d'être vu. Revenu en Belgique, Bos a rendu vie aux promus (6 points sur 6 !) et il rêve d'être le premier à mettre fin au magnifique brevet d'invincibilité des Liégeois. Boskamp est un amoureux du foot offensif et technique. Lui aussi sait qu'un coach doit d'abord gagner mais ajoute : " Il faut s'amuser. Je ne vois plus beaucoup de bons une/deux en D1 : ce n'est pas normal ". Le jeu est sa passion, la mission de sa vie. Il offre à tout le monde, que ce soit dans un club du top ou dans la cave de la D1, le bonheur que son sport lui procure. A Sclessin, cela n'a pas marché pour lui. Sa générosité a buté sur l'impatience et la loi des résultats. Le Standard s'attend à une réception endiablée à Dender. MPH devine tout cela (" Je me méfie car ce sera un match de... merde ", a-t-il affirmé) mais peut s'appuyer sur des acquis collectifs et individuels impressionnants. L'effectif était un peu court en début de saison (" J'ai une Formule 1 mais pas de pièces de rechange ", lança-t-il en été) mais le garage s'est peuplé de bons mécaniciens. Et contre Charleroi, les réservistes, Fred, GrégoryDufer et MarcoIngrao, ont bien sali leur salopette. Preud'homme a su être patient avec Igor de Camargo (excellent vendredi passé) et avec Milan Jovanovic, qui retrouve petit à petit ses sensations et ses accélérations. Cette connaissance des hommes et du foot au plus niveau explique aussi la réussite d'un coach, de son staff et de son groupe. Le Standard produit un jeu moderne, attrayant, positif, technique, ambitieux qui atteint sa plus belle plénitude en 4-4-2. On ne fait pas mieux en D1. Cet effectif vibre de plaisir et de désir d'aller loin. Les supporters rouches ont compris qu'il serait suicidaire de briser cette harmonie entre le chef et sa bande. Ils n'auraient pas admis que leur club cède MPH en cours de saison à l'équipe nationale. L'enjeu est trop grand pour les Liégeois qui attendent le titre depuis 1983. A 48 ans, Preud'homme a besoin du titre comme de pain blanc. Si son palmarès de joueur est magnifique, sa carte de visite de coach est vierge. Le titre constituerait une formidable récompense, un couronnement, la certitude d'entrer dans l'histoire et d'être courtisé par le top européen. Or, c'est le drame des grands joueurs de sa génération (ceux de l'Euro 80, du Mondial 82, 86, 90, 94) : leurs victoires probantes en tant que coaches se comptent sur les doigts de la main. Leurs prédécesseurs ( Raymond Goethals, Guy Thys, Paul Van Himst, Georges Leekens, Robert Waseige, Aimé Anthuenis) possèdent bien plus de lettres de noblesse. Un seul coach belge actuel peut tutoyer l'ancienne garde : Eric Gerets. Après avoir été champion avec le Lierse (!) et le Club Bruges, il a relevé de grands défis à l'étranger et brille à Marseille, vainqueur ce week-end de Monaco. C'est une nouvelle plus réjouissante que le maintien de René Vandereycken à la tête des Diables Rouges. La fédération envisage même de prolonger son contrat. Mais, attention, cette fois, on lui demandera de mieux jouer, de qualifier la Belgique pour la prochaine Coupe du Monde et de bien communiquer. C'est fou, non ? On rêve sous les boules de l'Atomium. Il n'y a pas eu une panne de courant qu'au FC Brussels... PAR PIERRE BILIC