Westerlo, dimanche 16 h 45. Quelques joueurs de Charleroi sont couchés ou à quatre pattes sur la pelouse. Convaincus que le match a duré û à nouveau û quelques secondes de trop pour qu'ils rentrent au vestiaire avec un bon résultat. Ces scènes de désolation deviennent habituelles. Pendant ce temps, quelques autres Zèbres partent timidement saluer leurs supporters, dont certains répondent par un bras d'honneur ou un poing menaçant. Ils viennent d'apprendre que Bruges a été ridiculisé à Heusden-Zolder et que le Sporting détient désormais la lanterne rouge.
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Westerlo, dimanche 16 h 45. Quelques joueurs de Charleroi sont couchés ou à quatre pattes sur la pelouse. Convaincus que le match a duré û à nouveau û quelques secondes de trop pour qu'ils rentrent au vestiaire avec un bon résultat. Ces scènes de désolation deviennent habituelles. Pendant ce temps, quelques autres Zèbres partent timidement saluer leurs supporters, dont certains répondent par un bras d'honneur ou un poing menaçant. Ils viennent d'apprendre que Bruges a été ridiculisé à Heusden-Zolder et que le Sporting détient désormais la lanterne rouge. Mais pourquoi Charleroi ne parvient-il pas à tenir les 90 minutes d'un match ? Westerlo est la troisième équipe a profiter des ultimes secondes de jeu pour battre les Carolos, après le Lierse et Beveren. Les Gantois, eux, avaient égalisé dans les arrêts de jeu. Si tous ces matches avaient compté cinq minutes de moins, le Sporting ne serait pas menacé aujourd'hui. Mais la réalité est bien différente et on n'ose imaginer une défaite contre Heusden, ce week-end, d'autant que l'écart par rapport aux places non descendantes se creuse méchamment, de semaine en semaine. Robert Waseige va avoir du boulot. Même s'il tient des propos censés dédramatiser la situation (" Je ne peux pas reprocher grand-chose à mes joueurs ", par exemple), il est certainement conscient que rien ne sera simple. L'apport du Liégeois est déjà évident. Il l'est devenu dès le début de la deuxième mi-temps contre Anderlecht, quand les Zèbres ont abandonné le 4-5-1 pratiqué depuis l'ouverture de la saison pour un système de jeu qui a traversé comme un fil rouge une bonne partie de la carrière d'entraîneur de Waseige : le 4-4-2. C'est dans cette configuration qu'il avait signé ses plus beaux résultats à Charleroi. Mais il est évident que le matériel dont il dispose aujourd'hui est bien moins brillant que le groupe qu'il entraînait il y a dix ans. A l'époque, le Sporting comptait plusieurs duos forts, des joueurs formant des couples très complémentaires. Souvenons-nous. Michel Rasquin- Cedomir Janevski dans l'axe de la défense. Olivier Suray- Dante Brogno sur le flanc droit. Rudy Moury- Raymond Mommens à gauche. Eric Van Meir- Pär Zetterberg dans l'axe de l'entrejeu. Aujourd'hui, on trouve sur la pelouse quelques duos qui n'ont pas vilaine allure. Des Zèbres dont l'entente et la collaboration permettent d'espérer des jours meilleurs. Dans l'axe de la défense, Mustapha Sama et Frank Defays, la tour et le patron de la ligne, ont un niveau bien supérieur à la 18e place du classement. Devant eux, le couple aligné à Westerlo a également du répondant : Miklos Lendvai a les qualités d'un leader d'entrejeu et Laurent Macquet sait faire tourner une équipe. Devant, c'est valable aussi avec un attaquant grand et opportuniste ( Namandjan Traoré) et un petit feu follet ( Grégory Dufer). Ces six joueurs associés à un gardien du niveau de Bertrand Laquait ne peuvent que faire remonter Charleroi au classement. Ce sera encore plus vrai quand Ibrahim Kargbo et Adekanmi Olufade auront purgé leur suspension. Sur les flancs, par contre, le bât blesse méchamment. Dimanche dernier, il y avait Kanfory Sylla et Sébastien Chabaud à droite, et le couple Fabrice Lokembo- Loris Reina à gauche. Ce fut rarement concluant. Le flanc gauche était déjà un des gros soucis du Sporting la saison passée. Cet été, Dante Brogno se réjouissait d'accueillir les Français Loris Reina (pour le poste de back) et Abdelmajid Oulmers (pour l'entrejeu). Mais Oulmers est blessé depuis un bon moment, ce qui a contraint Dante Brogno à faire avancer Reina. A droite, c'étaient Ibrahim Kargbo et Grégory Dufer qui devaient faire équipe. Dufer est aujourd'hui associé devant à Traoré : une nécessité, vu la blessure d'Olufade et le fait que Waseige et Brogno ne semblent pas convaincus par les autres attaquants du noyau ( Lokman Atasever, Gilson et Alexandre Di Gregorio). L'un des problèmes de Charleroi est qu'il n'y a qu'un seul Dufer dans le noyau. Ce joueur serait bien utile à la fois dans l'entrejeu et en attaque. Il sait éliminer plusieurs adversaires, surprendre une défense entière et tirer des deux pieds. Des qualités qui rappellent celles que possédait autrefois Dante Brogno. On considère d'ailleurs Dufer comme le successeur, la copie presque conforme de Brogno. Il a eu besoin de temps pour prouver que la droite de l'entrejeu était son meilleur poste. A ses débuts en D1, il fut d'abord aligné à gauche, et il fit aussi des incursions dans l'axe avant qu'on ne le juge encore un peu jeune pour occuper un rôle axial. Aujourd'hui, nécessité fait à nouveau loi et Dufer évolue donc devant. On devine que Waseige a pensé à la reconversion autrefois vécue par Brogno (de l'entrejeu à l'attaque) quand il a décidé de faire avancer Dufer. Y connaîtra-t-il la même réussite qu'avec l'actuel adjoint ? Ou sera-t-il prié de redescendre d'un cran dès le retour d'Olufade ? S'il fait un séjour prolongé devant, il devra en tout cas apprendre à être plus malin et provocateur. Comme Dante Brogno l'était autrefois, et comme son frère Toni l'est aujourd'hui. Entré au jeu à la mi-temps de Westerlo-Charleroi, Toni n'a pas marqué ou donné de passe décisive. Mais, par ses seules provocations, il a pourri la vie des défenseurs carolos et même de Bertrand Laquait, qui écopa d'une carte jaune (ridicule et évitable) à cause de lui. La compétitivité des deux couloirs risque fort d'être une des clés du redressement de Charleroi. A Westerlo, le Sporting, c'était û pour schématiser û trois Africains derrière, trois Français au milieu, et un grand associé à un petit devant. Ce ne fut pas concluant. Pour justifier la défaite, Waseige a pointé un certain manque de maturité de son équipe : " Quand des joueurs oublient ainsi leur mission défensive sur des phases arrêtées, ça peut vous conduire à la dépression. Il y a des moments où je trouverais magnifique qu'on expédie la balle carrément au-dessus d'une tribune au lieu de la renvoyer dans les pieds des adversaires ". Dufer avançait une autre explication : " Chaque fois que nous avons perdu dans les dernières secondes, j'ai constaté le même phénomène. Nous avions peur de gagner et nous refusions inconsciemment d'aller vers l'avant. En attendant, il faut être réaliste : notre situation est devenue fort préoccupante. En plus, j'étais certain que Bruges allait perdre à Heusden-Zolder après avoir gagné à Milan ". Une défaite qui fait de Charleroi le seul club de D1 n'ayant toujours pas gagné cette saison. Pour quelques jours seulement ? Pierre Danvoye" C'est préoccupant " (Grégory Dufer)