Notre championnat fait la part de plus en plus belle aux joueurs étrangers, principalement américains, mais les Belges ne doivent pas être oubliés. C'est pour cette raison que nous avons confié à des compatriotes de présenter leurs ambitions.
...

Notre championnat fait la part de plus en plus belle aux joueurs étrangers, principalement américains, mais les Belges ne doivent pas être oubliés. C'est pour cette raison que nous avons confié à des compatriotes de présenter leurs ambitions. Piet De Bel (29 ans international, pivot) : Alost n'a pas le budget de Charleroi, Mons et Ostende, mais ses dirigeants ont démontré par le passé qu'il avaient souvent le nez creux pour dénicher de bons joueurs américains, souvent jeunes, qui doivent encore faire leurs preuves en Europe et se servent d'Okapi comme tremplin. Cette fois, le club a plutôt opté pour des joueurs qui ont déjà tâté du championnat de Belgique, comme Jeff Horner (ex-Bree, qui remplace Huffman), Loren Stokes (ex-Alost, qui remplace Lojeski dans un autre style : ce n'est pas un pur shooteur, plutôt un infiltreur) et Bingo Merriex (ex-Mons, qui remplace Pellé). Brian Greene (ex-Liège et Pepinster) est le successeur de Damian Cantrell, qui n'est pas revenu suite à un malentendu. Ce sont tous des bons joueurs, et avec eux, je crois Alost capable d'encore réaliser une très belle saison. Je ne dis pas qu'on terminera de nouveau 3e, mais on produira encore ce basket rapide préconisé par Brad Dean. Eddy Casteels (49 ans, coach du club et des Belgian Lions) : L'impact sera minime. L'équipe nationale et le championnat sont deux choses différentes. La campagne des Belgian Lions peut avoir un effet négatif sur les joueurs : les efforts fournis pourraient occasionner une certaine fatigue en cours de saison. Mais elle peut aussi avoir un effet positif. C'est l'équipe nationale qui a lancé la carrière de Lionel Bosco. Un garçon comme Maxime De Zeeuw a aussi puisé dans sa sélection une grande confiance. Je salue l'initiative de Gand, qui a choisi l'option belge cette saison. C'est peut-être aussi une conséquence de la belle campagne des Lions, mais on sait que Gand n'ambitionne pas le titre. Et Anvers ? Oui, oui, on vise le titre ! ( Ilrit) On a été 4e la saison dernière, alors on veut faire mieux. Jacques Stas (40 ans, directeur sportif du club et assistant-coach des Belgian Lions) : Avant tout, j'aimerais restaurer les valeurs humaines. Le retour de Giovanni Bozzi comme coach s'inscrit en partie dans ce cadre. Je ne sais pas ce que cela donnera sur le plan sportif, mais on ne paniquera pas si les résultats ne répondent pas directement à l'attente. Sur le long terme, on peut y arriver de cette manière-là également. Je voudrais aussi privilégier l'esprit de groupe par rapport aux individualités. Un peu comme on l'a fait en équipe nationale, avec le succès que l'on sait. Au bout du compte, c'est toujours le meilleur groupe qui triomphe. Lorsque Bree a été champion, les Limbourgeois avaient le meilleur groupe. Charleroi a gardé à peu près les mêmes joueurs que la saison dernière. On a perdu Matt Walsh, et on sait ce qu'il représentait. Sans son tir onthebuzzer, on aurait été éliminé en demi-finale de la coupe à Alost et on n'aurait peut-être pas été champion, car on a puisé dans la coupe la confiance nécessaire pour les playoffs. Avec Nick Jacobson et Chris Hill, on a engagé de bons joueurs à la personnalité attachante. Encore des Américains, mais on essayera dans le futur d'introduire plus de Belges. En mettant le prix pour engager un n°5 compétitif au lieu de répartir l'argent dans huit ou neuf joueurs du niveau que l'on a actuellement. L'idée germe, mais on ne la réalisera pas du jour au lendemain. Lionel Bosco (28 ans, international, distributeur) : C'est une initiative qu'il faut saluer. Il fallait oser. Anvers avait aussi, dans une moindre mesure, pris le pari de miser sur les Belges, et cela lui a bien réussi. Gand va encore plus loin. Pour les joueurs, c'est un défi comparable aux Lions où on a affronté des adversaires supérieurs mais qu'on a bousculés. C'est très motivant, tout le monde a adhéré au projet et l'ambiance dans le groupe est extraordinaire. Il faudra voir comment on réagira lorsque surviendront les inévitables coups durs. Trois ou quatre défaites d'affilée, par exemple. Mais ce pari est un beau coup de pub. Gand pourrait devenir une attraction, pour le public comme pour les sponsors, alors que le club avait du mal à susciter l'intérêt. Guy Muya (international A', distributeur) : J'ai l'honneur d'être le capitaine d'une équipe jeune, ce qui est généralement synonyme d'enthousiasme et d'énergie. Cela dit, si l'équipe est inexpérimentée, elle n'est pas dénuée de talent. Pour l'instant, cela se passe bien, avec les joueurs comme avec le coach Dario Gjergia, qui vivra sa première saison comme coach principal. On a aussi de la taille dans l'équipe, ce qui est intéressant. Maintenant, on manque encore de points de repères. Beaucoup de joueurs sont nouveaux et on ne sait pas encore très bien ce qu'ils valent. Il y a aussi le problème d'adaptation : comment ces jeunes joueurs étrangers ressentiront-ils, à la longue, l'éloignement de la famille ? On part un peu dans l'inconnu, et pour toutes ces raisons, c'est difficile de déjà fixer un objectif précis. Mais je suis confiant. Jef Van der Jonckheyd ( 27 ans, capitaine des Belgian Lions, ailier) : Je n'inscrirai pas 20 points à chaque match. A Louvain, mon rôle est différent. On me demande d'abord de capter des rebonds, de défendre, d'adresser des passes pour isoler les shooteurs américains. Cela dit, si je peux rentrer l'un ou l'autre tir à trois points comme je l'ai déjà fait la saison dernière, je ne m'en priverai pas. J'ai puisé dans mes prestations en équipe nationale une bonne dose de confiance. Et cela, depuis quatre ans. En ce qui concerne Louvain, l'appétit vient en mangeant. La saison dernière, on avait arraché la 6e place synonyme de playoffs. En profitant un peu de la défaillance d'Ostende, certes, mais pourquoi ne pourrions-nous pas faire aussi bien cette saison ? La saison dernière, on avait gagné beaucoup de matches grâce au caractère. Cette année, j'estime qu'il y a un peu plus de talent. Avec ce talent et le même caractère que la saison dernière, on devrait pouvoir obtenir un classement intéressant. Alex Libert (19 ans, international U20, distributeur) : Certains de mes adversaires jouent déjà en Pro A ou Pro B française, en Série A ou en Série B italienne, en D1 ou D2 grecque. Même si on a perdu nos matches, c'était très enrichissant. J'aborderai la prochaine saison de D1 avec ce bagage-là. Je sais ce qu'il me faut encore travailler pour progresser. Au niveau du jeu, les jeunes Belges ne sont pas inférieurs. Tirer, dribbler, passer : on sait le faire. La différence se fait au niveau physique. Les jeunes des pays cités sont généralement plus grands, plus costauds. Comment je vois la saison de Mons ? Les ambitions n'ont pas changé : essayer de décrocher, non pas la 2e place, mais la 1re. Aller chercher ce fameux titre derrière lequel on court. Les matches amicaux n'ont pas été exceptionnels, mais c'est en avril et mai qu'on distribue les prix. En travaillant, on est capable de compenser les départs d'Elton Nesbitt et de Caleb Green. La blessure de Travis Conlan, est ma chance ? Si on me l'offre, je ferai le maximum. Quentin Serron ( 19 ans, international U20, distributeur) : A l'exception de Veselin Petrovic et d'Ivan Paunic, toute l'équipe a changé. On a recruté beaucoup de joueurs qui ont une expérience du championnat de Belgique, c'est un avantage. La sauce a l'air de prendre et l'ambiance est très bonne. Trevor Huffman me prodigue de bons conseils. Tout comme Jean-Marc Jaumin, qui fut mon entraîneur chez les Espoirs et qui est assistant-coach de l'équipe Première. Avec le coach Memi Becirovic aussi, cela se passe bien. En préparation, j'ai beaucoup joué. C'est sans doute en tant que distributeur que je devrai essayer de faire mon trou. En équipe nationale U20, je jouais souvent à l'aile où mon physique me permettait de faire la différence. Ce n'est plus le cas en D1. Maxime De Zeeuw (22 ans, international, pivot) : Certainement. J'aborde cette nouvelle saison avec beaucoup d'enthousiasme et de confiance. En outre, je connais mieux le championnat puisque j'ai une première saison complète dans les jambes. J'espère que l'on remportera plus de victoires que l'an passé. De là à viser le Top 6, donc les playoffs, il y a sans doute de la marge, mais j'ai l'impression qu'on a plus de talent. L'ambiance est également meilleure. Mais beaucoup d'inconnues subsistent. Finances obligent, le club doit faire appel à de jeunes Américains qui, à l'exception de Stanley Burrell (lequel a joué à Sarajevo), vivront leur première expérience dans un championnat européen. Ils ont l'air de bien s'adapter, mais il faudra voir sur le long terme. par daniel devos