Francky Vandendriessche a disputé son 80e match consécutif entre les perches des Hurlus, voici dix jours à Gand. La série est toujours en cours. Celle de Timmy Simons, qui trônait largement en tête de ce classement particulier, va en revanche s'arrêter, puisque l'international brugeois a écopé de son troisième carton jaune de la saison à Anderlecht et sera suspendu.

" A mes yeux, c'est tout à fait anecdotique ", dit FVDD. " Le plus important, c'est que l'Excel recommence à prendre des points. Je suis encore loin des 120 matches consécutifs de Timmy et franchement, je ne songe pas encore à atteindre ce chiffre. Ma longévité fait plaisir, c'est tout ".

Elle représente surtout une belle revanche sur le sort après les deux opérations aux ligaments croisés du genou qu'il avait dû subir en très peu de temps : " Effectivement, c'est le signe que j'ai été très bien soigné et je dois remercier le staff médical de Mouscron, en premier lieu le Dr Labrique qui a procédé à la deuxième opération. Sans lui, je ne serais peut-être plus gardien de but, à l'heure qu'il est. Le travail de revalidation des deux kinés du club, Jean-Luc Massin et Christophe Soyez, fut aussi essentiel. Je ne peux pas dire que je suis revenu à 100 % û je ressens toujours un légère gêne au genou û mais elle ne m'a pas empêché de jouer pendant deux ans et demi sans interruption ".

Vous souvenez-vous de votre match de reprise ?

Francky Vandendriessche : C'était aussi contre Gand, le 21 avril 2001. Nous avons partagé l'enjeu 2-2 au Canonnier, et je n'ai pas oublié le contexte dans lequel j'avais effectué mon retour. La semaine précédente, Kurt Vandoorne s'était cassé le bras à Genk. Hugo Broos venait de me faire savoir qu'il n'avait plus l'intention de m'aligner cette saison-là, car il ne voulait prendre aucun risque après ma deuxième opération. Je devais simplement veiller à être prêt pour la reprise du championnat 2001-2002. J'étais à la fois fâché et déçu. Je ne comprenais pas pourquoi, alors que j'étais rétabli, je n'avais pas le droit de poser ma candidature pour le poste de titulaire. La providence est venue à ma rescousse. Confronté à un cas de force majeure avec la blessure de Kurt, Broos a dû choisir entre Gert Doumen, Dennis Duinslaeger et moi. Gert arrivait en fin de contrat, Dennis était sans doute jugé un peu tendre et c'est presque contraint et forcé qu'il a dû m'aligner. Depuis lors, je n'ai plus quitté ma place.

De quoi décourager les candidats au poste de deuxième gardien à l'Excelsior...

Pourquoi ? Je vieillis comme tout le monde, j'ai déjà 32 ans. Ce n'est pas vieux pour un gardien, mais parfois, je sens que j'ai franchi le cap de la trentaine. Il m'arrive de souffrir d'une petite inflammation, jamais grave, mais qui ne se déclarait pas précédemment. C'est une évolution tout à fait normale. Je me suis toujours entraîné sérieusement, sous la direction d'un entraîneur de gardien qui aimait mettre l'accent sur le travail physique. Que ce soit John Dujardin et Patrick Himpe à Waregem, ou Didier Vandenabeele aujourd'hui à Mouscron. A Bruges, Dany Verlinden n'a pratiquement jamais travaillé sous la direction d'un entraîneur spécifique, et cela ne l'a pas empêché de réaliser une remarquable carrière, qui n'est pas encore terminée à 40 ans. Alors, quelle est la meilleure solution ? Pour Dany Verlinden, être privé d'un préparateur spécialisé ne constitue probablement pas un problème, mais pour un jeune gardien comme Stijn Stijnen, je crains que ce soit une petite catastrophe.

Souvent frustré

Entre ces deux matches contre Gand (celui du 21 avril 2001 et celui du 4 octobre 2003), vous êtes passé par toutes les couleurs de l'arc-en-ciel...

C'est le moins que l'on puisse dire. Il y a eu de bons moments, mais d'autres moins agréables et certains très pénibles. Je ne m'attarde jamais très longtemps sur une bonne prestation. J'avais, par exemple, effectué quelques arrêts intéressants à La Louvière le mois passé, mais le coup de sifflet final avait à peine retenti que je me suis reconcentré sur le match suivant, face à l'Antwerp. En revanche, je mets plus de temps à évacuer de mon esprit les images d'une prestation plus terne. Je passe généralement une mauvaise nuit dans ce cas-là, et j'ai besoin d'un bon entraînement le lendemain matin pour me remettre en selle. La saison dernière, cela s'est produit à maintes reprises. Surtout en mars et mai. Je suis souvent rentré frustré à la maison. Il n'y avait plus d'équipe sur le terrain et je devais me retourner plus souvent qu'à mon tour. Aujourd'hui, tout est oublié, mais je ne voudrais plus revivre ces tourments-là.

Avez-vous sombré avec l'équipe ?

Je suis tributaire du jeu de mes partenaires. Je suis certain qu'à ma place, avec ce que j'ai enduré, beaucoup d'autres gardiens auraient jeté le gant et auraient laissé à leur substitut l'" honneur " de défendre les buts de l'Excelsior. Mais ce n'est pas dans mon caractère de laisser tomber l'équipe. Nous avions sept ou huit gamins dans l'effectif et j'ai pris mes responsabilités. J'ai fait face à la tourmente. Parfois, ce fut dur. Cela arrive à tous les gardiens de prendre une dégelée, mais cela ne peut pas se produire chaque semaine. Or, en fin de saison dernière, c'était quasiment chaque week-end. Je me souviens d'un match contre Westerlo, où nous étions menés 0-2 après dix minutes de jeu. Je me suis surpris à regarder le marquoir pour constater, avec effroi, qu'il en restait encore 80 à jouer. Je craignais de vivre un nouveau calvaire.

Le problème était-il dans la tête ou dans les lacunes de l'équipe ?

A la base, il y avait l'hécatombe de blessures, qui a obligé Lorenzo Staelens à modifier la composition de l'équipe chaque semaine. En fin de saison, le problème s'est déplacé dans la tête. Lorsqu'on montait sur le terrain, on se demandait quelle nouvelle catastrophe nous attendait. La confiance avait complètement disparu.

De vrais renforts

Qu'y a-t-il de changé cette saison ?

Nous offrons beaucoup moins d'occasions de buts à l'adversaire. Lorsque je réalise deux ou trois arrêts déterminants, il y a beaucoup de chance qu'ils rapportent des points. La saison dernière, il m'arrivait aussi de sauver des buts " tout faits ", mais je ne pouvais pas en sauver dix. Aujourd'hui, l'entraîneur nous demande d'abord de " garder le zéro " derrière. C'est, quoi qu'il arrive, la garantie de prendre au moins un point. Je peux comprendre que certains regrettent nos options plus défensives, mais on ne pouvait pas continuer éternellement à jouer la fleur au fusil. La base d'une équipe, c'est la défense. D'une certaine manière, les blessures de Gordan Vidovic, Alexandre Teklak et Olivier Besengez, en période de préparation, nous ont peut-être aidés. Georges Leekens s'est rendu compte que l'équipe avait un urgent besoin de renforts. Il a eu le nez creux : Stephen Laybutt et Samir Beloufa, ce sont de vrais renforts.

L'Australien ne perd pratiquement aucun duel. Il est rapide et est aussi capable de s'immiscer avec bonheur dans les offensives. Quelque part, il faut remercier Lorenzo Staelens, car Stephen Laybutt était venu passer des tests à Mouscron la saison dernière et était reparti en Australie sans contrat. Lorsque Georges Leekens est arrivé et a laissé entendre qu'il avait besoin d'un arrière gauche, notre ancien entraîneur a signalé à son successeur qu'il connaissait quelqu'un de très valable. Le mérite de Georges Leekens est d'avoir su convaincre le président Jean-Pierre Detremmerie, fort réticent à l'idée de délier les cordons de la bourse, que l'engagement de Stephen Laybutt était une nécessité.

Samir Beloufa, de son côté, est très fort sur l'homme, et grâce à sa taille, il émerge aussi dans les duels aériens. Il possède le bagage technique d'un attaquant, à tel point qu'il a parfois trop confiance en ses moyens et a tendance à vouloir prendre des risques inutiles. Il veut toujours soigner sa relance ou remonter le terrain ballon au pied, là où beaucoup auraient tendance à dégager au plus pressé. Je dois cependant reconnaître que ces risques n'ont pratiquement jamais porté à conséquence : le Franco-Algérien s'est toujours sorti à son avantage de situations parfois périlleuses.

Evoluant désormais entre ces deux excellents joueurs, Geoffrey Claeys a retrouvé à la fois la confiance et son niveau d'antan. Il revit avec l'arrivée de Leekens. En fin de saison dernière, il était sur le point de partir à Denderleeuw, mais notre nouvel entraîneur s'est immédiatement opposé à son départ. Geoffrey est en train de saisir sa chance à pleines mains. C'est un joueur qui a un énorme besoin de se sentir en confiance. La saison dernière, il était encore fragile mentalement. Sous la direction de Leekens, il ne l'est plus du tout. Certains prétendront qu'on avait déjà annoncé sa résurrection à maintes reprises, mais je suis persuadé que cette fois-ci, c'est la bonne.

Peur de Leekens

Et sur vous, quel a été l'impact de Georges Leekens ?

Il a débarqué le 8 juillet, je m'en souviens très bien, car nous avions commencé les entraînements sous la houlette de Staelens. La première chose qu'il m'a dite, ce fut d'oublier le passé. La page est tournée : on peut en discuter des semaines et des mois, on ne réécrira pas l'histoire. Alors, autant ne plus en parler. Je ne m'épancherai donc plus sur mes déboires de la saison dernière, ni sur le match de Zagreb avec l'équipe nationale. Cette discussion avec l'entraîneur, qui m'a exhorté à me focaliser uniquement sur l'avenir, m'a fait le plus grand bien. J'ai repris confiance. Car, je dois bien l'avouer : cette confiance, je l'avais perdue.

Un bon entraîneur est donc important ?

Bien sûr. Ce sont toujours les joueurs qui font la différence sur le terrain, mais la manière dont ils sont dirigés est cruciale. On aurait mauvaise grâce de tirer à boulets rouges sur Staelens. J'ignore quelles sont aujourd'hui ses intentions, mais je demeure persuadé qu'il a les qualités voulues pour réussir. Au niveau des connaissances tactiques et de la façon de dispenser les entraînements, il a certainement l'étoffe d'un très bon entraîneur. La saison dernière, il lui manquait simplement l'expérience indispensable, ce qui est tout à fait logique pour quelqu'un qui débute dans la profession. Peut-être, aussi, n'était-il pas assez dur. Certains en ont profité. Aujourd'hui, les joueurs ont peur de Leekens. Surtout les jeunes. Avec notre ancien mentor, ils pensaient qu'ils pouvaient tout se permettre. Staelens partait du principe que chacun faisait preuve d'autodiscipline. Ce qui est évidemment faux.

Un exemple ?

Simplement, le fait qu'aujourd'hui, les blessés doivent rester au club. La saison dernière, ils venaient une demi-heure pour se faire soigner, puis repartaient chez eux. A la longue, Staelens s'est rendu compte de ce qui n'allait pas. Il a fini par prendre des mesures, mais il était alors trop tard : le ver était dans le fruit. Il s'était juré de ne plus commettre les mêmes erreurs cette saison et d'adopter un comportement plus strict, mais il n'en a pas eu l'occasion.

Horreur de l'incertitude

La présence de Christophe Martin, un concurrent très sérieux pour votre place, vous incite-t-elle personnellement à plus de concentration ?

Il n'y a aucun lien de cause à effet. J'accepte la concurrence, mais je n'en ai pas besoin pour me motiver. A l'époque d'Hugo Broos, il m'est arrivé d'avoir pour seul concurrent Dennis Duinslaeger, qui était alors un gamin de 18 ans. Cela ne m'avait pas empêché de livrer de très bonnes prestations. Tout ce que je peux dire, c'est que Christophe Martin est un excellent gardien, et un garçon très jovial avec lequel il est très agréable de travailler.

Sera-t-il votre successeur dans les buts de l'Excel ?

L'avenir nous l'apprendra. Mon contrat court encore jusqu'en juin 2005. J'aurai alors 34 ans. J'ignore quelles sont les intentions du club à mon égard. Ce qui est sûr, ce que je n'aime pas vivre dans l'incertitude. Alors, si je n'ai aucune garantie au milieu de la saison prochaine, je n'hésiterai pas à réfléchir à d'autres offres qui me seraient éventuellement parvenues. Même si elles émanent de clubs de D2 ou de D3.

" Leekens m'a rendu confiance "

Francky Vandendriessche a disputé son 80e match consécutif entre les perches des Hurlus, voici dix jours à Gand. La série est toujours en cours. Celle de Timmy Simons, qui trônait largement en tête de ce classement particulier, va en revanche s'arrêter, puisque l'international brugeois a écopé de son troisième carton jaune de la saison à Anderlecht et sera suspendu. " A mes yeux, c'est tout à fait anecdotique ", dit FVDD. " Le plus important, c'est que l'Excel recommence à prendre des points. Je suis encore loin des 120 matches consécutifs de Timmy et franchement, je ne songe pas encore à atteindre ce chiffre. Ma longévité fait plaisir, c'est tout ". Elle représente surtout une belle revanche sur le sort après les deux opérations aux ligaments croisés du genou qu'il avait dû subir en très peu de temps : " Effectivement, c'est le signe que j'ai été très bien soigné et je dois remercier le staff médical de Mouscron, en premier lieu le Dr Labrique qui a procédé à la deuxième opération. Sans lui, je ne serais peut-être plus gardien de but, à l'heure qu'il est. Le travail de revalidation des deux kinés du club, Jean-Luc Massin et Christophe Soyez, fut aussi essentiel. Je ne peux pas dire que je suis revenu à 100 % û je ressens toujours un légère gêne au genou û mais elle ne m'a pas empêché de jouer pendant deux ans et demi sans interruption ". Francky Vandendriessche : C'était aussi contre Gand, le 21 avril 2001. Nous avons partagé l'enjeu 2-2 au Canonnier, et je n'ai pas oublié le contexte dans lequel j'avais effectué mon retour. La semaine précédente, Kurt Vandoorne s'était cassé le bras à Genk. Hugo Broos venait de me faire savoir qu'il n'avait plus l'intention de m'aligner cette saison-là, car il ne voulait prendre aucun risque après ma deuxième opération. Je devais simplement veiller à être prêt pour la reprise du championnat 2001-2002. J'étais à la fois fâché et déçu. Je ne comprenais pas pourquoi, alors que j'étais rétabli, je n'avais pas le droit de poser ma candidature pour le poste de titulaire. La providence est venue à ma rescousse. Confronté à un cas de force majeure avec la blessure de Kurt, Broos a dû choisir entre Gert Doumen, Dennis Duinslaeger et moi. Gert arrivait en fin de contrat, Dennis était sans doute jugé un peu tendre et c'est presque contraint et forcé qu'il a dû m'aligner. Depuis lors, je n'ai plus quitté ma place. Pourquoi ? Je vieillis comme tout le monde, j'ai déjà 32 ans. Ce n'est pas vieux pour un gardien, mais parfois, je sens que j'ai franchi le cap de la trentaine. Il m'arrive de souffrir d'une petite inflammation, jamais grave, mais qui ne se déclarait pas précédemment. C'est une évolution tout à fait normale. Je me suis toujours entraîné sérieusement, sous la direction d'un entraîneur de gardien qui aimait mettre l'accent sur le travail physique. Que ce soit John Dujardin et Patrick Himpe à Waregem, ou Didier Vandenabeele aujourd'hui à Mouscron. A Bruges, Dany Verlinden n'a pratiquement jamais travaillé sous la direction d'un entraîneur spécifique, et cela ne l'a pas empêché de réaliser une remarquable carrière, qui n'est pas encore terminée à 40 ans. Alors, quelle est la meilleure solution ? Pour Dany Verlinden, être privé d'un préparateur spécialisé ne constitue probablement pas un problème, mais pour un jeune gardien comme Stijn Stijnen, je crains que ce soit une petite catastrophe. C'est le moins que l'on puisse dire. Il y a eu de bons moments, mais d'autres moins agréables et certains très pénibles. Je ne m'attarde jamais très longtemps sur une bonne prestation. J'avais, par exemple, effectué quelques arrêts intéressants à La Louvière le mois passé, mais le coup de sifflet final avait à peine retenti que je me suis reconcentré sur le match suivant, face à l'Antwerp. En revanche, je mets plus de temps à évacuer de mon esprit les images d'une prestation plus terne. Je passe généralement une mauvaise nuit dans ce cas-là, et j'ai besoin d'un bon entraînement le lendemain matin pour me remettre en selle. La saison dernière, cela s'est produit à maintes reprises. Surtout en mars et mai. Je suis souvent rentré frustré à la maison. Il n'y avait plus d'équipe sur le terrain et je devais me retourner plus souvent qu'à mon tour. Aujourd'hui, tout est oublié, mais je ne voudrais plus revivre ces tourments-là. Je suis tributaire du jeu de mes partenaires. Je suis certain qu'à ma place, avec ce que j'ai enduré, beaucoup d'autres gardiens auraient jeté le gant et auraient laissé à leur substitut l'" honneur " de défendre les buts de l'Excelsior. Mais ce n'est pas dans mon caractère de laisser tomber l'équipe. Nous avions sept ou huit gamins dans l'effectif et j'ai pris mes responsabilités. J'ai fait face à la tourmente. Parfois, ce fut dur. Cela arrive à tous les gardiens de prendre une dégelée, mais cela ne peut pas se produire chaque semaine. Or, en fin de saison dernière, c'était quasiment chaque week-end. Je me souviens d'un match contre Westerlo, où nous étions menés 0-2 après dix minutes de jeu. Je me suis surpris à regarder le marquoir pour constater, avec effroi, qu'il en restait encore 80 à jouer. Je craignais de vivre un nouveau calvaire. A la base, il y avait l'hécatombe de blessures, qui a obligé Lorenzo Staelens à modifier la composition de l'équipe chaque semaine. En fin de saison, le problème s'est déplacé dans la tête. Lorsqu'on montait sur le terrain, on se demandait quelle nouvelle catastrophe nous attendait. La confiance avait complètement disparu. Nous offrons beaucoup moins d'occasions de buts à l'adversaire. Lorsque je réalise deux ou trois arrêts déterminants, il y a beaucoup de chance qu'ils rapportent des points. La saison dernière, il m'arrivait aussi de sauver des buts " tout faits ", mais je ne pouvais pas en sauver dix. Aujourd'hui, l'entraîneur nous demande d'abord de " garder le zéro " derrière. C'est, quoi qu'il arrive, la garantie de prendre au moins un point. Je peux comprendre que certains regrettent nos options plus défensives, mais on ne pouvait pas continuer éternellement à jouer la fleur au fusil. La base d'une équipe, c'est la défense. D'une certaine manière, les blessures de Gordan Vidovic, Alexandre Teklak et Olivier Besengez, en période de préparation, nous ont peut-être aidés. Georges Leekens s'est rendu compte que l'équipe avait un urgent besoin de renforts. Il a eu le nez creux : Stephen Laybutt et Samir Beloufa, ce sont de vrais renforts. L'Australien ne perd pratiquement aucun duel. Il est rapide et est aussi capable de s'immiscer avec bonheur dans les offensives. Quelque part, il faut remercier Lorenzo Staelens, car Stephen Laybutt était venu passer des tests à Mouscron la saison dernière et était reparti en Australie sans contrat. Lorsque Georges Leekens est arrivé et a laissé entendre qu'il avait besoin d'un arrière gauche, notre ancien entraîneur a signalé à son successeur qu'il connaissait quelqu'un de très valable. Le mérite de Georges Leekens est d'avoir su convaincre le président Jean-Pierre Detremmerie, fort réticent à l'idée de délier les cordons de la bourse, que l'engagement de Stephen Laybutt était une nécessité. Samir Beloufa, de son côté, est très fort sur l'homme, et grâce à sa taille, il émerge aussi dans les duels aériens. Il possède le bagage technique d'un attaquant, à tel point qu'il a parfois trop confiance en ses moyens et a tendance à vouloir prendre des risques inutiles. Il veut toujours soigner sa relance ou remonter le terrain ballon au pied, là où beaucoup auraient tendance à dégager au plus pressé. Je dois cependant reconnaître que ces risques n'ont pratiquement jamais porté à conséquence : le Franco-Algérien s'est toujours sorti à son avantage de situations parfois périlleuses. Evoluant désormais entre ces deux excellents joueurs, Geoffrey Claeys a retrouvé à la fois la confiance et son niveau d'antan. Il revit avec l'arrivée de Leekens. En fin de saison dernière, il était sur le point de partir à Denderleeuw, mais notre nouvel entraîneur s'est immédiatement opposé à son départ. Geoffrey est en train de saisir sa chance à pleines mains. C'est un joueur qui a un énorme besoin de se sentir en confiance. La saison dernière, il était encore fragile mentalement. Sous la direction de Leekens, il ne l'est plus du tout. Certains prétendront qu'on avait déjà annoncé sa résurrection à maintes reprises, mais je suis persuadé que cette fois-ci, c'est la bonne. Il a débarqué le 8 juillet, je m'en souviens très bien, car nous avions commencé les entraînements sous la houlette de Staelens. La première chose qu'il m'a dite, ce fut d'oublier le passé. La page est tournée : on peut en discuter des semaines et des mois, on ne réécrira pas l'histoire. Alors, autant ne plus en parler. Je ne m'épancherai donc plus sur mes déboires de la saison dernière, ni sur le match de Zagreb avec l'équipe nationale. Cette discussion avec l'entraîneur, qui m'a exhorté à me focaliser uniquement sur l'avenir, m'a fait le plus grand bien. J'ai repris confiance. Car, je dois bien l'avouer : cette confiance, je l'avais perdue. Bien sûr. Ce sont toujours les joueurs qui font la différence sur le terrain, mais la manière dont ils sont dirigés est cruciale. On aurait mauvaise grâce de tirer à boulets rouges sur Staelens. J'ignore quelles sont aujourd'hui ses intentions, mais je demeure persuadé qu'il a les qualités voulues pour réussir. Au niveau des connaissances tactiques et de la façon de dispenser les entraînements, il a certainement l'étoffe d'un très bon entraîneur. La saison dernière, il lui manquait simplement l'expérience indispensable, ce qui est tout à fait logique pour quelqu'un qui débute dans la profession. Peut-être, aussi, n'était-il pas assez dur. Certains en ont profité. Aujourd'hui, les joueurs ont peur de Leekens. Surtout les jeunes. Avec notre ancien mentor, ils pensaient qu'ils pouvaient tout se permettre. Staelens partait du principe que chacun faisait preuve d'autodiscipline. Ce qui est évidemment faux. Simplement, le fait qu'aujourd'hui, les blessés doivent rester au club. La saison dernière, ils venaient une demi-heure pour se faire soigner, puis repartaient chez eux. A la longue, Staelens s'est rendu compte de ce qui n'allait pas. Il a fini par prendre des mesures, mais il était alors trop tard : le ver était dans le fruit. Il s'était juré de ne plus commettre les mêmes erreurs cette saison et d'adopter un comportement plus strict, mais il n'en a pas eu l'occasion. Il n'y a aucun lien de cause à effet. J'accepte la concurrence, mais je n'en ai pas besoin pour me motiver. A l'époque d'Hugo Broos, il m'est arrivé d'avoir pour seul concurrent Dennis Duinslaeger, qui était alors un gamin de 18 ans. Cela ne m'avait pas empêché de livrer de très bonnes prestations. Tout ce que je peux dire, c'est que Christophe Martin est un excellent gardien, et un garçon très jovial avec lequel il est très agréable de travailler. L'avenir nous l'apprendra. Mon contrat court encore jusqu'en juin 2005. J'aurai alors 34 ans. J'ignore quelles sont les intentions du club à mon égard. Ce qui est sûr, ce que je n'aime pas vivre dans l'incertitude. Alors, si je n'ai aucune garantie au milieu de la saison prochaine, je n'hésiterai pas à réfléchir à d'autres offres qui me seraient éventuellement parvenues. Même si elles émanent de clubs de D2 ou de D3. " Leekens m'a rendu confiance "