Après tous les déboires des Diables Rouges, les -21 ans de Jean-François de Sart ont redonné... l'espoir au football belge. Samedi, à Heerenveen, SébastienPocognoli a envoyé les Diablotins au paradis olympique alors qu'ils étaient menés 2-1 par les Pays-Bas à 20 minutes de la fin. Bon, d'accord : les Néerlandais n'ont plus trop insisté après cette égalisation, si l'on excepte un envoi d' OtmanBakkal à qui l'on n'avait sans doute pas bien expliqué qu'il n'était plus indispensable de marquer. A la place des Portugais, on ne serait pas très content. Mais, comme le disait le coach néerlandais FoppedeHaan lui-même : " Les Portugais ne doivent s'en prendre qu'à eux-mêmes : s'ils avaient battu la Belgique et les Pays-Bas dans leurs matches précédents, ils auraient eu leur sort entre leurs mains ".
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Après tous les déboires des Diables Rouges, les -21 ans de Jean-François de Sart ont redonné... l'espoir au football belge. Samedi, à Heerenveen, SébastienPocognoli a envoyé les Diablotins au paradis olympique alors qu'ils étaient menés 2-1 par les Pays-Bas à 20 minutes de la fin. Bon, d'accord : les Néerlandais n'ont plus trop insisté après cette égalisation, si l'on excepte un envoi d' OtmanBakkal à qui l'on n'avait sans doute pas bien expliqué qu'il n'était plus indispensable de marquer. A la place des Portugais, on ne serait pas très content. Mais, comme le disait le coach néerlandais FoppedeHaan lui-même : " Les Portugais ne doivent s'en prendre qu'à eux-mêmes : s'ils avaient battu la Belgique et les Pays-Bas dans leurs matches précédents, ils auraient eu leur sort entre leurs mains ". Les deux pays voisins, eux, ne demandaient pas plus qu'un partage. Les Néerlandais étaient assurés de la première place et pouvaient rester chez eux à Heerenveen (leur sélectionneur a entraîné le club local pendant 12 ans), tandis que les Belges avaient leur billet pour Pékin en poche. Peu importe qu'ils terminent deuxièmes de leur groupe : l'essentiel était acquis, et tant qu'à faire, autant affronter ce soir à Arnhem une équipe de Serbie qu'ils avaient battue en match amical à Belgrade, récemment. L'appétit vient en mangeant. Mais l'exploit est déjà là. Il a été réalisé malgré une préparation chaotique (merci RenéVandereycken !), malgré les blessures de MoussaDembele, JeanvionYulu- Matondo, JonathanLegear, StijnDeSmet, SteveColpaert et ThomasVermaelen , malgré les forfaits de VincentKompany et StevenDefour, et malgré les suspensions de JanVertonghen et MarouaneFellaini lors du dernier match. Mais sauf Vermaelen, tous les Espoirs sont sélectionnables pour la demi-finale de ce soir contre la Serbie. Il y a exactement 80 ans que le football belge n'avait plus été représenté aux Jeux. La dernière fois, c'était à Amsterdam en 1928. Et la dernière participation d'un sport collectif remonte à 1976, avec le hockey. " Nous sommes les premiers à nous en réjouir ", sourit Gert Van Looy, du département sport de haut niveau au COIB. " Il y a un an, des discussions avaient été entamées avec les dirigeants des sports d'équipe car on avait très envie de retrouver une équipe belge à Pékin, 32 ans après le hockey à Montréal. Avec le football, les discussions se sont intensifiées en octobre, lorsque les Espoirs ont obtenu leur qualification pour le Championnat d'Europe au détriment de la Bulgarie. 150.000 euros ont été accordés pour la préparation à l'Euro. On interviendra également pour le paiement des primes de qualification et on continuera pour la préparation aux JO. Jusqu'ici, on n'avait jamais vraiment considéré le football comme un sport olympique en Belgique. J'espère que cela changera ". Cinq sports sont concernés par le projet L'année des sports d'équipe : le football (le premier à se qualifier), le hockey masculin, le basket féminin, le volley masculin et féminin). " Un million d'euros est prévu, au total sur deux ans, pour les cinq sports ", explique Ronny Cuyt de la Loterie Nationale, partenaire du COIB. " 500.000 cette année et 500.000 l'année prochaine, pour les équipes qui continuent l'aventure. Sans soutien financier et logistique, ces formations ne pourraient pas se préparer dans de bonnes conditions afin d'atteindre leurs objectifs. Nous versons l'argent au COIB, qui se charge de la répartition en fonction de ce qu'il juge être les priorités. Notre devise à nous, c'est - Donner de l'argent à ceux qui jouent. On estime aussi que, puisque l'argent que nous récoltons provient de la Communauté, on doit le restituer à la Communauté ". Pour les JO de Pékin, les joueurs sélectionnables sont ceux nés après le 1er janvier 1985 (pour l'Euro en cours, c'est le 1er janvier 1984). On peut toutefois sélectionner trois joueurs plus âgés. " Trois joueurs qui ont participé aux tournois qualificatifs pour les JO d'Athènes de 2004 ", nous précise-t-on au COIB. Mais de Sart veut privilégier le groupe actuel, celui qui a forgé la qualification : " Plusieurs joueurs du groupe sont nés en 1984, dont le capitaine. Je ne vais tout de même pas laisser MaartenMartens à la maison ?" Les JO se disputent du 8 au 24 août 2008. Que fera-t-on du championnat de Belgique ? Débutera-t-il plus tard ? Difficile à imaginer, car les principaux clubs doivent préparer leur entrée dans les compétitions européennes. En fait, le problème n'a pas encore été envisagé. C'est typiquement belge : pourquoi se précipiter, puisqu'on a encore un an pour y réfléchir ? Mais on peut penser que l'on établira un calendrier normal en autorisant les équipes qui ont des sélectionnés à remettre leur match, comme cela avait déjà été le cas lorsque la Coupe d'Afrique se disputait en février. Que faut-il penser de cet exploit des Diablotins ? " En ce qui me concerne, je ne suis pas surpris ", affirme ChristopheDessy, le nouveau directeur du centre de formation de Mons après avoir travaillé à Nancy et au Standard. " C'est une équipe que je suis depuis le début de la campagne. Elle a gagné 0-1 en France, 0-1 en Serbie, 1-4 en Bulgarie. Je n'ai pas attendu ce tournoi pour me rendre compte de sa valeur. En plus du talent, cette équipe a de l'expérience. Elle peut, à la limite, se permettre d'être hautaine. C'est une caractéristique à laquelle on était plutôt habitué dans le chef des Hollandais ! Plusieurs de nos jeunes joueurs sont allé chercher une autre culture ailleurs et se comportent par rapport à cette culture. En Belgique, certains clubs investissent dé-sormais dans la formation. Ce qui fait tache d'huile, aujourd'hui, c'est le pouvoir politique ". Mais ceux qui se sont expatriés, comme KevinMirallas en France et d'autres aux Pays-Bas, n'ont pas perdu leur temps. " Kevin s'est développé techniquement, tactiquement, physiquement et mentalement ", poursuit Dessy. " Avant de jouer en Ligue 1, il a disputé de nombreux matches en CFA avec l'équipe Réserve et a été confronté à une véritable compétition à enjeu pour adultes. Il a pris de la bouteille. On voit aussi à des joueurs comme Thomas Vermaelen, Jan Vertonghen, Maarten Martens, SeppDeRoover ou TomDeMul qu'ils ont reçu une partie de leur formation aux Pays-Bas. On décèle chez eux une maturité supérieure à celle de la plupart des joueurs restés en Belgique. Il y a aussi un registre technique et une qualité de passe très intéressante. Tactiquement, ils comprennent vite ce que l'on attend d'eux ". On l'a constaté avec les -21 ans, et le mois passé, avec les -17 ans : dans les équipes de jeunes, on est encore capable de s'illustrer. Que faut-il pour que ces mêmes jeunes continuent à briller à l'âge adulte ? Est-ce l'éternel problème de la post-formation ? " J'en ai marre d'entendre toujours parler de post-formation ", poursuit Dessy. " C'est un mot très à la mode, tout le monde l'a à la bouche. Des dirigeants de clubs parlent de post-formation alors qu'ils ignorent ce qu'est la... formation. Si l'on n'est pas bien structuré à la base, on n'arrivera à rien. Mais à la fédé, on rafistole d'abord le sommet, parce qu'il faut faire rentrer de l'argent. Ce qu'il faut faire, c'est favoriser le degré de maturation, puis dresser un bilan. Offrir, aussi, une chance plus précoce aux jeunes dans les clubs de D1 ". Pour redonner aux Diables Rouges leur lustre d'antan, faut-il faire jouer les Espoirs à leur place ? " Cela doit se faire progressivement ", estime le directeur technique de l'Union Belge Michel Sablon. " Dix Espoirs ont déjà fait partie de la présélection des Diables Rouges lors des deux derniers matches. On a vu qu'avec l'équipe A, ils avaient été dominés par le Portugal alors qu'avec les Espoirs, ils avaient dominé ces mêmes Portugais. Cela signifie que, face à des joueurs de leur âge, ils font plus que jeu égal, alors que face à des adultes, ils sont encore trop courts. On a vu aussi que, lorsqu'ils sont sous pression, ils commettent encore l'une ou l'autre erreur. Ce ne serait pas leur rendre service que d'accélérer le processus de maturation et de les lancer directement dans la fosse aux lions. Ils en ressortiraient meurtris, si pas physiquement, au moins mentalement. Leur confiance en prendrait un coup. Pas mal d'Espoirs sont encore très jeunes et pourront encore faire partie de la génération suivante. Leur tour viendra pour les Diables Rouges, mais en fonction de leur état de maturation, et toujours entourés par quelques anciens, car on ne peut pas faire passer l'équipe Espoirs d'un coup à l'étage supérieur ". Compte tenu des résultats, faut-il remplacer Vandereycken par de Sart à la tête des Diables Rouges ? " Une réunion de la commission technique est fixée à lundi prochain, le 25 juin ", rappelle Sablon. " Il est prévu qu'une évaluation soit faite, et elle sera faite. Le rapport sera transmis au comité exécutif. J'ai mon petit avis sur la question, mais permettez-moi de le garder pour la commission ". A l'étranger, il est courant qu'un entraîneur de jeunes monte avec ses joueurs. Raymond Domenech, par exemple, est l'ancien entraîneur des Espoirs français. En Belgique, on n'ose pas procéder de la sorte. On préfère choisir un entraîneur belge à la réputation bien établie. Pourquoi ne pas essayer la continuité ? Personne ne connaît mieux les joueurs de -21 ans, appelés à construire l'avenir des Diables Rouges, que de Sart. Reste à régler le problème de sa situation professionnelle. de Sart n'est pas salarié à plein temps à l'Union Belge. Il est d'abord gérant d'une agence de banque et n'a pas nécessairement envie d'abandonner la proie pour l'ombre. Mais peut-être qu'en insistant un peu, et en le rémunérant en conséquence... Pour poursuivre la comparaison avec la France, il faut souligner que lorsque les Bleus avaient été éliminés de la Coupe du Monde 1994, on ne s'était pas contenté de crier haro sur l'entraîneur. On avait analysé en profondeur ce qu'il convenait d'améliorer et on avait mis en place un véritable projet à long terme. Vandereycken a sans doute commis des erreurs, mais il n'est pas le seul coupable. par daniel devos / photos: belga