Avec l'enthousiasme propre à ses nouvelles fonctions, Lynn Morgan, la présidente de la Women's United Soccer Association y va d'un généreux 8/10 pour qualifier la saison inaugurale de ses ouailles qui a couronné les Bay Area CyberRays. En jeune femme intelligente, elle ne va évidemment pas se tirer dans le pied.
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Avec l'enthousiasme propre à ses nouvelles fonctions, Lynn Morgan, la présidente de la Women's United Soccer Association y va d'un généreux 8/10 pour qualifier la saison inaugurale de ses ouailles qui a couronné les Bay Area CyberRays. En jeune femme intelligente, elle ne va évidemment pas se tirer dans le pied. Le défi de lancer un championnat réservé aux femmes était risqué dans un pays où le soccer des hommes n'a pas encore réussi à s'imposer clairement comme une valeur stable du paysage sportif. Pari gagné dans la mesure où le championnat est allé jusqu'au bout (du 14 avril au 25 août) en attirant une moyenne de 8.133 spectateurs par rencontre, supérieure aux prévisions (7.500). Le pari est gagné aussi car le soccer féminin a déclenché un courant de sympathie populaire. Il est devenu un but de sortie familiale à défaut d'un grand spectacle. Les joueuses l'ont bien compris et principalement Brandi Chastain, sociétaire de l'équipe championne qui a battu en finale des playoffs Atlanta Beat au terme d'une série de tirs au but: "Ce premier titre national est le plus beau moment de ma carrière. En terme de portée pour notre sport, il dépasse même mon penalty victorieux contre la Chine du 10 juillet 1999 en finale de la World Cup". Le pari est gagné aussi car il a bien intégré les vedettes étrangères telles la Canadienne Charmaine Hooper (Atlanta Beat), l'Anglaise Kelly Smith (Philadelphia Charge), l'Australienne Julie Murray (Bay Area CyberRays) et la Japonaise Homare Sawa (Atlanta Beat). Si les équipes sont parvenues à glaner un succès populaire local, elles doivent améliorer la visibilité nationale. La retransmission des rencontres sur les chaînes câblées CNN/Sports Illustrated et TNT n'a séduit qu'une poignée de téléspectateurs. Malgré cette faiblesse, les sponsors restent étonnament patients et font même preuve de prodigalité. Sous la houlette du PDG du Discovery Channel, John Hendricks, les propriétaires de cinq chaînes télévisées ont promis cet été de consacrer 2,9 milliards de francs en cinq ans au lieu du 1,8 milliard initialement prévu. (B.Geenen)