Position n°1

Pour les besoins des deux premiers matches de championnat, à Saint-Trond (2-4) et contre le Germinal Beerschot (1-0), Frankie Vercauteren, avait logiquement reconduit le quatre arrière qui lui avait donné le plus d'apaisements lors des rencontres de préparation. Il se composait d' Anthony Vanden Borre, Roland Juhasz, Jelle Van Damme et Olivier Deschacht. Au départ, du moins, car après avoir été réduits à 10 unités au Staaienveld suite au renvoi aux vestiaires de Van Damme, Mark De Man fut introduit au sein de la défense centrale au détriment d'un médian, Lucas Biglia.
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Pour les besoins des deux premiers matches de championnat, à Saint-Trond (2-4) et contre le Germinal Beerschot (1-0), Frankie Vercauteren, avait logiquement reconduit le quatre arrière qui lui avait donné le plus d'apaisements lors des rencontres de préparation. Il se composait d' Anthony Vanden Borre, Roland Juhasz, Jelle Van Damme et Olivier Deschacht. Au départ, du moins, car après avoir été réduits à 10 unités au Staaienveld suite au renvoi aux vestiaires de Van Damme, Mark De Man fut introduit au sein de la défense centrale au détriment d'un médian, Lucas Biglia. Au Parc Astrid, face aux Kielmen, l'Argentin fut par la suite amené à coulisser au back suite à l'exclusion de Vanden Borre. Lors de ces deux joutes, c'est assurément le cas du jeune international belge qui fit le plus jaser. Chez les Canaris déjà, il avait été à la base du deuxième but local en voulant jouer au plus fin avec son adversaire direct, Asanda Sishuba. Contre les Ours, une semaine plus tard, il se vit gratifié coup sur coup de deux bristols jaunes. De quoi apporter du moulin à ceux qui l'avaient accusé d'indolence et d'un manque de jugeote flagrant. LE COMMENTAIRE " Anthony a toujours éprouvé des difficultés à se mettre en jambes ", observe Bertrand Crasson, ancien de la maison au même poste, actif à Belgacom TV aujourd'hui. " Cette fâcheuse habitude lui avait coûté cher contre l'Inter Milan, voici deux ans. A l'époque, il avait accusé le coup pendant quelque temps. Aujourd'hui, il y a progrès, dans la mesure où Anthony s'est très rapidement racheté une conduite. Il a fait montre d'autorité et d'allant non seulement dans les matches de D1 mais aussi lors des grands rendez-vous sur la scène européenne. C'était le cas au Real Madrid notamment et, par la suite, à l'AEK Athènes. Il ne fait plus une fixation, non plus, sur la place qu'il occupe sur le terrain. Avant, Anthony ne jurait que par un rôle dans l'axe. Il a parfaitement compris, depuis lors, qu'à partir de l'arrière, il lui était tout à fait loisible de créer le surnombre dans l'entrejeu. Chez lui, tout est question de mental. Dès l'instant où la direction ne s'est plus mise en tête de trouver une autre solution pour le flanc droit et qu'il a continué à jouir de la confiance de René Vandereycken, il s'est métamorphosé. Aujourd'hui, le bonhomme est convaincu d'avoir un avenir dans ce rôle. Du coup, il est encore appelé à s'y bonifier sensiblement. Je note déjà nettement moins de déchets, chez lui, en tout début de match, par exemple. Pour un diesel comme lui, c'est bon signe ". A Westerlo (3-4), pour le compte de la troisième journée en D1, Jonathan Legear était appelé à prendre la place laissée vacante par Anthony Vanden Borre au côté de Roland Juhasz. Du côté gauche de la défense, Jelle Van Damme et Olivier Deschacht complétaient la division, comme lors des deux premiers matches. Dans la cuvette campinoise, malgré un hat-trick de Mémé Tchité, le Sporting avait été à deux doigts de passer par les fourches caudines, suite aux errements de son axe central face à la paire constituée de John Ogunsoto et Peter Utaka. LE COMMENTAIRE " C'était mon premier match au sommet en Belgique ", se souvient l'attaquant nigérian aux cheveux peroxydés. " Personnellement, j'ai été surpris par la grande liberté de man£uvre laissée à cette occasion par l'arrière-garde anderlechtoise. J'ai joué trois saisons en Grèce, à Ergotelis. Mais jamais, face à un ténor comme l'Olympiacos, l'AEK ou le Panathinaïkos, je n'avais pu m'exprimer aussi aisément sur le terrain. D'un bout à l'autre du match, le marquage aura été assez lâche sur moi. A titre de comparaison, j'ai plus souffert contre la défense du FC Brussels, quelques semaines plus tard, même si j'y ai profité d'un moment d'inattention pour inscrire un but sur une reprise automatique. Il n'empêche que cette fois-là, j'ai trouvé plus difficilement la parade que contre la défense anderlechtoise. Ce qui m'avait frappé aussi c'étaient quelques malentendus à l'arrière, faute de dialogue. Notre troisième but, résultat d'une absence de concertation entre les arrières centraux anderlechtois, en était une parfaite illustration. Il faut croire qu'ils n'étaient pas encore suffisamment rodés à ce moment ". Devant le Club Bruges (1-0), à l'occasion du sommet de la quatrième journée, le staff technique du RSCA s'était prononcé pour la première fois en faveur d'une arrière-garde à trois, avec Roland Juhasz et Olivier Deschacht entourant un nouveau venu : Nicolas Pareja, qui avait joué les dix dernières minutes, une semaine plus tôt, à Westerlo. Anthony Vanden Borre, lui, était intégré dans l'entrejeu avec Lucas Biglia, Yves Vanderhaeghe, Ahmed Hassan et Bart Goor. Cet entrejeu renforcé se justifiait, en ce sens que les Bleu et Noir n'alignaient que le seul Salou Ibrahim en pointe, soutenu précisément par cinq médians : Koen Daerden, Kevin Roelandts, Jonathan Blondel, Sven Vermant et Gaëtan Englebert. Après l'ouverture du score par Mémé Tchité, peu avant l'heure de jeu, Anderlecht passa alors du 3-5-2 au 5-3-2 (schéma 5), avec Vanden Borre et Goor comme backs. LE COMMENTAIRE " Frankie Vercauteren, qui n'avait sans doute pas été toujours heureux dans ses choix en matière de remplacements ou d'ajustements à effectuer, s'était révélé un maître tacticien ce soir-là ", souligne notre consultant pour la D1, Georges Heylens. " Lors du match précédent à domicile, contre le Germinal Beerschot, il avait été piégé en se prononçant en faveur d'une ligne médiane à trois composantes alors que les Anversois s'étaient présentés avec 5 joueurs dans ce secteur. Ce n'est que sur le tard, cette fois-là, qu'il avait fait reculer Hassan, titularisé au départ comme extérieur droit. Contre le Club Bruges, le coach du RSCA prit les bonnes décisions aux bons moments. Il est vrai que, derrière, il pouvait compter sur une fameuse clé de voûte en la personne du dernier arrivé des joueurs argentins. Bon en matière de placement, habile dans la relance et auteur d'un minimum de fautes sur l'adversaire, Pareja m'avait réellement tapé dans l'£il. Et il n'en était pas allé autrement au Real Madrid. La suite, toutefois, n'aura pas été du même tonneau : à Mouscron d'abord, il commit une faute inutile, loin du but, qui fut finalement synonyme d'égalisation pour les Hurlus. S'il se révéla précieux contre Lille en inscrivant le seul but du RSCA sur un coup de tête magistral, sa prestation à l'AEK Athènes fut déjà nettement moins autoritaire. Pour donner sa pleine mesure, le garçon doit être en possession de tous ses moyens. Il l'était manifestement au moment où il fut lancé dans le bain, après une longue période d'indisponibilité. Depuis lors, malheureusement pour lui, il a accumulé les bobos et autres pépins et ses prestations s'en sont ressenties ". Chez les Frontaliers, lors du cinquième match, Anderlecht avait déployé la même arrière-garde à trois que contre le Club Bruges. Mais à la faveur du premier match de Ligue des Champions contre Lille, il en revint à quatre composantes derrière. Avec une grosse surprise, malgré tout : la permutation entre Olivier Deschacht et Jelle Van Damme, le premier étant titularisé dans l'axe et l'autre déménageant sur le flanc. Une situation qui n'allait plus changer puisqu'elle fut reconduite en championnat contre Lokeren (2-0), Charleroi (1-1) et, avec pertes et fracas contre Genk (1-4). LE COMMENTAIRE " A priori, c'était une bonne initiative de Frankie Vercauteren, entendu que Deschacht, avec sa vitesse, était davantage susceptible de poser des problèmes à Peter Odemwingie que Van Damme, plus lent ", souligne l'ancien Sportingman Michel De Wolf, qui a évolué lui-même aux deux places sur le côté gauche au RSCA. " L'essai aurait même été tout à fait concluant s'il n'y avait pas eu le fâcheux contre-exemple contre Genk. A cette occasion, il faut bien l'avouer, Deschacht a commis une erreur de débutant face à Goran Ljubojevic en lui offrant le quatrième goal sur un plateau d'argent. Ce n'est pas permis à ce niveau et il faut bien admettre qu'Anderlecht n'est donc toujours pas sorti de l'auberge concernant ses postes à pourvoir en défense. Pourtant, je le répète, il y avait sûrement de l'idée dans le changement opéré par l'entraîneur. A mes yeux, en effet, Deschacht était un peu trop limité à gauche. S'il n'y a pas grand-chose à dire chez lui sur le plan strictement défensif, on peut quand même légitimement attendre, à son niveau, une certaine présence offensive également. Voilà des années que l'intéressé est conscient de son faible apport sur ce plan et qu'il promet de rectifier le tir. Entre-temps, pas grand-chose n'a bougé car sa participation au jeu reste anecdotique. Dans ce domaine-là, Van Damme m'avait davantage séduit durant ses premiers matches sur l'aile. Par après, malheureusement, il a fallu déchanter avec lui aussi. Contre Genk, notamment, toutes ses relances étaient abominables. J'en conclus donc que, face à un adversaire moyen (les trois-quarts des équipes en Belgique), le RSCA n'aura jamais trop de mouron à se faire avec ce duo à gauche. En revanche, dès que ça se corse, comme c'était le cas face aux Limbourgeois ou en Ligue des Champions, à l'AEK Athènes, le son de cloche est complètement différent. Pour moi, il y a trop de déchets chez chacun pour avoir tous ses apaisements avec eux ". A l'AEK Athènes, Anderlecht avait encore présenté une autre variante, en cours de jeu, avec une arrière-garde à cinq formée de Jonathan Legear, Anthony Vanden Borre, Nicolas Pareja, Olivier Deschacht et Jelle Van Damme. Le plus jeune, Legear, accuse à peine 19 printemps. Le plus ancien, Deschacht, en a 25. Entre les deux, on trouve Vanden Borre (18), Pareja (22) et Van Damme (23). De quoi présenter la défense la plus jeune en Ligue des Champions. Or, dans un passé somme toute récent, le manager des Mauves, Herman Van Holsbeeck, s'était ému de devoir batailler à cet échelon avec des novices qui s'appelaient à un moment donné Vanden Borre, Mark De Man, VincentKompany et Olivier Deschacht. Dans le même temps, l'AC Milan se reposait encore, lui, sur les vétérans Paolo Maldini et Alessandro Costacurta, pour ne citer qu'eux. Dès lors, la défense actuelle n'est-elle pas trop jeune et ne souffre-t-elle pas de l'absence de l'un ou l'autre routinier pour faire bonne figure en compétition européenne ? LE COMMENTAIRE Le dernier chevronné, Hannu Tihinen, parti à l'entre saison au FC Zurich, se veut indulgent : " D'accord, avec mes 29 ans au compteur j'avais sans doute plus d'expérience que les autres. Mais, pour autant, ceux qui composent l'arrière-garde actuellement ne sont pas des bleus non plus. Vanden Borre et Deschacht ont pas mal de rencontres de Coupe d'Europe à leur actif et Pareja s'est frotté aux meilleurs en Argentine. Ce n'est quand même pas rien. Pour moi, ce n'est pas tant un routinier qui fait défaut au Parc Astrid mais plutôt quelqu'un qui donne de la voix. Ce n'est pas une question d'âge car à 22 ans, je dictais déjà la marche à suivre à des coéquipiers plus âgés (il rit). Je pense aussi que la défense actuelle se doit de gagner en stabilité. Pendant des mois, j'ai évolué dans une arrière-garde avec le même trio à mes côtés : Vanden Borre, VincentKompany et Deschacht. Cette année, en raison à la fois des suspensions et des absences, le staff avait dû changer déjà à plusieurs reprises son fusil d'épaule. Dès qu'il y aura continuité, le Sporting reprendra du poil de la bête. Il ne faut pas oublier que l'année passée, au même stade de la saison, le RSCA n'en menait pas large non plus, en raison des nombreux changements au sein de l'équipe compte tenu du turnover. A l'époque, ce n'est qu'après avoir dégagé un onze de base qu'Anderlecht devint performant. Il ne devrait pas en aller autrement cette fois. Je reste convaincu que les Mauves disposent de tous les ingrédients, dans chacun de leur secteur, pour vivre une grande saison. A l'arrière, quelqu'un finira bien par s'affirmer tôt ou tard. Et pourquoi pas Juhasz, que je connais mieux que Pareja pour l'avoir eu à mes côtés pendant quelques mois. Dès qu'il maîtrisera un peu mieux la langue, je vois en lui un futur leader. Les qualités footballistiques, il les a. Je me souviendrai à jamais, à ce propos, de la réflexion de Kompany à son propos : - C'est pas possible, on a déniché ton clone. Et c'est vrai que le Magyar me fait irrésistiblement penser à moi au même âge. Le bagout en moins, peut-être. Mais ce n'est qu'une question de temps ". Nicolas Pareja et Jelle Van Damme tous deux blessés, c'est avec une défense inédite, car articulée pour la toute première fois de la saison autour du quatuor Anthony Vanden Borre- Roland Juhasz- Mark De Man- Olivier Deschacht que le Sporting a joué à Zulte Waregem. Par rapport à sa dernière sortie, contre le Racing Genk, une troisième modification était encore perceptible sur l'aire de jeu, sous la forme du retour au back gauche de Deschacht, qui avait été titularisé dans l'axe de la défense précédemment. Le tout non sans succès, puisque les Mauves se sont imposés 0-4 au stade Arc-en-ciel. LE COMMENTAIRE " Après Saint-Trond et Westerlo, c'est la troisième fois que nous empilons quatre buts en déplacement cette saison ", soulignait Frankie Vercauteren. " Mais contrairement à ce qui s'était passé au Staaienveld et au Kuipje, où nous avions concédé deux et trois buts, nous sommes parvenus à conserver nos filets intacts. C'est non seulement le mérite de la défense mais aussi du reste de l'équipe, qui a joué en bloc. Nous nous sommes créé une petite dizaine d'occasions, tout en n'offrant qu'un minimum d'opportunités à l'opposant. Jamais encore le contraste n'avait été aussi saisissant ces dernières semaines. C'est peut-être le signe que nous sommes dans le bon ". Avec une défense enfin stabilisée ? BRUNO GOVERS