La radio de service public a 75 ans. Aujourd'hui, elle est dotée d'une rédaction sportive structurée et performante mais il n'en a pas toujours été ainsi puisque l'inoubliable LucVarenne a longtemps tenu seul la barre.
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La radio de service public a 75 ans. Aujourd'hui, elle est dotée d'une rédaction sportive structurée et performante mais il n'en a pas toujours été ainsi puisque l'inoubliable LucVarenne a longtemps tenu seul la barre. " Les premiers reportages sportifs en radio datent pourtant d'avant l' INR ", rappelle Dominique Delhalle, qui tient chaque jour une chronique des 75 ans de la radio. " On était alors sur RadioBelgique, une initiative privée qui, en 1926, s'intéressa aux Six Jours de Bruxelles et donnait des bulletins d'informations sportives à l'initiative de ThéoFleischman, qui allait devenir le premier patron de l' INR. Le premier match de foot radiodiffusé le fut en 1927. C'était un Belgique-Angleterre au stade du Daring et le commentaire était assuré par AdrienMilecan, dont le petit-fils est aujourd'hui journaliste au Soir ". Luc Varenne est entré à l' INR à l'issue de la guerre. Dès 1947, il assure des reportages plus longs, comme la boxe ( MarcelCerdan- CyrilleDelannoy) ou le Tour de France. " Au début des années 50, il lance le quart d'heure du sport, avec CamilleFichefet ", poursuit Dominique Delhalle. " A partir de là, la radio a changé de ton : c'était plus convivial, on se tutoyait et les journalistes commençaient à se documenter sur des événements auxquels ils n'avaient pas nécessairement assisté ". Un premier grand tournant se négocie en 1957, avec l'apparition de directs foot dans l'émission Les 230 minutes de Jean-Claude Menessier. " On ne peut alors diffuser que la deuxième mi-temps d'un seul match et ne donner le score qu'à partir du coup d'envoi de celle-ci. Mais Luc a su s'y prendre. S'il disait : -Les Rouges rigolent deux fois plutôt qu'une, c'était que le Standard menait 2-0 ", sourit Dominique Delhalle. Jean Duriau, âgé de 63 ans et qui vient de quitter le service sportif, se souvient avec délectation de cette époque : " Même si le match était insipide, on pouvait faire confiance à Luc pour l'animer ". Progressivement, Varenne demande à des confrères de la presse écrite d'intervenir sur antenne en début de deuxième mi-temps et en fin de match pour raconter aussi ce qu'il se passe dans d'autres rencontres. Mais il faut attendre 1963 pour voir la rédaction sportive se structurer avec l'arrivée d'autres journalistes professionnels comme GeorgesMalfait, PhilippeVernet, Alain Vanden Abeele, Daniel Ginsburg et Jean Duriau. (P. Sintzen)P.Sintzen