1. Lichtensteinn'est pas incontournable

Une idée reçue est que tout joueur voulant signer à Anderlecht soit obligé d'entrer dans l'écurie de l'agent Jacques Lichtenstein, gendre du secrétaire général du club Philippe Collin.
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Une idée reçue est que tout joueur voulant signer à Anderlecht soit obligé d'entrer dans l'écurie de l'agent Jacques Lichtenstein, gendre du secrétaire général du club Philippe Collin. " C'est faux et les transferts de l'été le prouvent ", dit Herman Van Holsbeeck. " Nemanja Rnic est venu via Paul Courant. Arnold Kruiswijk a un agent hollandais. Kanu a un manager brésilien. Matias Suarez est guidé par le groupe avec lequel nous travaillons en Argentine. L'agent de Hernan Losada est son père. Dmitri Bulykin est un transfert de Jos Eerdekens. " Prêté la saison dernière à Roda, Roland Lamah y a crevé l'écran. Il est revenu cet été au Sporting puis a vite été vendu au Mans. Van Holsbeeck ne regrette rien : " Beaucoup de jeunes ont le même problème, ils exigent de jouer chaque semaine. On ne pouvait rien promettre à Lamah, alors il a voulu partir. Cela me fait mal quand un bon joueur part pour rien, comme Dieumerci Mbokani ou Vadis Odjidja. Pas quand nous encaissons 2,5 millions pour un Lamah que nous avions transféré de Visé pour peu d'argent et qui ne nous a pas coûté cher en salaire. " Anderlecht a été actif en janvier 2008 en faisant signer Thomas Chatelle, Guillaume Gillet, Sascha Iakovenko, Luigi Pieroni et Stanislav Vlcek. On a souvent entendu que le rétablissement de l'équipe s'expliquait par ces transferts. " Si on analyse leurs statistiques, ce n'est pas frappant ", dit Ariel Jacobs. " Le bon deuxième tour avait d'autres explications. Avant l'hiver, on disait que Jan Polak et Lucas Biglia ne savaient pas jouer ensemble. A partir de janvier, ils ont prouvé qu'ils étaient complémentaires. " L'exemple de Jan Polak confirme dans l'esprit de Van Holsbeeck qu'on ne fait pas le bilan d'un nouveau joueur après quelques semaines : " Pendant ses six premiers mois ici, il a été descendu par toute la presse. C'était le plus gros raté de l'histoire d'Anderlecht. Evidemment, il avait coûté 3,5 millions et on le voyait avec un autre regard qu'un joueur venu gratuitement. Aujourd'hui, tout le monde est unanime : le box-to-box que nous recherchions, c'est bien lui. Nous avons reçu des offres pour Polak cet été : nous aurions pu en tirer pour ainsi dire trois fois le montant qu'il nous a coûté. " Cheikhou Kouyaté n'a fait qu'un passage éclair par Anderlecht, cet été. A peine arrivé du Brussels, il partait à Courtrai. Sur la base d'une location sans option d'achat. Anderlecht pourra donc le récupérer en fin de saison. Silvio Proto a été prêté au Germinal Beerschot selon le même principe. Concrètement, le club qui hérite du joueur paye une location au club cédant tandis que le salaire est partagé : Proto est payé par le Beerschot et Anderlecht, Kouyaté est rémunéré par Courtrai et Anderlecht. " C'est quand un joueur part qu'on fait son vrai bilan définitif ", dit Van Holsbeeck. " On met tout dans la balance : ce qu'il a coûté à son arrivée, son salaire, son rendement sportif et ce qu'il rapporte à la vente. Par exemple, Nicolas Pareja a été une très bonne affaire. Nous l'avions payé 2 millions, il a été bon chez nous et il est parti à l'Espanyol pour 5 millions. " Imaginons des échecs pour Kruiswijk, Suarez, Rnic, Losada et Bulykin. Tous ces joueurs sont sous contrat pour au moins trois ans encore (cinq ans pour Suarez). Flops financiers en perspective ? " C'est un avantage de réussir à faire signer des contrats de longue durée ", estime Van Holsbeeck. " Quand on fait signer pour longtemps un joueur qu'on transfère gratuitement, on ne peut faire qu'une bonne affaire. Par contre, ce n'est pas automatique quand on a dû débourser deux ou trois millions. "Une bonne affaire ? Mais si les joueurs concernés ne jouent pas ? Le club doit payer sans utilité leur salaire pendant plusieurs années. " A partir du moment où le joueur a un certain statut, une situation pareille ne se prolonge pas éternellement. Un Rnic, qui est international, demandera à partir s'il n'est toujours pas titulaire dans cinq ou six mois. Idem pour Kruiswijk. "