Anderlecht-Mouscron : une affiche supposée de la septième journée. Avec un Sporting sans âme et un Excel sans culot... Au bout du compte, une petite victoire mauve (2-1) et pas mal de regrets chez les Hurlus. Qui se consolent en restant dans le haut du classement après sept matches. C'est la grosse surprise du début de saison.
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Anderlecht-Mouscron : une affiche supposée de la septième journée. Avec un Sporting sans âme et un Excel sans culot... Au bout du compte, une petite victoire mauve (2-1) et pas mal de regrets chez les Hurlus. Qui se consolent en restant dans le haut du classement après sept matches. C'est la grosse surprise du début de saison. C'était le retour à Bruxelles d'Enzo Scifo et de Walter Baseggio. Mais aussi d'un troisième homme : Christophe Lepoint (bientôt 24 ans), qui a fait toute sa formation au Sporting puis a frappé sans succès à la porte de l'équipe Première. Il a alors commencé un mini tour d'Europe : Munich 1860, Willem II, Gençlerbirligi, ensuite retour en Belgique, à Tubize. Et il est Mouscronnois depuis cet été. Christophe Lepoint : Quand j'analyse la prestation d'Anderlecht, je me dis que nous pouvions repartir avec quelque chose. Je m'attendais à beaucoup mieux de la part d'une équipe pareille. Qu'est-ce qu'elle a réussi contre nous ? Elle ne trouvait pas de solution face à notre bloc et il lui a fallu deux cadeaux pour nous mettre deux buts : une grosse erreur défensive puis un penalty discutable. A part ses deux buts, elle a eu peu de grosses occasions. Le Sporting a confirmé ce que nous en pensions : c'était le bon moment pour le prendre... En première mi-temps, nous avons été beaucoup trop gentils. Enzo Scifo a tapé du poing sur la table en rentrant au vestiaire, il savait qu'il était possible de faire un bon résultat. A 1-0, tout Mouscron y croyait toujours à fond. A 2-0, l'ambition était toujours là, mais c'était beaucoup plus compliqué. Au bout du compte, nous les avons quand même fait douter jusqu'à la dernière seconde en pressant haut et en gagnant beaucoup de duels. Mais, effectivement, il y avait mieux à faire dans ce match. Oui, et ça commence à bien faire. On nous a privés de trois penalties dans les trois derniers matches. Contre Westerlo, s'il n'y a pas un penalty flagrant sur Adnan Custovic, il n'y aura plus jamais de penalty. Contre Genk, c'est Chemcedine El Araichi qui se fait descendre mais on ne siffle rien. Il devait aussi y avoir une carte rouge pour Balazs Toth. Nous aurions alors joué toute la deuxième mi-temps à 11 contre 10 et le résultat aurait sans doute été différent. Et à Anderlecht, c'est contre moi qu'il y a une faute dans le rectangle. Mais toujours pas de penalty... Si l'arbitre punit une faute dans le rectangle de Jérémy Sapina, il doit aussi punir celle qui est commise contre moi. Cela fait plein de petits trucs à notre désavantage et c'est dur à avaler. Il ne faut pas tout remettre en question. Dans ces trois matches, il y avait aussi deux gros morceaux : Genk et Anderlecht. On n'a pratiquement pas vu Genk et Anderlecht ne nous a pas surclassés. Maintenant, nous allons avoir un calendrier plus cool : Roulers, Courtrai, le Cercle, Mons, Charleroi. Nous sommes dans le Top 5 après sept matches : c'est excellent. Depuis le premier jour, il y a une grosse envie de mettre les choses au point. C'est surtout la presse flamande qui ne croyait pas en nous. Mouscron allait inévitablement chuter en D2 avec Courtrai. Quand on regarde le classement aujourd'hui, il y a un gros décalage par rapport à ces pronostics, hein ! Non, certainement pas. Nous avons rigolé quand nous avons vu les prévisions avant le championnat, mais personne n'espérait le classement actuel. Des qualités footballistiques et une bande de copains qui ont un mental d'acier. Si nous conservons le même état d'esprit, la belle aventure continuera, c'est certain. Nous ne devons surtout pas commencer à planer, nous dire que nous sommes les meilleurs. Mais il ne faut pas non plus se sous-estimer. L'Excel doit se voir tel qu'il est. Et je préfère que les gens de l'extérieur et les adversaires nous voient comme une bête équipe de la D1. Un joueur de Genk a dit que Mouscron, c'était une bande de guignols : ça nous fait rire. Mais nous avons déjà dans un coin de notre tête le match du deuxième tour à Genk : nous leur montrerons qui sont les guignols. Chaque critique nous booste. Dès qu'il y a un article négatif dans un journal, Enzo Scifo le découpe et l'accroche dans le vestiaire. Il surligne les passages les plus forts. En début de saison, il y avait dans la pièce les pronostics de la presse flamande. Entre-temps, on les a enlevés. Ben oui, on sait que Mouscron ne descendra pas ! Il y a une révélation chaque année. Pourquoi pas nous ? S'il n'y a pas un gros grain de sable pour enrayer la machine, le Top 5 est dans nos cordes, c'est sûr. Anderlecht ne m'a jamais donné cette chance, alors j'ai dû la saisir avec un autre club. Je leur en veux toujours, oui. Je ne dis pas que j'étais le meilleur joueur de l'équipe Réserve, mais on aurait au moins pu me donner ma chance. Frankie Vercauteren venait voir les matches de la Réserve mais il ne croyait pas en moi. Je suis toujours étonné quand je vois la politique de ce club. Il forme des joueurs pendant de nombreuses années, il les garde jusqu'en Réserve, puis il fait venir des étrangers pour son équipe Première. Quel est le but de cette formation, alors ? Evidemment, il y a des exemples forts comme Vincent Kompany ou Anthony Vanden Borre, mais ce sont deux arbres qui cachent la forêt. Munich 1860 m'a repéré lors d'un Belgique-Allemagne en Espoirs. A ce moment-là, Anderlecht m'avait déjà fait comprendre que je pouvais m'en aller. Mais je ne suis pas parti en sifflotant car 12 saisons dans un club comme Anderlecht, ça laisse des traces. Pendant toute ma jeunesse, j'avais rêvé de devenir pro avec le Sporting. Mon frère y jouait aussi. Mon père y était délégué d'une équipe de jeunes. J'ai finalement dû attendre d'avoir presque 24 ans pour jouer sur cette pelouse, et c'était avec Mouscron. Je pense avoir prouvé dans ce match que j'avais le niveau de la D1. C'est ma satisfaction personnelle. Je n'ai pas de regrets. J'ai appris la vie en Bundesliga, j'ai fait des déplacements dans de très grands stades, j'ai connu le derby munichois. L'ombre, c'est relatif. Munich 1860 a presque autant de supporters que le Bayern. Nous jouions au stade olympique et il était presque plein à chacun de nos matches. Je retiens surtout de bons souvenirs. Il y a eu la chute en D2 qui n'était pas agréable, mais pour le reste, c'était très bien. Un gros : la finale de la Coupe contre le PSV. Nous l'avons perdue mais l'aventure avait été magnifique. Nous avions éliminé l'Ajax de demi-finale. Je n'ai pas beaucoup joué là-bas non plus mais je ne regrette pas l'expérience. Oui, mais j'y ai atteint mon but : retrouver du rythme et de la confiance. Ce club m'a permis d'être au top quand j'ai fait mon retour dans le foot belge, à Tubize. Je préfère jouer peu de matches dans de grands championnats qu'être titulaire chaque semaine avec la Réserve d'Anderlecht ! J'ai déjà joué un peu partout. Pendant ma formation, je ne faisais pour ainsi dire jamais deux saisons d'affilée à la même place. J'ai joué en défense, dans l'entrejeu, en attaque. J'étais défenseur central en Réserve à Anderlecht et en même temps attaquant en Espoirs. J'étais associé à Kevin Vandenbergh devant. Munich m'avait repéré lors d'un match contre l'Allemagne et je jouais à l'avant. J'ai donc été transféré là-bas comme attaquant. J'y suis devenu milieu défensif. Aux Pays-Bas, j'étais à nouveau attaquant. A Tubize, je jouais devant pendant ma première saison, puis j'ai reculé dans l'entrejeu. Et à Mouscron, je suis de nouveau considéré comme médian. C'est parfait, c'est là que je me plais. J'ai besoin de courir beaucoup. Oui, j'ai eu un petit problème avec Jean-François de Sart. C'était au moment où je quittais Munich. Il m'a convoqué pour un match amical. Mais je devais trouver un club. Il ne restait plus que quelques jours avant la clôture du mercato. J'ai été invité à Watford pour un test et j'ai décliné la sélection. Après cela, je n'ai plus jamais été appelé. C'est dommage. J'ai un peu regretté ma décision avec le recul, surtout que je n'ai pas signé à Watford. Nous avons joué notre premier match de championnat là-bas, et en quittant le stade, je me suis dit que cette équipe pouvait se sauver. Aujourd'hui... Je ne dis pas que plus personne n'y croit, mais... Tubize est monté au plus mauvais moment : c'est la première saison au bout de laquelle il y aura quatre descendants. Les transferts ont été faits assez tard, le stade est en chantier : ce sera vraiment très dur. Je parle encore parfois avec des supporters : ils n'acceptent pas qu'on ait gardé aussi peu de joueurs de l'équipe qui a forcé la D1. Entre l'euphorie du mois de juin et le défaitisme d'aujourd'hui, le contraste est terrible. Si Tubize avait gardé son entraîneur, son noyau et y avait ajouté deux ou trois bons renforts, son classement serait meilleur. On a cassé le jouet. Regardez Courtrai : la base de l'équipe de D2 est restée et ça se passe bien. Le classement de Courtrai n'est ni un miracle, ni un coup de bol : c'est le résultat de la continuité. Oui... J'avais fumé un joint, j'ai été contrôlé positif : une erreur de jeunesse. J'y pense encore souvent et j'ai plein de regrets. Cette histoire me poursuivra jusqu'à la fin de ma carrière. On revient avec ce truc lors de chaque interview. C'était à l'époque où je jouais aux Pays-Bas. En sortie avec des copains, j'ai dérapé. J'ai été contrôlé après le quart de finale de la Coupe. Je n'avais même pas joué ce match... Au moment du contrôle, j'étais stressé. Mais je préfère ne pas en parler. Oui parce que les résultats du contrôle n'ont été connus qu'après la finale. Je n'ai donc pas été pénalisé directement. Mais je l'ai quand même payé cher puisque Willem II n'a pas renouvelé mon contrat. Sans ça, j'aurais pu prolonger. Quand on a commis des conneries pareilles, on ouvre les yeux. J'ai pris quatre mois de suspension. J'ai demandé une contre-expertise pour la forme. Je n'avais aucune chance. On analysait les mêmes urines ! Je me suis entraîné avec de petites équipes. La direction n'en a pas tenu compte. Mais d'autres clubs l'avaient fait avant ma signature là-bas. Mes agents ont toujours été très honnêtes : quand un club s'intéressait à moi, ils disaient que j'avais eu un problème en Hollande. Et pas mal de portes se sont fermées à cause de ce joint. Peut-être. Les Turcs n'ont en tout cas pas tenu compte de mon passé en dehors du terrain. par pierre danvoye - photos: reporters/ gouverneur