belgique: Une commission d'éthique pour éteindre les débuts d'incendie

On l'a appris récemment de la voix de son président, Ivan De Witte, la Ligue pro va enfin mettre sur pied une commission d'éthique. Une nouvelle qui réjouit notamment notre chroniqueur Stéphane Pauwels qui n'a de cesse de clamer dans Studio 1 les mérites de son pendant français le CNE (Conseil national de l'Ethique)...
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On l'a appris récemment de la voix de son président, Ivan De Witte, la Ligue pro va enfin mettre sur pied une commission d'éthique. Une nouvelle qui réjouit notamment notre chroniqueur Stéphane Pauwels qui n'a de cesse de clamer dans Studio 1 les mérites de son pendant français le CNE (Conseil national de l'Ethique)... Si M. De Witte s'en défend, le dernier Clasico de la honte a certainement accéléré sa mise sur pied prévue début 2010, au plus tôt. Le football belge est-il à ce point dévasté de toutes parts que la création d'une commission d'éthique était devenue inévitable ? Concernant son image, pas de doute : difficile de tomber plus bas. Comme nous le rappelait avec une pincée d'humour un journaliste français : " Foot et Belgique ont été associés internationalement ces 15 dernières années grâce à l'arrêt Bosman et l'affaire Ye. Une commission d'éthique ? Je ne vois que l'aide de casques bleus pour rétablir votre situation... " Et puis, intramuros les suiveurs du foot belge ont été gâtés ces derniers temps : clashs entre directions, pétages de plombs suite à des décisions arbitrales, supporters surfant sur la vague communautaire, et bien sûr, le climax, l'incident Wasylewski- Witsel qui est parvenu à ouvrir la séquence " foot international " d'un programme de la télévision espagnole (qui n'a pas oublié de nous rappeler que Preud'homme était l'actuel entraîneur du Standard...) A l'étranger, ce n'est bien sûr pas toujours glorieux non plus. Ça se frotte aussi très facilement sur le terrain et les sorties hautes en couleurs de dirigeants ou entraîneurs sont légion. Ne parlons pas de l'arbitrage qui est toujours plus juste ailleurs. Toutefois, de l'avis de beaucoup, le fléchissement des valeurs a été enclenché depuis plusieurs années sur nos pelouses. La commission d'éthique va-t-elle pour autant aider à donner meilleure mine à notre foot ? La situation en France (voir à l'étranger) ne permet pas d'être de nature optimiste. De Witte est pourtant convaincu du contraire. " Je crois qu'une telle instance va aider à régler bon nombre de conflits entre les clubs. Quand il y a un litige sur un transfert, par exemple. Et cela n'a aucun lien avec l'affaire Van Damme ", précise-t-il. " Mais aussi par rapport aux comportements de tous les protagonistes, à savoir les joueurs, les entraîneurs, les relations entre dirigeants. Nous voulons que cette commission ait en premier lieu un rôle de médiateur, pour arriver à éteindre les débuts d'incendie entre les clubs. Si cela n'est pas suffisant, on passera aux sanctions. " De quel ordre ? " On n'ira pas jusqu'à un retrait de points à l'encontre des clubs, mais il sera question de sanctions financières. " L'idée de créer une commission d'éthique n'est pas nouvelle. En novembre 2008, on en parlait déjà avec insistance. " Il y a des problèmes qui doivent être réglés en interne ", disait déjà De Witte. " Je pense aux démêlés entre le Standard et JosVaessen (" Si les dirigeants liégeois viennent à la réception, je me mettrai une pince sur le nez ", avait lancé l'ex-président limbourgeois), voire le comportement des supporters de Genk à Tubize. " Qu'un an après ces déclarations, rien ne soit encore sorti de terre, il n'y a là rien d'anormal selon le président de la Ligue : " On voulait éviter toute précipitation pour ne pas connaître les mêmes déboires qu'a connus la France. Aujourd'hui, c'est beaucoup plus clair : cette commission sera présidée par un magistrat bilingue et entourée par un ou deux joueurs, des journalistes et des spécialistes de la question issus du milieu universitaire. "L'annulation du Clasico OM-PSG et les scènes de violence extrêmes qui ont suivi n'ont fait que pimenter encore un peu plus la rivalité historique entre les deux clubs. Le Clasico du 5 mars 2006 y a aussi grandement contribué. Ce jour-là, l'OM envoie son équipe réserve, l'équipe des Minots comme l'appela la presse, défier le PSG. Pape Diouf, alors président olympien, dénature ce sommet en guise de protestation face au manque de sécurité dont seraient victimes les supporters marseillais. Cette fois, le match se joue, et se termine par un affligeant 0-0, qui se transforme en affront pour les Parisiens. L'affaire fait un tollé et le CNE entre pour la première fois, médiatiquement, dans la danse. Son président, l'ex-star des Verts, Dominique Rocheteau " veut faire peur " et inflige le retrait du point gagné par les Marseillais et du point " perdu " par le PSG. Le CNE, créé en 2002, s'était vu octroyer depuis 2005 un pouvoir décisionnel envers tous les manquements, attitudes ou comportements publics de nature à nuire à l'image du football. Le hic, c'est que le retrait de point n'a pas lieu, la Commission supérieure d'Appel de la Fédération française annule la sanction. Le CNE vit son premier camouflet. " Cet organe a été créé par la Fédération et la Ligue pour participer à l'élaboration de la Charte d'Ethique du football. Dans les faits, le CNE n'a jamais eu grand-chose à dire ", explique Cherif Ghemmour, journaliste à So Foot et GQ. " C'est une sorte de gadget, un gadget noble à orientation éducative... ". Depuis le désaveu post-PSG-OM, le CNE a vu ses prérogatives renforcées : " Il est aujourd'hui doté d'une commission de première instance et d'une commission d'appel ", précise son président, Rocheteau. Reste que depuis quatre ans, date où le CNE a reçu un pouvoir décisionnel, les résultats sont maigres. Rocheteau allant jusqu'à déclarer dans France Football : " Nous avons la désagréable impression de ne servir en rien. " Dernier exemple marquant en date : le cas Antoine Kombouaré- Christian Gourcuff. Les deux coaches se chamaillent après Lorient-PSG. Kombouaré balance même : " Ce genre de mec mérite des claques dans la gueule. " Le CNE s'empare de l'affaire et sanctionne les deux entraîneurs d'une action pédagogique sur le rôle de l'éducateur dans la promotion et la défense des valeurs du football. Considérant défendre les valeurs du football, le père de Yoan Gourcuff refuse la sanction et préfère être suspendu pour une rencontre de championnat... Nouveau camouflet pour le CNE. À la question sur le manque d'autorité de sa commission, Rocheteau nous répond d'un ton agacé : " Vous savez, l'éthique c'est spécial, ce ne sont pas des cartons, c'est pas du concret... Notre rôle ne s'arrête pas au football professionnel, mais touche aussi le football amateur. On retrouve une commission d'éthique dans 20 régions. On organise également le challenge d'éthique. Le CNE dépasse le cadre punitif. "par thomas bricmontL'éthique, c'est spécial, ce ne sont pas des cartons, c'est pas du concret... (Dominique Rocheteau)