La Louvière a connu un léger coup d'arrêt, samedi. On devient exigeant avec les Loups depuis leur victoire en Coupe de Belgique, et un partage à domicile contre Charleroi s'assimile désormais à une contre-performance. Mais, au fond, l'équipe a-t-elle vraiment changé ? Si l'on souligne le jeu plus chatoyant qu'elle développe aujourd'hui, elle peut toujours s'appuyer sur une défense efficace, qui n'a pas encaissé le moindre but au cours de trois des quatre matches de championnat disputés jusqu'ici. Georges Arts et Thierry Siquet, qui ont 69 ans à deux mais sont toujours jeunes d'esprit et physiquement affûtés, n'y sont pas étrangers.
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La Louvière a connu un léger coup d'arrêt, samedi. On devient exigeant avec les Loups depuis leur victoire en Coupe de Belgique, et un partage à domicile contre Charleroi s'assimile désormais à une contre-performance. Mais, au fond, l'équipe a-t-elle vraiment changé ? Si l'on souligne le jeu plus chatoyant qu'elle développe aujourd'hui, elle peut toujours s'appuyer sur une défense efficace, qui n'a pas encaissé le moindre but au cours de trois des quatre matches de championnat disputés jusqu'ici. Georges Arts et Thierry Siquet, qui ont 69 ans à deux mais sont toujours jeunes d'esprit et physiquement affûtés, n'y sont pas étrangers. Arts : Beaucoup de bons souvenirs. Mais la vie continue. Et le point positif, c'est que sur le terrain, nous avons pu prolonger la spirale positive dans laquelle nous nous étions engagés. En ce début de saison, nous avons déjà réalisé un exploit à Bruges. J'espère que nous pourrons poursuivre dans cette voie. Arts : Oui, quoi qu'on en dise. La presse flamande, notamment, s'intéresse un peu plus à nous et les commentaires sont moins négatifs. Arts : Personne n'aime venir jouer à La Louvière. Moi, pas plus qu'un autre. Lorsqu'on pénètre dans les vestiaires, on est directement frappé par leur vétusté. Le local est exigu et il manque toujours quelque chose. Lorsque la lumière ne s'éteint pas, c'est l'eau des douches qui est froide. En prenant possession du terrain, le sourire ne revient pas sur les lèvres. La pelouse elle-même est généralement en bon état, mais la vue des gradins ne confère pas une folle envie de jouer au football en ces lieux. Arts : J'ai appris à m'en accommoder. Lorsque j'ai signé, j'ai surtout prêté attention aux ambitions sportives de l'équipe, beaucoup moins aux infrastructures. J'estimais que je pouvais évoluer dans une bonne équipe et les récents résultats m'ont conforté dans mon choix. J'espère que la victoire en Coupe de Belgique, et la participation à la Coupe de l'UEFA qui permettra de faire connaître le club à l'étranger, ouvriront de nouvelles perspectives, car je prédis un sombre avenir à La Louvière si le stade n'est pas rapidement modernisé. Arts : Les premières semaines avaient été difficiles. Au début, j'avais parfois le cafard à l'idée de devoir emprunter le long couloir froid qui mène au minuscule vestiaire. Ce n'est pas agréable. D'un autre côté, je dois reconnaître qu'on est bien soigné, que les équipements sont toujours prêts lorsqu'on arrive... et qu'on est payé tous les mois à heure et à temps ! Siquet : Il serait, c'est clair, plus agréable d'évoluer dans un stade ultramoderne sous les encouragements de 20.000 spectateurs, mais si j'ai entamé ma cinquième saison à La Louvière, cela signifie que j'ai trouvé d'autres satisfactions dans ce club. Je suis arrivé au Tivoli lorsque l'équipe évoluait encore en D2. J'ai directement connu les joies de la montée. Au niveau des infrastructures, peu de choses ont changé depuis lors, mais au niveau sportif, l'équipe a suivi une courbe ascendante. Et il est exact que, malgré les difficultés de trésorerie largement évoquées, les engagements pris à l'égard des joueurs ont toujours été respectés. Par les temps qui courent, c'est un élément non négligeable. Georges a évoqué les commentaires dans les journaux flamands. Je les lis peu, je ne peux donc pas me prononcer à ce sujet. Par contre, j'ai constaté que, dans la presse francophone, le coach fédéral Aimé Anthuenis a parlé en bien des Loups. D'autres entraîneurs lui ont emboîté le pas. Je crois que, depuis un certain temps, c'est surtout dans le milieu que la considération est plus grande à notre égard. Dans le grand public, ce n'est peut-être pas encore aussi évident. Siquet : Les résultats obtenus la saison dernière peuvent donner cette impression. Nous avons été très performants hors de nos bases, alors qu'à domicile, nous éprouvions de grosses difficultés à imposer notre jeu. Nous affrontions souvent des équipes prudentes, qui nous laissaient l'initiative. Or, nous n'étions pas capables de prendre le jeu à notre compte. Siquet : Les deux, probablement. Les coaches adverses insistent souvent sur la bonne organisation de La Louvière. Ils se plaignent parfois, également, de notre dispositif plus défensif, mais c'était surtout le cas la saison dernière. Car, cette année, il paraît que nous évoluons d'une manière beaucoup plus offensive. Pourtant, l'organisation est restée pratiquement identique. Il y a simplement eu quelques changements de position sur le terrain. Siquet : Effectivement. Nous évoluons désormais à quatre derrière, au lieu d'aligner deux stoppeurs et un libero. Mais le dispositif avec quatre défenseurs avait déjà été appliqué la saison dernière, en l'une ou l'autre occasion. La grosse différence, désormais, c'est qu'Ariel Jacobs a opté pour un système de jeu spécifique dès le début de la préparation, et s'y tient en toutes circonstances. Nous ne nous adaptons plus au jeu de l'adversaire. Cette saison, nous avons évolué de la même manière à Bruges et à domicile contre Heusden-Zolder. Siquet : N'exagérons rien. La Louvière est et restera une équipe modeste. Simplement, nous essayons de profiter des qualités qui sont les nôtres. Nous avons, notamment, beaucoup de vitesse sur les flancs. Le dispositif en 4-3-3 nous permet d'exploiter cette vitesse. Derrière, il y a un homme en moins, mais le leitmotiv pour toute l'équipe reste l'organisation. En perte de balle, chacun est tenu de respecter sa position et d'apporter sa pierre au travail de récupération. Y compris les attaquants. Arts : Je crois que la victoire en Coupe de Belgique nous a apporté un énorme capital confiance. Chacun est désormais conscient de ses qualités et ose prendre plus d'initiatives. Personnellement, je préfère évoluer dans une défense à quatre en ligne. C'est ainsi que j'évoluais autrefois à Alost. Ce système permet d'avoir un homme en plus dans l'entrejeu. Le 4-3-3 devient un 4-5-1 en perte de balle. Pour l'instant, ce système de jeu porte ses fruits. Alors, pourquoi en changer ? C'est d'ailleurs une facilité pour les joueurs également : on ne perd pas ses repères. Lorsqu'on a un blessé ou un suspendu, rien n'est modifié. Seul le nom change. Arts : En fait, nous nous parlons peu, Thierry et moi. Parfois, il faut avertir son partenaire de la position d'un adversaire, mais pour le reste nous sentons intuitivement ce que l'autre va faire. C'est sans doute une question d'expérience : Thierry compte près de 400 matches de D1 à son actif, ce n'est plus un jeune joueur qu'il faut constamment guider. Notre entente mutuelle ne peut que s'améliorer au fil des matches, si nous gardons le même système de jeu. Siquet : Ce n'est pas difficile de s'entendre avec un joueur comme Georges. Il possède de grandes qualités, qui ont été découvertes sur le tard mais qui sautent aux yeux. Il est physiquement impressionnant et a un très bon placement. Il possède aussi de grandes qualités techniques. Supérieures aux miennes, en tout cas. D'ailleurs, il adore jouer au mini-foot et, dans sa jeunesse, il a longtemps évolué en milieu de terrain. Je ne comprends pas pourquoi il n'a pas effectué ses débuts plus tôt en D1. Arts : J'ai eu, à deux reprises, la possibilité de sauter le pas. Notamment lorsque j'avais 18 ans et que je jouais à Lede. Alost m'avait déjà contacté, mais l'arrêt Bosman n'avait pas encore été prononcé et mon club d'origine réclamait une somme de transfert jugée exagérée. Finalement, des années plus tard, j'ai tout de même pris la direction du stade Pierre Cornelis. C'est vrai, je n'ai pas toujours évolué comme défenseur. Je suis descendu d'un cran un peu par hasard. J'étais même le meilleur buteur de l'équipe lors des matches amicaux d'avant saison. Dix jours avant le début du championnat, trois défenseurs se sont blessés. L'entraîneur Barry Hulshoff m'a demandé si je voulais évoluer dans l'arrière-garde. C'était totalement inédit pour moi, mais cela m'a plutôt bien réussi. Siquet : Georges a 34 ans et j'en aurai bientôt 35. Mais qui dit âge, dit expérience. L'expérience, on peut aussi l'acquérir dans les divisions inférieures. Georges le démontre. Lorsqu'on rencontre des attaquants plus rapides que nous, on joue sur notre métier. On soigne notre placement et on anticipe. On démarre une fraction de seconde avant l'adversaire, pour arriver à l'heure. Nous essayons de jouer avec nos qualités, pas avec nos défauts. C'est, sans doute, notre principale force. Siquet : C'est vrai qu'il nous facilite la tâche. Son rôle est important, mais celui des arrières latéraux ou même des joueurs à vocation offensive, qui se repositionnent en perte de balle, l'est tout autant. Arts : Avec Daniel Camus et Maamar Mamouni, nous possédons non seulement deux joueurs qui excellent dans le travail de récupération, mais également deux très bons footballeurs. Notre reconversion offensive s'en trouve facilitée. Ce n'est pas un hasard si nous jouons mieux au football et si nous marquons plus de buts. Les défenseur trouvent en eux un relais intéressant en milieu de terrain et ne sont plus obligés de balancer de longs ballons vers l'avant. Nous pouvons amorcer les phases de construction de manière plus méthodique. Et puis, une autre force, c'est que nous avons désormais deux joueurs pour chaque place. Siquet : Aussi longtemps que l'entraîneur effectue ses choix honnêtement, et je ne vois pas pourquoi ce ne serait pas le cas, il n'y aura pas de problème. Notre groupe est réceptif et il n'y a pas de caractères difficiles. Arts : Je connais bien Sammy Van den Bossche, nous effectuons tous les jours la route ensemble. C'est vrai qu'il était déçu de ne pas avoir pu participer à la Supercoupe. Il regrettait surtout qu'à cause de cela, il était un peu à court de rythme lorsqu'il avait reçu une nouvelle chance à Westerlo, son ancien club, lors de la première journée de championnat : il n'avait plus joué de matches pour revenir. Mais il travaillera pour revenir. L'un des atouts d'Ariel Jacobs, c'est qu'il parle avec tout le monde, pas uniquement avec deux ou trois joueurs qu'il considère comme les leaders. Il ne laisse personne sur le côté et c'est important pour la solidarité. Il est parvenu à former un véritable groupe, alors qu'il a dû travailler dans des conditions difficiles à son arrivée. Il faut se souvenir qu'il n'avait pas été accueilli à bras ouverts par tout le monde, notamment par une partie du public qui l'avait sifflé lors de son premier match. Malgré cela, il est toujours resté fidèle à ses principes et a continué à défendre ses idées, envers et contre tout. En outre, il défend toujours ses joueurs. Il les protège contre les commentaires négatifs du monde extérieur et contre les critiques de la presse. Je ne peux qu'être admiratif face à un tel comportement. " Personne n'aime jouer à La Louvière " (Georges Arts)