En 2001, on bat l'Ecosse 2-0 puis on va perdre en Croatie. Tu n'es pas superstitieux ?

Daniel Van Buyten : Pas du tout. Je pourrais alors comparer avec ce qu'on nous avait dit en mai avant la finale de la Ligue des Champions contre Dortmund : pour certaines personnes, ça ne servait à rien de la jouer puisqu'on avait perdu les deux précédentes contre l'Inter et Chelsea, et on dit quand même : -Jamais deux sans trois ! La loi des séries, ce n'est pas pour moi. Je pense toujours positif ! Tu te crées ton destin. Il aurait fallu faire match nul ou perdre en Ecosse pour avoir de meilleures chances contre la Croatie, sous prétexte qu'il y a ce précédent de 2001 ? Non, on a fait le boulot à Glasgow et on ira en Croatie pour jouer notr...

Daniel Van Buyten : Pas du tout. Je pourrais alors comparer avec ce qu'on nous avait dit en mai avant la finale de la Ligue des Champions contre Dortmund : pour certaines personnes, ça ne servait à rien de la jouer puisqu'on avait perdu les deux précédentes contre l'Inter et Chelsea, et on dit quand même : -Jamais deux sans trois ! La loi des séries, ce n'est pas pour moi. Je pense toujours positif ! Tu te crées ton destin. Il aurait fallu faire match nul ou perdre en Ecosse pour avoir de meilleures chances contre la Croatie, sous prétexte qu'il y a ce précédent de 2001 ? Non, on a fait le boulot à Glasgow et on ira en Croatie pour jouer notre jeu et prendre le max. On sait qu'on a beaucoup de qualités, qu'on peut leur faire mal et qu'ils nous craignent. On ne se cachera pas, tout en sachant qu'ils ont une super équipe qui est venue prendre un point à Bruxelles. Et même si ça ne se passe pas bien, il nous restera un deuxième joker, contre le Pays de Galles, chez nous. On montre tellement de constance que je n'imagine pas deux défaites. N'importe quel professionnel sait qu'un avenir ne se joue pas sur un match, encore moins sur une action. Pep Guardiola le sait, évidemment. Ce n'est pas à lui qu'il faut expliquer que ça peut arriver à tout le monde, comme une exclusion ou un penalty raté. Avant ce match, il y avait eu ma préparation, qui avait été très bonne. Et en dehors de cet own-goal, j'ai fait un tout bon match. Guardiola était hyper content de ma prestation. (Il réfléchit). Je crois que c'était le premier but que je marquais contre mon camp depuis que je suis professionnel ! Oui, on en parle encore mais c'est normal puisqu'il a tout gagné. La saison passée, c'est vrai qu'on a tous évité le sujet Guardiola. Tous les journalistes nous questionnaient sur lui, je ne dis pas qu'on en a eu marre mais on ressentait ça comme un manque de respect par rapport à Heynckes. On était en course sur trois fronts et les gens voulaient nous faire parler de notre futur entraîneur. On s'est dit : -Stop, il ne faut pas se disperser, on peut tout gagner mais on peut aussi passer à côté de nos trois objectifs et ce serait alors une saison pourrie. Au départ, on ne pensait pas à ça, on visait seulement un trophée de plus. Mais plus ce match approchait, plus les médias parlaient de revanche. Ce n'était plus simplement un Bayern - Chelsea, on en faisait un duel Guardiola - Mourinho et tout ça. Ce match a pris des proportions incroyables, il est devenu aussi important qu'une finale de Ligue des Champions. Et c'est vrai que ça a fait plaisir aux anciens de l'équipe de mettre les choses au point. Toute ma vie, je resterai dégoûté par notre finale contre Chelsea. On a une trentaine d'occasions, il n'en ont qu'une par mi-temps mais ils gagnent. A 36 ans, je suis encore dans un des meilleurs clubs du monde. Rien que sur ça, je crois que je mets tout le monde d'accord. Et ce que Guardiola a dit sur moi avant l'été, c'est énorme. Il a déclaré qu'un Van Buyten comme celui qu'il avait vu la saison passée, il ne pouvait pas s'en passer. Pour lui, il était hors de question que je parte. La direction me l'a dit, puis Guardiola me l'a répété les yeux dans les yeux. Ce nouveau contrat n'a rien d'un cadeau. PAR PIERRE DANVOYE