Pour la troisième fois d'affilée sous la conduite d' ArielJacobs, le RSCA a loupé sa qualification pour la phase des groupes de la Ligue des Champions. Si courber l'échine face à Lyon entrait dans une certaine logique l'an passé, une élimination par les Biélorusses de BATE Borisov en 2008 et par le Partizan Belgrade maintenant, fait désordre.
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Pour la troisième fois d'affilée sous la conduite d' ArielJacobs, le RSCA a loupé sa qualification pour la phase des groupes de la Ligue des Champions. Si courber l'échine face à Lyon entrait dans une certaine logique l'an passé, une élimination par les Biélorusses de BATE Borisov en 2008 et par le Partizan Belgrade maintenant, fait désordre. La faute à pas de chance, tout simplement ? Ce serait faire peu de cas des manquements qu'affichent toujours les Mauve et Blanc aujourd'hui. Un club qui joue gros dès l'été doit se donner les moyens de ses ambitions. A cet égard, le Sporting n'a manifestement pas retenu les leçons du passé. Il y a deux ans, face à Borisov, les Mauves avaient payé un lourd tribut à l'inexpérience de deux nouveaux venus, Kanu et Matias Suarez, qui avaient encore tout à découvrir à l'échelon européen. Cette fois, c'était pire encore, en ce sens qu'aucun transfuge du récent mercato ne figurait dans le 11 de base face au Partizan. Du quatuor Pablo Chavarria, Pier Barrios, Sacha Kljestan et Jan Lecjaks, seul ce dernier était sur la feuille de match. Côté réservistes sur le banc, Anderlecht ne baignait pas dans l'opulence. En matière de routiniers, il n'y avait là que les seuls Nemanja Rnic, qui ne décolle pas du banc depuis son arrivée en 08, et Victor Bernardez, doublure aussi dans la sélection la plus faible de la défunte Coupe du Monde, le Honduras. Pour le reste, on dénombrait encore Kanu, qui n'a toujours pas fait son trou, Jonathan Legear, éternel blessé, et encore un jeune Tchèque, Lukas Marecek. Le tout aux côtés d'un Michaël Cordier, gardien sans la moindre planche européenne. Au niveau des titulaires, c'était limite aussi avec un Lucas Biglia tout juste remis d'une blessure à l'épaule, un JanPolak annoncé à Galatasaray voici un mois à peine, et un Romelu Lukaku tout juste revenu dans le parcours après une blessure au genou. Mais Lukaku n'a pas de solution de rechange dans le noyau, vu que Tom De Sutter est forfait lui aussi en raison de tracas à la cheville. En haut lieu, au RSCA, on se faisait fort, toutefois, d'être paré avec Chavarria. Le match à Lokeren, répétition générale avant le retour face aux Serbes, a toutefois prouvé que le jeune Argentin était encore loin d'avoir trouvé ses marques. A l'image de Barrios et de Kljestan, il n'avait d'ailleurs pas trouvé grâce aux yeux de l'entraîneur, Ariel Jacobs, et dut se contenter d'une place en tribune. Sur la scène européenne tout au moins où, en l'espace de trois ans, il n'a pas réussi une seule fois à propulser ses ouailles en poules de la Ligue des Champions. Ce qui représente tout de même une perte d'une quarantaine de millions dans les caisses du club, excusez du peu. Bien sûr il n'est pas responsable des loupés lors de la séance des tirs au but et ce n'est pas sa faute si d'autres ont été des plus discrets devant un adversaire qui n'avait pourtant rien d'un foudre de guerre. Ce qu'on peut lui reprocher, cependant, c'est une tactique par trop frileuse en début de match, qui a permis à l'opposant de s'enhardir, une absence de changements lors des extra-time, alors que des gars comme Biglia et Polak étaient sur les genoux, et un replacement trop tardif dans l'axe de Mbark Boussoufa, quasi invisible pendant la première heure de jeu sur son aile gauche. Si cet ajustement était intervenu plus tôt, Anderlecht aurait eu sans doute cause gagnée. Petite cause, grand effet ! L'année passée, face à Lyon, il n'y avait pas grand-chose à redire à propos du coach, dans la mesure où l'équipe d'en face était trop forte. Un an auparavant, devant les Biélorusses, la seule chose qu'on pouvait vraiment lui reprocher était de ne pas avoir frappé du poing sur la table pour obtenir des renforts offensifs. Poser des revendications n'est pas, il est vrai, dans la nature du Diegemois, qui se contente toujours de ce qu'il a sous la main, même s'il est parfaitement conscient des manquements de son noyau. Cette attitude explique, en partie, pourquoi il est toujours bien en selle aujourd'hui, trois ans et demi après son investiture, ce qui n'est pas rien au Parc Astrid. Une Coupe de Belgique en 2008, un titre de champion et une campagne européenne de choix en 2010, 73 victoires en 101 matches de championnat en Belgique, pour 15 nuls et 13 défaites seulement, il n'y a pas de quoi lui jeter la pierre. A une exception près, peut-être : les test-matches contre le Standard en 2009. Là aussi, dans l'exercice périlleux du " ça passe ou ça casse ", il avait dû s'avouer vaincu. Avec, à nouveau, une perte de quelques millions à la clé puisque les Rouches étaient assurés du même coup d'une place dans le parterre des grands de la CL. La saison passée, Anderlecht pouvait tabler en championnat sur l'arrière-garde la plus intransigeante avec 29 buts encaissés en 39 matches, soit une moyenne de 0,7. Au total, le gardien Silvio Proto était également parvenu à garder à 19 reprises le zéro au marquoir. Des chiffres qui contrastaient toutefois singulièrement avec ceux relevés en coupes d'Europe où le Sporting avait pris 22 buts en 14 confrontations, autrement dit un average d'1,5. C'est révélateur du décalage d'une compétition à l'autre, puisqu'on passe tout bonnement du simple ou double. Les Mauves en ont une fois de plus fait l'amer constat en ce début de saison, puisqu'ils ont concédé davantage de buts face aux Gallois de The New Saints et du Partizan qu'en quatre rencontres de championnat. A ce niveau la défense aura en tout cas payé cher les errances de ses plus jeunes composantes, Lecjaks et son compatriote Ondrej Mazuch. Le premier, aligné dans la capitale serbe, a donné un fameux coup de pouce au Partizan en scorant un own-goal de toute beauté. Le deuxième s'est complètement planté dans son rôle de garde-chiourme face à Cleo, le seul homme qu'il fallait vraiment tenir dans les rangs offensifs du Partizan et qui a réussi la gageure d'inscrire trois buts sur l'ensemble des deux matches. Au RSCA, d'aucuns ont beau se gausser en remarquant qu'avec Lukas Marecek en sus, le club possède en son sein près du tiers des joueurs évoluant parmi les... Espoirs de Tchéquie, il ne faut quand même pas oublier qu'il en va là de footballeurs de moins de 21 ans, qui ont encore tout à apprendre. La preuve par le plus ancien de cette jeune bande, Mazuch, qui s'était déjà complètement blousé sur une balle en retrait face à Lyon, au Parc Astrid, en 2009-10 et qui n'aura pas été à l'abri de tout reproche non plus ce coup-ci. Il n'est pas le seul, au demeurant, dans ce cas. Sur les ailes, Olivier Deschacht et Guillaume Gillet n'ont pas été intransigeants non plus, loin s'en faut. Le Liégeois a paraphé deux belles réalisations suite à des jaillissements dont il a le secret mais il se fait encore prendre trop facilement dans le dos. Quant à Roland Juhasz, il est probablement plus précieux aussi dans un rôle offensif, comme il l'a démontré en signant le but de l'égalisation à l'aller, que dans un registre de patron de l'arrière-garde. Quand tout va vite, au ras du sol, le Magyar est souvent aux abonnés absents. Deux joueurs, en particulier, sont passés complètement à côté de leur match face au Partizan : Boussoufa et Cheikhou Kouyaté. Hasard ou non, il en allait là des deux joueurs qui observent le ramadan. A l'aller ils avaient encore l'excuse d'être en voyage et ne devaient donc pas respecter le jeûne. Une exception mise à profit par le médian sénégalais d'ailleurs, comme il l'avait expliqué dans nos colonnes. Pour le retour, cette excuse ne valait pas et il fallait donc se plier aux règles d'usage. Si les joueurs concernés avouent souvent puiser des forces dans ce respect, on ne peut se départir de l'impression qu'ils ne sont plus les mêmes sur le terrain, malgré tout. Le hasard aura voulu que cette période d'abstinence tombe très mal cette année, car située en plein été. Se sustenter avant l'aube et ne plus rien avaler jusqu'au coucher du soleil, soit pendant seize heures, ce n'est pas vraiment l'idéal pour un sportif. Si le propre d'un champion est de répondre présent lors des grands rendez-vous, peu de Sportingmen méritent cette étiquette. Il est symptomatique de constater que ce sont trois des Anderlechtois généralement les mieux cotés, lisez Matias Suarez, Biglia et Boussoufa qui ont complètement loupé la conversion de leur tir au but. Trois tirs non cadrés alors que tous les joueurs du Partizan ont botté leur essai entre les perches, voilà qui laisse complètement pantois. Sans égal en Belgique Bous n'en finit décidément pas d'alterner le bon et le moins bon en Europe. En verve face à l'Ajax, Bilbao et Hambourg, des adversaires d'un tout autre calibre que Borisov ou le Partizan, il devrait logiquement survoler les débats contre ce genre d'opposition. Mais il bafouille toujours son foot à ces moments-là. Sans cette constance, il est exclu de le voir briller à un niveau supérieur. L'Argentin, lui aussi, a une production en dents de scie. La saison passée il donnait l'impression d'avoir franchi un cap en se montrant plus incisif par ses évolutions dix mètres plus haut. Devant les Serbes, toutefois, on a revu le joueur qui usait et abusait de passes latérales en venant quémander le ballon à hauteur de sa défense. A sa décharge, il est vrai que personne dans l'arrière-garde ne parvient à sortir une balle décemment. Une tare que l'on relève depuis des années au Parc Astrid mais à laquelle on n'a pas encore remédié après tout ce temps. par bruno goversPoser des revendications n'est pas dans la nature de Jacobs même s'il est conscient des manquements de son noyau.