Comme Besnik Hasi, tu as joué à Anderlecht de 2000 à 2006. Il est aujourd'hui T1 là-bas, tu es toujours T2 à Courtrai. Pourquoi vous n'avez pas fait la même progression ?

C'est un métier dans lequel il faut aussi avoir de la chance, en faisant par exemple les bonnes rencontres aux bons moments. Hasi a travaillé avec Ariel Jacobs à Lokeren, c'est ça qui lui a permis de retourner à Anderlecht comme adjoint. Je peux aussi citer plusieurs gars qui sont loin d'avoir le même palmarès que le mien et qui ont reçu très vite une chance comme T1 en première division. Ça peut être une question d'opportunités. Mais je ne m'en fais pas. Comme joueur, j'ai longtemps dû attendre la reconnaissance. Ce sera peut-être la même chose en tant qu'entraîneur.
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C'est un métier dans lequel il faut aussi avoir de la chance, en faisant par exemple les bonnes rencontres aux bons moments. Hasi a travaillé avec Ariel Jacobs à Lokeren, c'est ça qui lui a permis de retourner à Anderlecht comme adjoint. Je peux aussi citer plusieurs gars qui sont loin d'avoir le même palmarès que le mien et qui ont reçu très vite une chance comme T1 en première division. Ça peut être une question d'opportunités. Mais je ne m'en fais pas. Comme joueur, j'ai longtemps dû attendre la reconnaissance. Ce sera peut-être la même chose en tant qu'entraîneur. Milivojevic est un joueur qui casse le foot de l'équipe d'en face, qui dérègle son jeu. Mais on ne peut pas lui demander de faire lui-même le jeu d'Anderlecht. Il a besoin, près de lui, d'un coéquipier capable de le faire. Biglia couplait tout ça, il était extrêmement complet. J'ai joué quelques mois avec lui, ça sautait aux yeux. Il avait tout : il arrêtait les attaques adverses, il récupérait un maximum de ballons, il était toujours disponible, il se mettait à la manoeuvre, il améliorait le rendement de plusieurs coéquipiers. Ce n'est donc pas étonnant qu'il laisse un vide énorme. Il y a deux façons de voir les choses. On peut dire que le classement en fin de saison ne ment pas, que Courtrai est à sa place. On peut aussi s'intéresser à un paquet de faits de matches qui ne nous ont pas avantagés. Contre Anderlecht, on mène 2-0 à un quart d'heure de la fin mais on se fait remonter, c'est impardonnable. Idem contre le Lierse, on met trois buts mais on en encaisse quatre. Contre Mons, la moins bonne équipe du championnat, on perd chez nous, ça ne peut pas arriver. Contre Waasland Beveren, on rate un penalty et on a un but valable qui est annulé. Pour Courtrai, ça a été la saison du gaspi. On a pris plus de points que Gand contre les meilleures équipes, ça veut quand même dire qu'on a fait un parcours intéressant. Je suis depuis suffisamment longtemps dans le milieu pour savoir la valeur qu'il faut donner aux spéculations de la presse. Un jour, il sera contacté par une très bonne équipe, c'est la seule certitude que j'ai pour le moment. Ça n'a pas marché pour lui à Genk mais je suis au courant de toute l'histoire, il m'a tout expliqué dans les détails. Il avait besoin de quelques mois pour mettre son système en place, on ne lui en a pas laissé le temps. Il a été victime de la fougue d'un jeune président qui a suivi l'opinion publique et ses supporters. Je n'hésite pas une seconde : Simons et Defour. A quoi Nainggolan pourrait-il servir à la Coupe du Monde ? On dit que si Simons y va, il ne jouera pas. Mais Nainggolan non plus. Alors, autant prendre un type exceptionnel qui a participé à toute la campagne, et peu importe qu'il ait été sur le terrain ou sur le banc. Le choix de Defour ne se discute pas non plus : il a été appelé pendant toutes les éliminatoires et il a même marqué à un moment hyper important. PAR PIERRE DANVOYE