On avait dit que contre la Colombie, le Japon et la Côte d'Ivoire, les résultats des Diables seraient moins importants que la manière. Mais les résultats ne sont pas bons et la manière a laissé à désirer. Ce n'est pas inquiétant ?

Je n'ai pas d'inquiétude. On peut tirer des enseignements intéressants et rassurants du nul contre la Côte-d'Ivoire. Je suis sûr que Marc Wilmots voit encore plus clair au niveau de sa sélection. Parfois, il y a des absents qui font une meilleure opération que ceux qui sont sur le terrain... On a vu que les changements faits en cours de match avaient bousillé la coordination et la complémentarité. Notre défense a été aussi brouillonne en deuxième mi-temps que celle des Ivoiriens en première ! On a ainsi des révélations par l'absurde. Un Daniel Van Buyten a prouvé toute son utilité, quand il était sur la pelouse puis quand il n'y était plus... Un match pareil nous rapp...

Je n'ai pas d'inquiétude. On peut tirer des enseignements intéressants et rassurants du nul contre la Côte-d'Ivoire. Je suis sûr que Marc Wilmots voit encore plus clair au niveau de sa sélection. Parfois, il y a des absents qui font une meilleure opération que ceux qui sont sur le terrain... On a vu que les changements faits en cours de match avaient bousillé la coordination et la complémentarité. Notre défense a été aussi brouillonne en deuxième mi-temps que celle des Ivoiriens en première ! On a ainsi des révélations par l'absurde. Un Daniel Van Buyten a prouvé toute son utilité, quand il était sur la pelouse puis quand il n'y était plus... Un match pareil nous rappelle aussi qu'un Guillaume Gillet peut toujours être utile, et qu'importe s'il ne joue plus en défense avec Anderlecht. C'est certain. Un classement pareil est tellement inattendu qu'on se complaît en le lisant. C'est si agréable. Le foot international nous envie, on se laisse griser, et donc, au bout du compte, on se voit trop beau, il y en a qui décollent. C'est humain, inévitable. C'est aussi dû au fait qu'on parle maintenant énormément de ce ranking alors qu'après la Coupe du Monde 2002, quand la Belgique était seizième, on s'y attardait à peine. Il faut savoir prendre du recul, Marc Wilmots y arrive. Lui, il ne tombe pas dans l'autosatisfaction. Malgré cela, on continue à lui chercher des poux dans la presse flamande. C'est incroyable, comme si les résultats réussis depuis deux ans ne comptaient pas. Le ridicule ne tue pas, on en a une nouvelle illustration. C'est une question à déguster... Oui, c'est le pire aspect de ce job. Sélectionner, c'est éliminer et décevoir. Pour moi, c'était une torture de devoir faire ma liste définitive. J'ai quelques sales souvenirs. Je pense par exemple à Philippe Clement, qui avait joué une bonne partie des matches avant le Mondial 2002. Il s'est blessé à la cuisse quelques jours avant la remise de la liste des 23. Le médecin de la Fédération ne pouvait pas me garantir à 100 % qu'il guérirait vite. Finalement, je n'ai pas pris le risque de l'emmener. Un moment dramatique, une image que je garderai toute ma vie, mais Clement a été d'une dignité rare. Il y a sans doute un risque, oui. Mais même si Wilmots pense à ces conséquences éventuelles, je sais que ça ne changera rien pour lui. Ce n'est pas son style de se laisser presser par des médias qui ont l'impression de pouvoir influencer l'homme qui tient les clés du football belge... Qu'on lui laisse le temps de trancher. Je conseillerais aux journalistes de ne pas trop tartiner là-dessus. Il faut limiter les contacts. Jusqu'à preuve du contraire, c'est toujours le staff technique qui a autorité sur les joueurs. Je suis encore persuadé que nous avions le bon équilibre au Japon. Le staff était disponible pour la presse tous les jours, en plus de deux joueurs, et certains autres internationaux pouvaient être questionnés de façon plus informelle dans la tente d'un sponsor. S'il y a trop d'échanges, si on autorise un nombre illimité de journalistes, ça peut devenir un problème. Les joueurs sont de mieux en mieux formés aux obligations médiatiques mais il y aura toujours l'un ou l'autre gaffeur, ou un gars malintentionné, un frustré qui ne digérera pas de ne pas avoir joué le dernier match et se lâchera. La Fédération a la possibilité de contrôler tout cela. PAR PIERRE DANVOYE