Ça fait quoi de jouer dans un club qui en est à son quatrième entraîneur en moins d'un an ?

Gand a eu trois coaches la saison dernière, on en est au deuxième dans ce championnat, ça fait un peu bizarre. De là à ce que les joueurs commencent à parler des implications financières de tous ces changements pour la direction, non. Nous n'avons pas trop le temps de penser à tout ça. Tout est allé très vite. Le lundi matin, on apprenait que Victor Fernandez était viré. Quelques heures plus tard, on avait un nouvel entraîneur, Mircea Rednic. Il faut vite s'adapter, commencer à travailler comme le nouveau coach le demande, tourner la page directement. C'est le foot.
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Gand a eu trois coaches la saison dernière, on en est au deuxième dans ce championnat, ça fait un peu bizarre. De là à ce que les joueurs commencent à parler des implications financières de tous ces changements pour la direction, non. Nous n'avons pas trop le temps de penser à tout ça. Tout est allé très vite. Le lundi matin, on apprenait que Victor Fernandez était viré. Quelques heures plus tard, on avait un nouvel entraîneur, Mircea Rednic. Il faut vite s'adapter, commencer à travailler comme le nouveau coach le demande, tourner la page directement. C'est le foot. Pour Rednic, ce ne sera pas simple. Il doit transmettre un nouveau style, appliquer un nouveau code de discipline, mettre d'autres accents, tout cela en pleine saison. C'est toujours plus simple quand un entraîneur peut expliquer sa vision avec une période de préparation pleine. Il doit aussi ramener un élément qui a complètement disparu chez nous : la confiance. Absolument. Chez moi en tout cas. Je ne dis pas que les joueurs le plaignent, passent leur temps à disséquer sur ce qu'il vit depuis qu'il a dû reprendre l'avion pour l'Espagne, mais on se sent responsables, c'est clair. Et concernés par ce qui lui arrive. On sait que si La Gantoise jouait actuellement la tête du classement, il serait toujours sur le bateau avec nous. Dans ma carrière, j'ai connu une seule situation où notre entraîneur avait lui-même décidé de partir : quand Frankie Vercauteren avait quitté Genk pour le Golfe. Il avait une opportunité exceptionnelle, les joueurs comprenaient. Quand ton coach est viré, tu réagis autrement. On sait que Fernandez n'est pas le grand responsable du début de saison compliqué. Les joueurs doivent accepter de se remettre en question. C'est d'autant plus dommage que le groupe avait un bon feeling avec lui. Le courant passait bien. Il a beaucoup de charisme, il a exigé du respect en arrivant et il l'a obtenu, en utilisant peu de mots. La communication n'était pas facile, à cause de la barrière de la langue, mais ça se passait quand même bien. Maintenant, je ne dis pas que son C4 nous a énormément surpris. Les médias en parlaient de plus en plus, de semaine en semaine. Ce n'est pas chouette ! La direction a finalement tranché parce qu'elle estimait sans doute que c'était la seule décision possible. Quand je suis arrivé en janvier, les dirigeants ont avoué qu'ils n'avaient pas assez investi dans l'équipe. Ils ont corrigé le tir et ça nous a permis de faire une bonne fin de saison. Cet été, ils ont vendu Pelé Mboyo : la saison passée, il a eu un pied dans 80 ou 90 % de nos buts ! Son départ est une des explications essentielles de nos difficultés actuelles. Des renforts sont arrivés mais il faut encore trouver l'alchimie. Et, oui, je préfère avoir une belle équipe qu'un beau stade, même si j'avoue que c'est très agréable de jouer toutes les deux semaines dans un bâtiment magnifique où les adversaires n'ont la chance de se produire qu'une ou deux fois par an ! Je ressens un manque, je ne le cache pas. J'aimerais rejouer en Coupe d'Europe, c'est avec Gand que je devrai le faire, on travaille pour ça, il faut d'abord se redresser pour se remettre dans la course pour les play-offs 1. Mais je n'ai pas de regrets, et pas de jalousie. Genk, c'est derrière moi. Il était temps pour moi de partir, mon histoire là-bas était terminée, je me félicite toujours d'être venu à Gand. C'était un choix bien réfléchi. Je ne rate pas une minute des matches de Genk en Europa League et je suis resté un grand supporter. PAR PIERRE DANVOYE