Onur Kaya est à Lokeren, tu es à Gand : qui va maintenant construire du jeu pour Charleroi ?

Charleroi a fait un tout bon transfert entrant : Enes Saglik va exploser, j'en suis persuadé. Je ne sais pas pourquoi il n'a pas joué avec Lokeren, mais moi, je connais le Saglik d'Eupen et il a du foot dans les pieds. Il peut être le nouveau meneur de jeu, et avec ses qualités spécifiques, il a le profil pour le jeu que vise Felice Mazzu. Il y a un autre joueur que j'attends à un haut niveau : Neeskens Kebano. Il a connu des hauts et des bas jusqu'à présent, mais c'est normal pour quelqu'un qui en est à sa première saison à un haut niveau. Maintenant, il est tout à fait prêt.
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Charleroi a fait un tout bon transfert entrant : Enes Saglik va exploser, j'en suis persuadé. Je ne sais pas pourquoi il n'a pas joué avec Lokeren, mais moi, je connais le Saglik d'Eupen et il a du foot dans les pieds. Il peut être le nouveau meneur de jeu, et avec ses qualités spécifiques, il a le profil pour le jeu que vise Felice Mazzu. Il y a un autre joueur que j'attends à un haut niveau : Neeskens Kebano. Il a connu des hauts et des bas jusqu'à présent, mais c'est normal pour quelqu'un qui en est à sa première saison à un haut niveau. Maintenant, il est tout à fait prêt. Je ne suis vraiment pas inquiet pour eux. Le maintien n'est pas encore mathématique mais il ne manque plus beaucoup de points pour que tout le monde soit rassuré, ça pourrait être fait à la fin de ce mois. Evidemment, je lis et j'écoute, je suis conscient que mon départ et celui de Kaya provoquent des grosses vagues à Charleroi. Sur les réseaux sociaux, des supporters se déchaînent. Qu'ils n'aient pas peur, surtout. Le coach est hyper pro et a l'art de trouver vite des nouvelles solutions. Il m'a par exemple complètement libéré quand il m'a déplacé du flanc vers l'axe. Et le vestiaire est sain, positif. Le public de Charleroi s'est déjà inquiété en décembre, quand le départ de Kaya a été annoncé. La suite ? On a gagné 0-3 à Genk. Sans lui. Me produire dans un beau stade très bien rempli, j'en rêve depuis que je joue au foot. Mais je n'y ai jamais eu droit. Ce n'était pas le cas avant mon arrivée en Belgique, idem à Eupen puis à Charleroi. Aujourd'hui, je me retrouve dans le plus beau stade du pays, je sens que ça va faire une grande différence par rapport à tout ce que j'ai déjà connu. Mais je suis très tranquille par rapport à ça. Si 15.000 ou 20.000 personnes nous poussent tous les quinze jours, ça ne me mettra pas la pression. L'angoisse, je ne l'aurai que si tous ces gens-là commencent à nous siffler... C'est vrai que ces dernières années, ça a beaucoup tourné dans ce club. Maintenant que le stade est terminé, on sent qu'il y a une envie qui dépasse toutes les autres priorités : retrouver le top 6. Et donc, Gand dégage beaucoup de moyens financiers. On sait que ça va être compliqué de jouer les play-offs cette saison mais le club s'accroche à des raisons d'y croire, comme le fait que Genk ne soit pas bien depuis un bon moment et vienne encore de prendre un coup sur la tête en se faisant éliminer de la Coupe de Belgique. Ça pourrait être un concurrent direct pour une qualification en play-offs, on a donc le droit de regarder ce qui ne marche pas chez lui ! Je prends un autre exemple : en demi-finale, on va affronter un Zulte Waregem qui perd ses meilleurs joueurs alors que Gand s'est renforcé. Là aussi, on prend un avantage psychologique. Euh... C'est vrai qu'un million pour moi, à mon âge, ça peut étonner. Moi-même, je suis fort surpris. Il est peu probable que Gand me revende un jour en faisant un bénéfice, évidemment. Mais cette somme a deux grandes explications. Quand j'ai évoqué un départ avec les dirigeants de Charleroi, ils ne voulaient pas en entendre parler. Directement, ça a fait monter le prix. De l'autre côté, Gand avait besoin tout de suite d'un joueur ayant exactement mon profil, capable de faire mal depuis l'axe. Ils ont déboursé parce qu'ils sont convaincus que je peux leur apporter ce que j'ai donné à Charleroi. Maintenant, ce fameux million ne me stresse pas. Qu'un Gareth Bale soit sous pression parce qu'il a coûté 100 millions au Real, je peux le comprendre. Moi, c'est quand même un peu moins ! PAR PIERRE DANVOYE