ANALYSE: HANS CORNELIS

Ce fut une année difficile, avec beaucoup de blessés, moi y compris. J'ai été trois mois sur la touche. A peine intégré, vous vous blessez et vous recommencez à zéro. Dans ces conditions, former une équipe a été difficile. Les jeunes ont été mis sous pression. Ils se sont bien débrouillés grâce à leur talent. Des leaders comme Daerden et Claessens nous ont manqué, comme on l'a vu contre Litex. Des joueurs plus chevronnés auraient réveillé le feu de l'équipe.
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Ce fut une année difficile, avec beaucoup de blessés, moi y compris. J'ai été trois mois sur la touche. A peine intégré, vous vous blessez et vous recommencez à zéro. Dans ces conditions, former une équipe a été difficile. Les jeunes ont été mis sous pression. Ils se sont bien débrouillés grâce à leur talent. Des leaders comme Daerden et Claessens nous ont manqué, comme on l'a vu contre Litex. Des joueurs plus chevronnés auraient réveillé le feu de l'équipe. Quand même. Cela nous a trotté dans la tête. Nous étions dans les meilleures conditions et nous avons perdu. Nous avons raté quatre matches de Coupe d'Europe. C'est dur à avaler pour nous comme pour le club, qui comptait sur ces joutes financièrement. C'est exact mais pourquoi ? Parce que tous les nouveaux se sont blessés et pas seulement eux. Les résultats ont été mauvais au début du premier tour, surtout en déplacement, et à domicile, notre football n'était pas non plus ce qu'il devait. Notre bagage nous permet normalement de bien jouer. Faute d'expérience, nous n'avons pas toujours su contrôler nos matches. Il y avait une nette amélioration lors des quatre ou cinq dernières rencontres mais l'ensemble de la saison a été décevant.Moons a connu des hauts et des bas, parfois au sein d'un même match. Ce n'est pas inhabituel. Il a gardé l'équipe dans le match à des moments cruciaux mais a été nonchalant à d'autres. Plusieurs gaffes ont coûté des points à Genk. La plupart des défenseurs ont été longuement indisponibles. Le jeune Verdonck a émergé de nulle part au second tour et a obtenu un contrat professionnel. Le retour de l'expérimenté Claessens a accru l'incertitude. Il a encore un contrat d'un an mais ses meilleurs jours sont révolus. Suite au forfait d' Oliseh, Soley a avancé au poste de médian défensif. Il a tout pour y briller hormis une tête claire. Il prend trop de risques. La vitesse des flancs et les infiltrations axiales ont été les atouts offensifs de Genk. Après le mauvais début de championnat, Broos a opté pour un système fixe avec un avant-centre et des médians qui s'infiltrent. Vandenbergh et Stojanovic ont été les victimes de ce choix, Peeters devenant le numéro un de l'attaque jusqu'à sa blessure. Le système a fonctionné. Peeters entre au jeu contre le Germinal Beerschot et égalise dès sa première touche de balle (2-2). Il s'occasionne une blessure musculaire en fêtant son but et doit être remplacé. Un des moments gag de la saison. Genk réalise un match nul contre le Club (2-2). Un des meilleurs matches de la saison. Genk prend l'avantage grâce à un but contre son camp du Cercle mais est incapable de s'imposer (1-1). Ce nul coûte cher et est symptomatique d'une saison décevante en déplacement. H ugo Broos sait très bien que dans l'ensemble, son équipe n'a pas développé un bon football. Comme excuse, il invoque les nombreuses blessures qui l'ont obligé à remanier sans arrêter l'équipe. L'absence de KoenDaerden a fait particulièrement mal. Cette vague de blessures a aussi ses avantages : maints jeunes talents ont eu leur chance et l'ont saisie. C'est le principal mérite de Broos : même quand les joueurs chevronnés étaient de retour, il a maintenu les jeunes dans l'équipe ( Verdonck au détriment de Soley, Pocognoli à la place de Vandooren, Defour au lieu d' Engelaar). Il ne l'a pas fait pour faire plaisir au président mais par conviction. Constat négatif : son équipe n'a jamais battu une formation du top trois L'espoir de la Belgique en ces jours sombres. Il n'a que 18 ans mais est déjà mûr. Malgré un contrecoup logique, il s'est maintenu dans l'équipe au second tour aussi. Il semble cependant n'avoir pas de prise sur son entourage en-dehors du terrain. En octobre, il a exclu un départ mais il le souhaite maintenant. Il voulait redevenir lui-même mais il était vidé. Sunday Oliseh n'a plus été en mesure de suivre le rythme, de se motiver et a décidé de mettre fin à sa carrière. Il a refusé toute compensation financière et est parti en grand seigneur. Avec une moyenne de 22.200 spectateurs, le Racing fait aussi bien que la saison passée. La vente des abonnements est en légère baisse mais cette perte a été compensée, surtout grâce à de nombreuses actions avec des écoles et des clubs de football de la région. Genk va rénover complètement le bâtiment principal. A plus long terme, il aménagera une cafétéria de 2.500 mètres carrés dans la tribune. Le départ du directeur technique Ariel Jacobs crée un vide important. Peu de progrès après les plaintes suscitées par le football peu attrayant de René Vandereycken. Le club continue à rembourser ses emprunts pour le stade mais ses dettes ont diminué. La formation des jeunes et la collaboration avec l'école de sport de haut niveau pèsent lourd sur le budget. Bob Peeters, Hans Cornelis et Gonzague Vandooren ont été longtemps blessés. En bonne santé, les deux premiers avaient leur place dans l'équipe. Sunday Oliseh a mis fin lui-même à son contrat. JAN HAUSPIE