Ronaldinho est là ! ! Quoi ? Qui ? Non ! ! Oui ? ! ? Mercredi après-midi. Les jeunes Luxembourgeois sont fous de joie. Les réseaux sociaux font leur travail. En un rien de temps, la Coque, une salle de sport située sur le plateau de Kirchberg, est en émoi. Les jeunes courent partout, smartphone en mains. Il est ici. Non, là. Filles et garçons courent comme des poulets sans tête. On croirait voir un match de préminimes, qui cherchent tous le ballon, sauf qu'ici la balle est invisible. C'est un phénomène d'hystérie collective.
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Ronaldinho est là ! ! Quoi ? Qui ? Non ! ! Oui ? ! ? Mercredi après-midi. Les jeunes Luxembourgeois sont fous de joie. Les réseaux sociaux font leur travail. En un rien de temps, la Coque, une salle de sport située sur le plateau de Kirchberg, est en émoi. Les jeunes courent partout, smartphone en mains. Il est ici. Non, là. Filles et garçons courent comme des poulets sans tête. On croirait voir un match de préminimes, qui cherchent tous le ballon, sauf qu'ici la balle est invisible. C'est un phénomène d'hystérie collective. Les Hongrois font la promotion du Teqball (regardez une vidéo pour avoir une idée de ce que donne le football sur une table) en utilisant des vedettes. Depuis le Luxembourg, car la table a été conçue grâce à la technologie (et à l'argent) du Grand-Duché. Roby Langers, le seul professionnel luxembourgeois de haut niveau avec Guy Hellers il y a deux décennies, est leur ambassadeur. De temps à autre, il reçoit la visite d'un grand nom. Il y a quatre mois, c'était Lothar Matthäus, maintenant c'est Ronaldinho : double Joueur FIFA de l'Année, double champion avec le Barça, qui a entamé avec lui la révolution Pep Guardiola, il y a dix ans, mais aussi lauréat de la Champions League et champion du monde avec le Brésil. C'est aussi lui qui a permis à Lionel Messi d'inscrire son premier but en Espagne, qui a conseillé l'Argentin à ses débuts avant de lui céder sa place et de lui offrir son numéro dix. S'il regrette une chose, c'est de n'avoir pas joué davantage avec Messi. Ronaldinho : " On était voisins et amis. Je m'entendais très bien avec sa famille. Au club, tout le monde parlait de son talent. Nous l'avons remarqué directement. " Aujourd'hui, les jeunes Luxembourgeois devront se contenter d'un lointain salut de l'artiste brésilien. Derrière une paroi de verre. Ceux qui peuvent pénétrer dans la salle ne s'intéressent pas le moins du monde au produit présenté. Même pas ses promoteurs, apparemment. Tout le monde veut un autographe et un selfie, même le gardien de l'équipe nationale du Luxembourg, Jonathan Joubert. Il est en tenue de travail car quand il ne défend pas la cage du Luxembourg ou de Dudelange, il gagne sa vie dans la grande salle de sport. Joubert a 37 ans mais quand il est le dernier à poser avec le Brésilien, il contient difficilement ses larmes. Quelques journalistes luxembourgeois sont choqués par ce chaos. " Une fête gâchée ", titre Le Quotidien le lendemain. " (K)Ein Besuch für die Ewigkeit" , titre le Luxemburger Wort. Une fête pour rien, une visite sans valeur durable... L'effervescence ne semble pas déranger Ronaldinho. Il connaît les inconvénients du piédestal sur lequel les grands footballeurs sont placés, même au terme de leur carrière. Celui qui ne les accepte pas reste chez lui et refuse tous les jobs d'homme-sandwich. Celui qui accepte les euros s'en accommode. Pelé, Ronaldo, Maradona, Ronaldinho... Ils ont acquis une telle dimension qu'il leur est impossible de mettre un pied dehors sans être reconnus. Nous ne savons pas combien Teqball les paie, pas plus que ce que Barcelone lui verse en sa qualité d'ambassadeur du club, mais il doit y avoir plusieurs zéros au montant. Intérêt garanti, même si le produit semble en pâtir, cette fois-ci. " Ne préférerait-il pas jouer avec des copains sur la plage ? ", s'interroge Hubert, du Quotidien. Toute la famille plus des amis se sont organisés au sein de l'entreprise Ronaldinho. Il faut faire marcher le commerce. C'est pour ça qu'il n'est toujours pas officiellement retraité, malgré ses 36 ans. Selon son frère Roberto, la porte reste ouverte mais Ronaldinho n'a pas honoré ses deux dernières années de contrat. Il a renoncé à son bail mexicain de deux ans au bout d'une saison et à celui à Fluminense après deux mois. Il préfère s'en aller si le cadre ne lui convient pas. Ne regrette-t-il donc rien ? " Je suis très heureux, je m'occupe d'autres choses ", rit-il. " Je partage mon temps entre la plage et le football, comme je l'ai fait toute ma vie. " Après la présentation, nous avons droit à un aparté. Ronaldinho, un bandana noir autour du crâne, a gardé sa veste. Il joue avec son téléphone mais il le met vite de côté quand il réalise que les questions ne concernent pas Messi, Ronaldo ni le Barça. Peut-il donner cinq conseils aux jeunes footballeurs ? Il est surpris, un brin effrayé puis il sourit. PAR PETER T'KINT AU LUXEMBOURG - PHOTO GETTY