Rien de bien neuf au Mambourg : les Zèbres encaissent toujours aussi peu mais ne marquent toujours pas. Pas étonnant, dès lors, que leur bilan chiffré soit identique à celui d'il y a un an : 2 petits points sur 15. Le goal-average, toutefois, est très différent de ce qu'il était en septembre 2002 : 5-13 à l'époque, 0-4 aujourd'hui. Si ce bilan défensif se confirme, le Sporting pourra viser l'Europe. Malheureusement, si la disette offensive perdure (déjà 450 minutes sans marquer un seul but), ce sera un ticket pour la D2 en mai prochain... Il y a un an, Etienne Delangre commençait doucement à se sentir menacé. Dante Brogno doit-il à son tour s'inquiéter ? Sans doute pas. Les premiers limogeages d'entraîneurs surviendront bientôt. Dans le bas du classement, il y a quelques équipes qu'on attendait bien mieux classées, et il ne fait aucun doute que leurs dirigeants commencent à scruter le marché de...

Rien de bien neuf au Mambourg : les Zèbres encaissent toujours aussi peu mais ne marquent toujours pas. Pas étonnant, dès lors, que leur bilan chiffré soit identique à celui d'il y a un an : 2 petits points sur 15. Le goal-average, toutefois, est très différent de ce qu'il était en septembre 2002 : 5-13 à l'époque, 0-4 aujourd'hui. Si ce bilan défensif se confirme, le Sporting pourra viser l'Europe. Malheureusement, si la disette offensive perdure (déjà 450 minutes sans marquer un seul but), ce sera un ticket pour la D2 en mai prochain... Il y a un an, Etienne Delangre commençait doucement à se sentir menacé. Dante Brogno doit-il à son tour s'inquiéter ? Sans doute pas. Les premiers limogeages d'entraîneurs surviendront bientôt. Dans le bas du classement, il y a quelques équipes qu'on attendait bien mieux classées, et il ne fait aucun doute que leurs dirigeants commencent à scruter le marché des coaches réservistes. Mais, à Charleroi, on n'a pas l'impression que Brogno est sur un siège éjectable. Abbas Bayat est un fin stratège et l'a déjà prouvé plus d'une fois. En annonçant un nouveau soutien financier qui a éloigné le spectre de la faillite, il s'est totalement réconcilié avec les supporters. Or, il sait qu'envoyer un C4 à l'enfant du pays lui vaudrait à nouveau quelques sérieux mouvements de protestation dans le kop. Le match à domicile contre l'Antwerp (0-1) fut à l'image de tout le début de saison carolo : une défense solide mais piégée sur une erreur individuelle, et une ligne d'attaque trop peu sollicitée pour avoir de vraies chances de faire tourner le marquoir. C'est le verre à moitié plein, ou à moitié vide. Dante Brogno préfère l'approche positive. " La construction d'une bonne équipe commence par l'érection d'une bonne défense ", rappelle-t-il. " La nôtre n'est pas mal du tout. J'ai deux excellents gardiens et un vrai bastion défensif. Les premiers problèmes apparaissent dans le milieu du jeu : mes médians font de bonnes choses, mais ils n'apportent pas encore ce que j'attends d'eux. L'explication de nos problèmes offensifs commence là. Et, devant, tout le monde sait ce qu'il nous manque ". L'attaque de Charleroi, c'est Olufade, Di Gregorio, Traoré et Gilson. Soit deux joueurs qui ont prouvé leurs qualités de buteur dans le passé mais ne les ont pas encore étalées au Sporting, et deux attaquants parfaitement inconnus qui doivent encore tout apprendre du foot européen. Traoré, arrivé au début de cette semaine, doit digérer la transition entre la Guinée et la Belgique. Gilson, lui, a déjà joué quelques matches mais il vient à peine de quitter le Brésil et les critiques s'abattent sur lui. " Des joueurs comme Olufade et Di Gregorio ne pourront certainement pas me reprocher de ne pas leur offrir assez de crédit ", signale Brogno. " Ils reçoivent beaucoup de temps de jeu et c'est à eux, et à eux seuls, de me prouver qu'ils savent encore marquer des buts. La situation de Traoré et Gilson est différente : nous les considérions comme des paris sur l'avenir. Je ne m'attendais pas à devoir les lancer dans la bagarre dès maintenant. Mais la pauvreté de notre effectif offensif m'oblige à accélérer le processus ". Brogno considère ce début de saison comme un vaste chantier. Il est donc satisfait des fondations : les progrès de sa défense. " C'est incontestablement le gros point positif par rapport à la saison dernière. Si la ligne médiane et l'attaque se mettaient au même niveau, la maison serait belle... Mais j'ai comme l'impression qu'il manque deux tuiles sur le toit et que cela fiche tout en l'air parce que la pluie et le vent s'y engouffrent gaiement. C'est râlant de voir tout un édifice s'effondrer quand l'ossature est aussi intéressante. Jusqu'à 30 mètres du but adverse, je trouve que tout se passe très bien. Une fois à cette hauteur, c'est très différent ". Lors des tout premiers matches de la saison, les Zèbres alternaient le bon et le moins bon au fil des minutes. A l'époque, on pouvait mettre ce manque de constance sur le compte des problèmes extrasportifs qui surgissaient peut-être dans certaines têtes en cours de match. Aujourd'hui, cette excuse ne tient toutefois plus la route. Dante Brogno reconnaît qu'il attendait que les joueurs se libèrent dès l'annonce, par le président, de la fin des soucis financiers : " Abbas Bayat a posé un geste fort qui a rassuré tous les employés du club. Je pensais que cela allait suffire pour que tout le groupe ne se concentre plus que sur le football. Je constate malheureusement que ce n'est toujours pas le cas ". Le coach est-il inquiet ? La réponse fuse : " Oui ! " " Il manque deux tuiles à la maison : c'est suffisant pour que le vent et la pluie s'y engouffrent " (Dante Brogno)