" Le Soulier d'Or me fut décerné la deuxième fois pour l'année 1969 ", raconte Wilfried Van Moer dans un livre qui lui a été consacré par Charles Baete et Vic Vermeir en 1972 ( Wilfried Van Moer, Numéro 8, publié par les Editions De Schorpioen). " J'étais non seulement stupéfait, mais aussi quelque peu gêné et contrarié. J'estimais qu...

" Le Soulier d'Or me fut décerné la deuxième fois pour l'année 1969 ", raconte Wilfried Van Moer dans un livre qui lui a été consacré par Charles Baete et Vic Vermeir en 1972 ( Wilfried Van Moer, Numéro 8, publié par les Editions De Schorpioen). " J'étais non seulement stupéfait, mais aussi quelque peu gêné et contrarié. J'estimais que Nicolas Dewalque était plus méritant que moi et je lui avais conseillé de préparer le champagne. Et pourtant, je sortis vainqueur de la compétition avec une avance de 46 points sur mon camarade, avec lequel je partage la chambre lors de nos déplacements avec le Standard ou des retraites avec l'équipe nationale. " Déçu, Dewalque déclara qu'un défenseur n'est pas bien placé pour attirer l'attention et se faire décerner le trophée. Le lauréat fut inconsolable... Anita, sa femme, eut toutes les peines du monde à le convaincre qu'il n'avait rien à se reprocher. Le troisième était feu Jean Dockx, alors Racing White. Quarante ans plus tard, Wilfried Van Moer n'a pas changé d'avis : " Nico était au sommet de son art, grâce à un style qui fit de lui un libero de grande classe. Il méritait ce Soulier d'Or. Moi, je n'évoluais au Standard que depuis un an et demi. Et j'avais la chance de faire partie d'une très grande équipe avec les Christian Piot, Jacky Beurlet, Léon Jeck, Nico, Louis Pilot, Léon Semmeling, Erwin Kostedde, Milan Galic, etc. Il était quand même plus facile de se mettre en évidence avec eux qu'à l'Antwerp où j'ai décroché mon premier Soulier d'Or en 1966 devant Raoul Lambert du Club Bruges et Yves Baré du FC Liégeois. " En 1970, Van Moer précédait Piot et Dockx. " Avant, le Soulier d'Or était un choix plus sportif, plus spécialisé. A l'heure actuelle, la médiatisation fait qu'on ne retient pas que le talent du joueur : l'élection est plus people. Je préférais l'ambiance feutrée d'autrefois. A mon avis, on devrait assister cette fois à un sprint très serré entre Milan Jovanovic, Mbark Boussoufa et Romelu Lukaku. Jovanovic, mon favori, mériterait de gagner mais il devrait payer, au profit de Boussoufa, le mauvais classement du Standard en championnat. "