En 2014, après 48 matches de poules qui ont pu rendre fous ceux qui les dévoraient in extenso, restaient donc 16 matches à élimination directe. La moitié avait nécessité des prolongations et 4 de ces 8 prolongations s'étaient terminées par les tirs au but, ...tout ça après 4 fois 30' de jeu supplémentaire sans avoir scoré !
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En 2014, après 48 matches de poules qui ont pu rendre fous ceux qui les dévoraient in extenso, restaient donc 16 matches à élimination directe. La moitié avait nécessité des prolongations et 4 de ces 8 prolongations s'étaient terminées par les tirs au but, ...tout ça après 4 fois 30' de jeu supplémentaire sans avoir scoré ! Les tirs au but ne m'émeuvent plus, j'en ai trop vu, c'est du suspense mais pas du foot, du bonheur/malheur tiré au sort, une atrocité pour le " rateur " décisif... Était-ce donc pour me faire plaisir qu'IFAB et FIFA avaient cette fois autorisé un 4e remplaçant à partir des prolongations : une force vive qui boosterait ce temps supplémentaire, gommant l'exténuement des acteurs et l'endormissement des téléspectateurs ? Bof. Bémol : je scribouille ceci à l'issue des quarts, soit après seulement 12 de ces 16 matches, vu que je file en vacances demain, y'a pas que Foot Mag dans ma vie, je vais me faire voir chez les Grecs et j'y verrai Belgique-France ! Mais ces 12 matches me semblent suffisants pour disserter déjà de l'idée espérée judicieuse du 4e remplaçant. Jusqu'ici, 4 fois des prolongations (soit 2h) n'ont rien départagé : 2 petits buts et 4 fois des recours aux tirs au but. Et j'ose espérer que ça n'aura pas été ensuite (sauf si les Diables en ont bénéficié ? ) rebelote de la grande honte finale de 1994, consacrant un champion du monde brésilien sensément virtuose, mais qui nous avait refilé zéro but après 120', et qui émergea poussivement 3-2 aux tirs au but ! Avec Franco Baresi et Roberto Baggio dans les rôles des stars maladroites. Un nul blanc en finale d'un Mondial, tu parles d'une apothéose... Les coaches de foot n'accordent guère d'importance à l'apport-fraîcheur. Sur 90', ils peuvent faire jouer 14 gars, ils n'exploitent pourtant pas la chose au maximum. En Russie, ce n'est qu'en moyenne tous les 3 matches qu'un remplaçant, d'une des deux équipes, est entré au jeu dès la 46' Et ce n'est pas alors parce que le remplacé est crevé, mais plutôt par tactique, ou parce qu'il ne donne pas satisfaction. Les substituts s'amènent plutôt plic ploc dès l'heure de jeu, et c'est surtout dans l'ultime quart d'heure, voire pour 2 ou 3 minutes, qu'ils nous montrent le bout du nez. Ne me dites jamais qu'ils sont crevés au coup de sifflet final ! Recourir à la science supposée des préparateurs physiques, maximaliser le potentiel physique collectif, ce pourrait être autre chose. Même si la trouille d'un blessé fait garder un gars sur la touche, restent 13 bonshommes : pourquoi n'en programme-t-on pas 4 (2 en première mi-temps, 2 en seconde) capables de donner tout mais énormément, durant seulement 45' ? Imaginons qu'un attaquant de pointe puisse fournir sans mourir 9 km, dont 1000 m via des sprints à fond la caisse de plus de 20km/h, sur un match complet : si on lui préfère 2 attaquants de pointe préparés scientifiquement (wouaw ! ) pour fournir l'un après l'autre, durant 45', 6 km, dont 700 m via des sprints à fond la même caisse, n'y gagnerait-on pas au total, vu que les effectifs sont pléthoriques ? Et en Russie, puisqu'un 4e remplaçant était possible en prolongations, cela aurait pu booster la capacité physique collective sur 120'... Ce ne fut pas le cas. Les coaches sont imbibés de leur prépondérance tacticienne, et leur coaching donne le plus souvent l'impression qu'ils espèrent de leurs changements une amélioration plus tactique que tout bonnement physique. Le 4e remplaçant n'a modifié en rien le déroulement de prolongations souvent soporifiques : avec une majorité de joueurs sur les rotules, et les quelques arrivés tardivement pas préparés pour courir comme des dératés durant le peu de temps qu'on leur file... Pour faire péter nos coeurs, le marquoir et les prolongations, il faudrait tout l'inverse ! Première prolongation : on torture les méninges des coaches en les obligeant à ENLEVER 2 joueurs (offensifs ? défensifs ? ), pour jouer à 9 contre 9 ! Score toujours nul après 105' ? On en enlève un de plus et je vous parie ma vie qu'on verra des buts ! Et si par malheur c'est 3-3 ou 4-4, on se sera au moins marré avant les tirs au but. Et je pense ça très sérieusement.