Christian Wilhelmsson (26 ans) est de ces joueurs pour lesquels on se déplace au stade. Son analyse de l'équipe par le polyvalent Suédois est aussi celle de son jeu : " Nous pouvons jouer nettement mieux. Prenez pour commencer la Ligue des Champions. Nous nous sommes souvent inclinés par le plus petit écart, nous avons signé de bonnes performances contre des formations costaudes mais elles n'avaient pas besoin de trois ou quatre occasions pour marquer, contrairement à nous. L'équipe n'avait pas de finisseur, le ballon n'a pas roulé pour nous ".
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Christian Wilhelmsson (26 ans) est de ces joueurs pour lesquels on se déplace au stade. Son analyse de l'équipe par le polyvalent Suédois est aussi celle de son jeu : " Nous pouvons jouer nettement mieux. Prenez pour commencer la Ligue des Champions. Nous nous sommes souvent inclinés par le plus petit écart, nous avons signé de bonnes performances contre des formations costaudes mais elles n'avaient pas besoin de trois ou quatre occasions pour marquer, contrairement à nous. L'équipe n'avait pas de finisseur, le ballon n'a pas roulé pour nous ". Christian Wilhelmsson : J'ai toujours joué en pointe. A mes débuts à Anderlecht, j'évoluais vraiment dans l'entrejeu. Désormais, je suis un cran plus haut, comme troisième avant, et je ne dois plus redescendre aussi bas en perte de balle. Je dépense donc moins d'énergie. Frutos est un avant-centre pur. L'avantage est qu'il a un bon jeu de tête sur les centres et les coups francs. Nous en avions besoin sur les phases arrêtées, qu'elles soient en notre faveur ou non. En Coupe de Belgique, nous avons été éliminés bêtement par Geel. C'était un problème de concentration. Dans d'autres matches importants de championnat, nous n'avons pas concrétisé nos occasions. Nous manquions de killers, de battants. Je crains donc que la lutte ne reste serrée jusqu'au terme de la saison. C'est étrange. On le remarque même à notre style de jeu. Sur nos terres, nous contrôlons tout le match. Nous savons que nous allons nous créer des occasions. Même quand ça ne marche pas, nous avons assez d'assurance pour savoir que nous sommes en bonne voie. A l'extérieur, j'ai rarement eu le sentiment que nous étions bien dans le match, que nous allions trouver le chemin du but. Ce n'est pas une question de qualité puisqu'on aligne les mêmes joueurs. C'est dans la tête. Nous devons tourner un bouton. C'est une question difficile. On ne peut dire que nous aurions été meilleurs avec un système fixe puisque nous n'avons pas essayé. Nous ne devons pas nous plaindre : malgré nos problèmes, nous sommes dans le peloton de tête. Nous pourrons effectuer un bilan dans quelques mois. La rotation n'est absolument pas négative. N'oubliez pas les blessures, non plus. Quelque part, il faut que les réservistes se sentent impliqués. Seul le manque de résultats est décevant. Avec les joueurs de qualité que nous avons, nous devrions déjà être largement en tête. Je suis frustré que le potentiel théorique de l'équipe s'exprime insuffisamment sur le terrain. Quand tout le monde fait son boulot, nous bouffons n'importe quelle équipe, du moins en Belgique. On a besoin d'un entraîneur, de quelqu'un qui détermine le style de jeu, établisse des règles, mais l'essentiel se passe dans la tête des joueurs. C'est là que se fait la différence. Une blessure encourue l'été m'a empêché de m'entraîner et m'a handicapé en début de saison. Je ne participais qu'aux séances de fin de semaine et aux matches. L'échec de mon transfert en été n'a pas joué un rôle majeur, si ce n'est que les questions incessantes de la presse m'ont lassé. Les journalistes n'arrêtaient pas de revenir là-dessus. Pendant un moment, j'ai cessé de vous parler à cause de ça. Pas parce qu'on écrivait des choses erronées, juste pour avoir la paix. Je suis reconnaissant à l'entraîneur de m'avoir conservé sa confiance dans cette période difficile et de m'avoir aligné, même si je n'étais pas toujours bon. Et je suis revenu, plus fort que jamais. Je sais qu'un jour, j'obtiendrai mon transfert. Le Mondial se profile à l'horizon, j'ai tout l'avenir devant moi. Le club a posé un beau geste en estimant que ce n'était pas normal et en étant prêt à m'offrir un contrat revu à la hausse jusqu'en 2008. C'est un signe de respect. En Ligue des Champions, en étant revenu, j'ai finalement eu le sentiment d'avoir le niveau requis. Les observateurs partageaient cette impression. Peut-être est-ce la conclusion de trois années à Anderlecht : j'ai haussé le niveau de mon jeu. D'un côté, malheureusement, les deux clubs n'ont pas trouvé de terrain d'entente. De l'autre, l'offre était attirante mais changer d'équipe à six mois du Mondial comportait aussi une part de risque pour moi. Ma situation actuelle est donc parfaite. Je fais mon travail pendant quelques mois encore ici puis je dispute le Mondial. On verra après. Mon contrat stipule le montant de mon transfert. Je peux partir si un club est prêt à s'acquitter de cette somme. Pour le moment, c'est Anderlecht qui compte. Ensuite, ce sera la Suède. Nous jouons contre l'Angleterre, l'équipe de Sven-Goran Eriksson. C'est une affiche pour tous les Suédois. Nos autres adversaires sont la Trinité & Tobago et le Paraguay. Nous espérons nous qualifier pour le tour suivant. Je suis étonné que la Belgique ne soit pas présente avec tous les talents dont elle dispose. La Suède consacre beaucoup moins d'argent au football, ne dispute pas la Ligue des Champions mais son équipe nationale émarge à l'élite depuis quelques années. Comment expliquer cela ? Ici, il y a de l'argent et on s'occupe des jeunes. Il est possible qu'on les porte trop vite aux nues et qu'ils retombent. Mais ce n'est pas logique. Je ne suis pas satisfait du nombre de buts inscrits. Durant les premiers mois, je n'ai pas eu beaucoup d'occasions. J'en reçois depuis quelques semaines. Je dois donc peaufiner ma finition. Quant aux assists, je dépends des avants : concrétisent-ils les occasions que je leur offre ? Longtemps, nous n'avons marqué qu'un but par match, même si nous avions davantage d'occasions. On m'a parfois reproché de manquer de vista dans ma dernière passe mais c'est parfois lié à la vitesse de l'action et aux autres. Cela ne me tracasse pas. Je suis là pour réaliser des actions, forcer des coups francs, initier le danger, attirer des adversaires à moi. On me tient plus durement qu'il y a deux ou trois ans car il est difficile de me neutraliser autrement. La brutalité est le dernier recours. Au Standard, Philippe Léonard m'a cassé le bras. Que faire, si ce n'est tenter de rester calme, accepter son sort et se soigner ? A la longue, cela devient quand même pesant. C'était la même chose avec Aruna Dindane. Ne devrait-on pas se demander qui est vraiment responsable ? Nous ou bien la manière dont on nous neutralise ? Pour moi, c'est clair : toucher le joueur mais pas le ballon, c'est commettre une faute. Si on me bouscule et que je ne tombe pas, on ne siffle pas. Mieux vaut donc chuter. J'ai l'impression qu'on siffle de moins en moins, ce qui est frustrant. Je ne citerai pas de nom mais deux arbitres n'y connaissent vraiment rien. C'est honteux qu'ils dirigent des matches de D1. Les autres sont vraiment fantastiques, franchement. J'essaie souvent de nouer le dialogue avec eux. Le journaliste a bien mis cette déclaration en valeur. Je voulais dire que Sergio est un bon footballeur mais que je n'apprécie pas son comportement sur le terrain, la façon dont il agresse chacun. C'est déplacé. Je pense que beaucoup de gens me donnent raison. PETER T'KINT