Le 23 novembre dernier, Stuttgart était onzième en championnat. Surtout, il restait sur cinq matches de rang sans victoire et le dernier revers avait été particulièrement cinglant : 1-4 face au VfL Wolfsburg. Affalé sur le banc, Armin Veh, l'entraîneur du VfB Stuttgart, reflétait parfaitement l'attitude de ses joueurs, par sa passivité, son absence d'émotions et... d'assurance. Il avait même avoué aux journalistes : " Je ne sais plus à quel saint me vouer. "
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Le 23 novembre dernier, Stuttgart était onzième en championnat. Surtout, il restait sur cinq matches de rang sans victoire et le dernier revers avait été particulièrement cinglant : 1-4 face au VfL Wolfsburg. Affalé sur le banc, Armin Veh, l'entraîneur du VfB Stuttgart, reflétait parfaitement l'attitude de ses joueurs, par sa passivité, son absence d'émotions et... d'assurance. Il avait même avoué aux journalistes : " Je ne sais plus à quel saint me vouer. " HorstHeldt, le manager du club, avait multiplié les mesures pour maintenir en selle le coach qui avait offert au VfB le titre de Bundesliga en 2007 et une place en finale de la Coupe, même si ensuite, il avait mené une désastreuse campagne en Ligue des Champions. Mais il n'y avait plus rien à faire : la direction a limogé Veh, en poste depuis 1.017 jours. Son adjoint Alfons Higl a suivi le même chemin et Stuttgart s'est tourné vers Markus Babbel. Il avait achevé sa brillante carrière dans ce club avant d'être promu second adjoint... sans jamais rien avoir à dire. " J'ai remercié Armin et Alfons pour tout ce qu'ils m'ont appris mais je n'ai jamais eu voix au chapitre. J'assistais à leurs palabres, sans qu'ils me demandent un avis quelconque. C'était frustrant ", a avoué l'ancien international. D'emblée, il a réuni l'équipe en décidant de repartir à zéro. D'une part, il n'avait pas le temps de revenir sur la raclée essuyée face à Wolfsburg puisqu'il affrontait trois jours plus tard la Sampdoria. Ensuite, à quoi servait-il de retourner le couteau dans la plaie ? Babbel a préféré rendre un certain élan à l'équipe. Sa deuxième mesure a fait mal. Il a supprimé les privilèges des anciens. Ainsi, le gardien de légende Jens Lehmann se permettait-il de brosser la séance de décrassage afin de consacrer plus de temps à sa famille. Babbel y a mis un terme mais sans exclure l'un ou l'autre jour de repos, compte tenu de l'âge du gardien (39 ans). Bousculé dans ses habitudes par Babbel, Lehmann a estimé que Veh serait parvenu à redresser le cap... Un Veh qui avait depuis longtemps instauré une seule longue séance d'entraînement par jour, le lundi étant libre parce qu'il désirait passer du temps en famille, à Augsbourg. Mais Babbel a dispensé deux séances dès son premier lundi : " Je vais serrer la bride. De toute façon, une unique séance très longue n'apporte rien : les joueurs lèvent le pied pour tenir le coup. Moi, j'exige qu'ils se livrent à 100 %. Ceux qui n'exécuteront pas ce que je leur demande voleront à la porte. "Le lendemain, les joueurs se plaignaient de courbatures. La réponse a fusé : " Lorsqu'on joue le jeudi, on peut sans problème s'entraîner à fond le lundi. "Babbel a bien entamé son mandat : il a réalisé un match nul à la Sampdoria (1-1). Stuttgart compte ainsi quatre unités avant d'affronter le Standard et brigue le tour suivant de la Coupe UEFA. Pour être sûr de se qualifier, Stuttgart devra vaincre le Standard. Un nul peut suffire en fonction du résultat des Génois. Durant l'été 2007, pour tenir son rang en Ligue des Champions, le VfB Stuttgart a consenti de lourds investissements. Yildiray Bastürk, Ciprian Marica, Khalid Boulahrouz, Ewerthon et Elson ont été transférés. Seuls Bastürk, blessé, et Marica ont survécu. Marica est le joueur le plus coûteux jamais enrôlé par le club : il a coûté huit millions d'euros. Cet été, Boulahrouz, Martin Lanig, Jan Simak et Lehmann ont rejoint Stuttgart. Seuls Lehmann et Marica constituent des renforts mais est-ce étonnant, dans la mesure où la cellule de scouting du VfB est restreinte - faute de moyens financiers ? La situation s'est détériorée, sans que Veh ne puisse rien y changer. Malgré Lehmann, la défense encaissait beaucoup de buts. L'entrejeu, formé autour du capitaine, Thomas Hitzlperger, était incapable de conférer une forme quelconque au jeu et l'attaque ratait trop d'occasions. Gomez, qui vient de s'occasionner une déchirure musculaire qui pourrait l'empêcher de jouer d'ici la trêve hivernale, a marqué sept buts et délivré quatre assists en Bundesliga, il a inscrit cinq buts en Coupe d'Europe. Lehmann est 18e et premier Souabe au classement des meilleurs joueurs du Kicker, avec une note médiocre : 3. Armin Veh a multiplié les changements. Sans succès. Il a privé l'équipe des rares automatismes qu'elle avait acquis. Il a également fourni un alibi aux joueurs en soulignant la lourdeur du calendrier alors même qu'il se plaignait auprès de la direction : " Certains se croient importants, d'autres se cachent. "Le double succès que Markus Babbel a remporté durant sa première semaine a remonté le moral des troupes. L'entraîneur lui-même a gagné la confiance des siens en effectuant un remplacement génial à la 75e minute contre Schalke 04 : il a lancé Simak au jeu et le technicien tchèque a ouvert la marque peu après. " Nous vivons à toute allure, avec des semaines anglaises, mais j'adore ça depuis toujours ", confie le nouvel entraîneur. " L'équipe a une bonne condition mais elle doit apprendre à donner le meilleur d'elle-même. Cela commence par des entraînements plus exigeants. Je souhaite aussi réintroduire le football offensif qui a fait la réputation du club. Je ne dispose pas des joueurs aptes à évoluer en 4-3-3 et je n'aime pas aligner un seul avant. Je maintiens donc le 4-4-2 de mon prédécesseur. Cacau et Marica peuvent soutenir Gomez ou, puisque celui-ci est blessé, jouer de concert en pointe. " Autre mesure, l'introduction dans le noyau A d'un jeune du cru, Sebastian Rudy. Veh dédaignait les jeunes alors que Stuttgart a toujours été un club formateur. " A égalité de talent, je préférerai toujours le plus jeune. " Le capitaine Hitzlsperger apprécie ces changements : " Les joueurs avaient perdu toute confiance. Nous avions besoin d'une autre méthode mais Armin Veh ne voulait pas en entendre parler, de peur de perdre sa crédibilité. Markus Babbel a joué avec nous, il a gardé un contact formidable avec les joueurs tout en ayant l'autorité requise : à part Lehmann, qui possède un palmarès aussi étoffé ici ?"par pascale piérard