Que se serait-il passé si Claude Bakadal, isolé face à Dany Verlinden, avait ouvert la marque après 40 secondes de jeu? On ne le saura jamais. Cinq minutes plus tard, au lieu de 1-0, c'était 0-1 et Bruges fila vers une victoire facile. "Prendre un but rapidement, c'est la chose que je voulais à tout prix éviter", regrettait Francky Vandendriessche. "Face à une telle machine, je savais que revenir au score s'assimilerait à une mission impossible. La force de Bruges, ce n'est ni le duo Simons-Englebert, ni la paire d'arrières latéraux, ni la valeur de ses attaquants, mais un système bien rodé et une mentalité à toute épreuve. La formation flandrienne, cela paraît évident, sera championne, mais sera aussi l'équipe des prochaines années en Belgique. Grâce à sa politique de continuité, elle a plusieurs longueurs d'avance. Désolé pour Anderlecht, Genk et le Standard..."
...

Que se serait-il passé si Claude Bakadal, isolé face à Dany Verlinden, avait ouvert la marque après 40 secondes de jeu? On ne le saura jamais. Cinq minutes plus tard, au lieu de 1-0, c'était 0-1 et Bruges fila vers une victoire facile. "Prendre un but rapidement, c'est la chose que je voulais à tout prix éviter", regrettait Francky Vandendriessche. "Face à une telle machine, je savais que revenir au score s'assimilerait à une mission impossible. La force de Bruges, ce n'est ni le duo Simons-Englebert, ni la paire d'arrières latéraux, ni la valeur de ses attaquants, mais un système bien rodé et une mentalité à toute épreuve. La formation flandrienne, cela paraît évident, sera championne, mais sera aussi l'équipe des prochaines années en Belgique. Grâce à sa politique de continuité, elle a plusieurs longueurs d'avance. Désolé pour Anderlecht, Genk et le Standard..."L'Excelsior Mouscron, de son côté, ne sait plus à quel saint se vouer.FranckyVandendriessche: Le match qui, sur papier, était le plus facile-à domicile contre l'Antwerp- a été remis en raison des conditions climatiques. Je savais qu'en cas de défaite contre le Standard, nous devrions nous préparer à un deuxième tour difficile. C'est malheureusement ce qui s'est produit. Il faut être réaliste: le seul objectif qui nous reste est de recoller à la colonne de gauche. Mais, davantage qu'une huitième ou neuvième place, cela me paraît utopique. Nous devons donc surtout jouer pour les supporters, qui n'ont pas été gâtés depuis la reprise. N'est-ce pas précisément là que réside le problème? Sans perspective de remporter un trophée, Mouscron se comporte typiquement comme une équipe du ventre mou: elle est rassasiée et ne daigne s'éclater qu'à l'occasion de l'un ou l'autre rendez-vous de prestige figurant encore au programme...Pour moi, ce n'est pas un problème. Je suis un footballeur professionnel et je me fais un devoir de donner le meilleur de moi-même à chaque sortie. Mais je ne peux pas parler pour les autres. Jouer pour les supporters, à mes yeux, c'est aussi une mission cruciale. Et qui peut conditionner l'avenir: si nous continuons à décevoir nos sympathisants, ils seront sans doute encore un peu moins nombreux la saison prochaine."Premier club wallon? C'est purement honorifique!"Effectivement, et je pense que c'est un grand point d'interrogation pour l'entraîneur également. Il se demande lui-même pourquoi la rage affichée contre Anderlecht avait complètement disparu une semaine plus tard, lors du déplacement à Mons. Je n'ai pas la réponse. L'entraîneur non plus, à mon avis.Lorenzo Staelens, qui lit parfaitement le jeu sur le plan tactique, n'est-il parfois pas trop gentil lorsqu'il s'agit de frapper du poing sur la table?Trop gentil? Je crois que, parfois, les footballeurs devraient avoir suffisamment d'orgueil pour réagir d'eux-mêmes. On ne peut rien reprocher à Lorenzo Staelens: tout le monde est satisfait de ses entraînements et de son organisation. Après le 5-0 concédé à Charleroi, certains journalistes ont demandé si le groupe était encore derrière l'entraîneur. Je crois que les joueurs l'ont démontré contre Anderlecht.On entend souvent, notamment dans la bouche des joueurs francophones, qu'ils mettent un point d'honneur à faire de Mouscron le premier club wallon. Or, les plus mauvais matches livrés cette saison le furent à La Louvière, à Charleroi et à Mons.Encore une fois, je ne peux parler que pour moi-même. Je trouve que le titre de premier club wallon est purement honorifique et je n'y attache guère d'importance. Il est vrai que je suis... flamand. Personnellement, je suis aussi motivé pour un déplacement à Beveren ou à Lommel que pour un périple chez un voisin hennuyer. Pour défendre mes équipiers, je rétorquerais qu'aucune équipe ne joue un bon match lorsqu'elle se déplace à La Louvière. A Charleroi, nous ne pouvions pas invoquer l'excuse d'un stade vétuste. A Mons, nous aurions dû réagir après avoir été privé de trois points sur le tapis vert lors du match aller. Nous ne l'avons pas fait. Pourquoi? Mystère. Je dois reconnaître que, sans l'aide des poteaux, j'aurais encore encaissé cinq buts au Stade Tondreau.Cinq mois plus tard, qu'y a-t-il de changé?Encaisser cinq buts, ce n'est jamais agréable pour un gardien. Mouscron a l'une des défenses les plus perméables du championnat. D'un autre côté, je préfère perdre une fois 5-0 que cinq fois 1-0. Je parviens encore facilement à relativiser l'ampleur du score. A condition de réagir ensuite, comme nous l'avons fait contre Anderlecht. Peut-être devrions-nous aborder les matches d'une autre manière?Il y a cinq mois, vous aviez aussi déclaré: "Le 4-4-2 a toujours constitué la force de Mouscron"... C'est exact. Et je le maintiens. Je ne vois pas de raison d'aligner une défense à cinq, avec un libero. C'est un système dépassé. En revanche, l'entraîneur a parfois modifié la composition de son entrejeu. A bon escient, car en 4-5-1, nous étions alors plus consistants en milieu de terrain. Avec deux attaquants de pointe, il nous a parfois manqué un homme dans la zone centrale."En voulant nous ruer à l'offensive, nous avons oublié notre organisation et laissé des boulevards derrière"...On pourrait dire que cela s'est encore vérifié à Genk, où nous avons perdu 5-4, mais je tiens à relativiser: au Stade Fenix, nous avons simplement été tués par un seul homme, Wesley Sonck."On se parle très peu sur le terrain"...Ce problème-là a été résolu. Avec la défense de samedi dernier, composée d'Alexandre Teklak, Olivier Besengez, Geoffrey Claeys et Marco Casto, on ne peut plus invoquer un manque de communication."Nous récupérerons bientôt plusieurs défenseurs qui relèvent de blessure. Il ne faut cependant pas croire qu'ils résoudront tous les problèmes d'un coup de baguette magique..."Cela s'est vérifié, je pense. Aujourd'hui, la plupart des défenseurs sont revenus de blessure. Mais trouver la bonne assise prend du temps."L'axe central de la défense doit compenser son manque de vitesse par le positionnement et l'expérience"...Je maintiens cette déclaration. La défense qui était alignée contre Anderlecht n'était pas plus rapide que celle qui a évolué à Mons. Et Aruna Dindane et Nenad Jestrovic ne sont pas moins véloces que Jean-Pierre La Placa et Cédric Roussel. Les erreurs proviennent surtout d'un jeu position défaillant. Ou d'une perte de balle dans l'entrejeu qui met les défenseurs hors position. La mise hors position trouve parfois son origine très haut dans le jeu."En raison des blessures ou suspensions, Lorenzo Staelens a souvent dû parer au plus pressé"...Cela ne s'est pas arrangé, malheureusement. Il y a une douzaine de défenseurs dans le noyau et ils ont déjà tous été alignés. Samedi, Filston était suspendu. Sans parler de Mbo Mpenza, en pointe, qui a dû déclarer forfait. De nouveaux jeunes, comme Benajiba ou Sanchez Daviolo, ont fait leur apparition dans l'équipe. Mais, en principe, tout le monde connaît le système que nous appliquons. Chacun devrait donc être capable d'entrer dans l'équipe sans devoir trop longtemps chercher ses marques.C'est dans la tête, docteur!Oui, peut-être. Je ne comprends pas pourquoi nous sommes parvenus à préserver nos filets inviolés à domicile contre Anderlecht et en déplacement au Standard, alors que nous avons ramassé des buts à la pelle contre des formations moins huppées. Affirmer que le dispositif n'est pas adéquat ou que les joueurs sont incapables d'appliquer les directives, cela ne tient pas la route. Mais, mentalement, il y a sans doute un problème. Lorsqu'on encaisse rapidement, certains ont tendance à baisser les bras. La motivation n'est pas toujours optimale. Si tout le monde parvenait à être aussi motivé chaque week-end qu'il l'était contre Anderlecht, nous ne serions pas à la dixième place.C'est une drôle de saison que vit Mouscron: jamais encore, l'Excelsior n'avait gagné à Sclessin, ni battu Anderlecht au Canonnier. Ces lacunes ont été comblées. En dehors de cela, en revanche...Oui, nous vivons pratiquement tout le contraire des saisons précédentes. Nous avons réalisé notre meilleur premier tour depuis la montée en D1, mais nous sommes en passe de réaliser notre plus mauvais deuxième tour. Je crains pour la suite du championnat. La suite de notre programme, avec le déplacement au Lierse, la visite de St-Trond et un nouveau déplacement à Lokeren (peut-être l'équipe la plus en forme du moment), n'est pas de nature à nous laisser espérer beaucoup de points. Si nous forgeons l'un ou l'autre exploit, cela pourrait provoquer un déclic. En cas contraire...L'Excelsior pourrait obtenir son plus mauvais classement depuis qu'il évolue en D1?Lors de la première saison d'Hugo Broos, Mouscron avait terminé dixième mais avait un moment été menacé de relégation. Cela n'a jamais été le cas cette saison. Il y a eu beaucoup de positif durant la campagne actuelle: un très bon premier tour, l'éclosion de plusieurs jeunes. Je crois que, pour l'instant, certains joueurs connaissent une petite crise de confiance, tout à fait compréhensible au vu des piètres résultats obtenus ces dernières semaines. En match, on prend peu d'initiatives, on subit les événements. Je crois qu'il faut déjà préparer la saison prochaine."Tout le monde devrait être content de jouer ici"Oui, puisqu'il est de Waregem, comme moi. C'est un milieu de terrain qui a un bon volume de course et une bonne mentalité. Evidemment, il y a une différence de rythme entre la D2 et la D1. C'est un pari sur l'avenir.La fin de saison risque d'être longue...Pas pour moi. Je n'éprouve aucune difficulté à me motiver pour des matches dits sans enjeu. Tout le monde devrait être content de jouer à Mouscron, une équipe sans problème où l'on est toujours payé à heure et à temps. Lorsqu'on constate les difficultés rencontrées par d'autres équipes de D1, il faut se dire que jouer pour les Hurlus est un privilège...Ce confort douillet dans lequel se confinent les joueurs mouscronnois n'est-il pas justement à l'origine du peu d'efforts consentis en certaines occasions?On est gâtés à Mouscron, il faut le reconnaître. On n'a aucun problème financier et on travaille dans des conditions exceptionnelles.Au sein de la direction, on envisage d'appliquer des salaires moins élevés, compensés par des primes plus importantes...A Bruges, on fonctionne de cette manière. Et on voit le résultat. A Mouscron, beaucoup de joueurs ont un contrat de longue durée. On ne peut pas y toucher. De vieux serviteurs comme Steve Dugardein, Olivier Besengez ou Koen De Vleeschauwer méritent d'ailleurs de voir leur dévouement récompensé. Mais pour des jeunes, je comprendrais que l'on adopte un système de rémunération davantage basé sur les résultats.Pour l'instant, l'ambiance reste bonne. Trop bonne, peut-être? Même après une raclée, on continue à rigoler dans les vestiaires...Effectivement, l'entraîneur en a été interloqué également. Au retour de Mons, certains rigolaient à leur descente du bus, alors que le bilan de l'équipe affichait 3 sur 18. Il en a fait la remarque. Moi non plus, je ne comprends pas toujours cette décontraction, mais je ne suis pas là pour faire le procès de mes partenaires.Daniel Devos"Il ne faut pas continuer à décevoir nos supporters""La décontraction de certains partenaires m'étonne"