Cela fait maintenant deux ans que ce Franco-algérien, cet émigré de Tlemcen, qui a grandi dans la banlieue parisienne, a trouvé refuge dans le Hainaut. Son premier objectif était de se refaire une santé footballistique après un épisode raté au Havre où il avait effectué ses premiers pas dans le monde pro. A l'époque, après des débuts encourageants sous la houlette de Francis Smerecki et de Jean-François Domergue, après une promotion en Ligue 1 avec la ville normande, Fadel Brahami fit connaissance avec les affres des blessures. Opéré au ménisque, son aventure française toucha à sa fin. En 2003, il arriva en fin de contrat avec seulement 64 minutes de temps de jeu à son compteur.
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Cela fait maintenant deux ans que ce Franco-algérien, cet émigré de Tlemcen, qui a grandi dans la banlieue parisienne, a trouvé refuge dans le Hainaut. Son premier objectif était de se refaire une santé footballistique après un épisode raté au Havre où il avait effectué ses premiers pas dans le monde pro. A l'époque, après des débuts encourageants sous la houlette de Francis Smerecki et de Jean-François Domergue, après une promotion en Ligue 1 avec la ville normande, Fadel Brahami fit connaissance avec les affres des blessures. Opéré au ménisque, son aventure française toucha à sa fin. En 2003, il arriva en fin de contrat avec seulement 64 minutes de temps de jeu à son compteur. Après une série de tests avortés et une année blanche, La Louvière le repêcha à l'aube de la saison 2004-2005. C'était encore la belle époque dans le Centre. Celle où sans le sou mais avec des idées, les dirigeants tentaient de mettre sur pied une formation compétitive composée de revanchards, de joueurs condamnés à l'avance mais certainement pas dénués de qualités. Pendant deux ans, il aura tout connu à l'ombre des terrils. Les fastes d'un premier tour bouclé dans le top-5, le démantèlement d'un projet, la menace et puis la réalité des affaires et d'une situation financière tronquée, et enfin la chute d'un club dans les profondeurs de la D3. " Le souvenir reste globalement bon. J'étais bien intégré dans ce club. Cela m'a fortement attristé de le voir couler ", explique-t-il. Là-bas, Brahami s'y sentait comme chez lui. Au contraire des autres membres de l'ossature de l'ère Cartier, il avait choisi de rester fidèle aux couleurs vertes et blanches, faisant figure, au même titre qu' Olivier Guilmot, de dernier des Mohicans. " Je ne suis pas quelqu'un qui bouge beaucoup. Si vraiment il y a un gros club de l'autre côté du pays qui se manifeste, alors là, j'y vais mais sinon je préfère demeurer où je suis. A La Louvière, cela se passait bien et à partir du moment où j'avais des bonnes relations avec les supporters et les dirigeants, je ne voyais pas la nécessité de bouger ". Rien d'étonnant de le voir donc rebondir dans un club à peine distant de La Louvière de 25 kilomètres, lui qui pourtant avait quelques touches à l'étranger. " Je savais que certains clubs étaient intéressés. C'est pour cette raison que je n'ai jamais paniqué à l'idée d'être en fin de contrat. Je sortais d'une saison de galère sur le plan sportif et j'ai discuté avec plusieurs clubs mais j'ai été séduit par les infrastructures de Mons et par le discours des dirigeants. José Riga m'a dit qu'il attendait de moi que je me comporte comme un vrai professionnel et qu'à 28 ans, je devais apporter mon expérience. Je savais que Mons avait de l'ambition et j'avais pu m'en apercevoir lors du match de Coupe, la saison passée, lorsqu'il élimina La Louvière en 1/16e de finale. Et puis, il s'agit d'un vrai challenge et d'un nouveau défi ". L'histoire pourrait se terminer là. Pourtant, en signant à l'Albert-Elisabeth, Brahami n'arrive pas en terrain conquis. En deux ans, le médian s'est fait une réputation mais sa deuxième saison, émaillée de petites blessures incessantes, fut loin d'être à la hauteur de la première. " Il y a quand même des circonstances atténuantes. On a eu trois entraîneurs en quelques mois, les problèmes extrasportifs n'ont pas cessé et je n'ai pas toujours joué au même poste. Cependant, je ne cherche pas d'excuses. C'est vrai qu'à cause de tous mes pépins physiques, je n'ai jamais pu me livrer à fond. Quand on a passé un cap, on veut continuellement viser plus haut. Je comptais encore franchir un pallier et ce ne fut pas le cas. Et puis, moi comme les autres joueurs avons besoin d'en environnement sain et stable pour fournir de bonnes prestations. L'année dernière, on passait nos journées à faire des réunions et à débattre des problèmes du club. Pour se concentrer, il y a mieux ! Quand on joue, on pense que cela ne se reflète pas sur les performances. On monte sur le terrain et on se donne à fond mais inévitablement, dans la tête et dans la vie de tous les jours, c'était pesant. C'est dommage car, même si le groupe était inexpérimenté, même si on avait eu du mal à remettre la mécanique en marche après tous les départs, même si on éprouvait beaucoup de difficultés à trouver le chemin des filets, le groupe est toujours resté soudé et solidaire. Quand la décision finale est tombée et que nous avons dû entériner l'échec, la descente à la clé, cela a fait mal à tout le monde. On reste d'ailleurs fréquemment en contact. Cartier prend encore de mes nouvelles, tout comme le préparateur physique Arnaud Laly qui, quand il a su que j'étais toujours sans club, m'a appelé pour me concocter un programme spécifique et me donner des conseils ". A 28 ans, Brahami commence donc un nouveau chapitre de sa carrière. " Depuis mon arrivée en Belgique, j'estime avoir progressé. J'ai acquis de la maturité et de l'expérience. On croit que l'acclimatation au championnat de Belgique se fait facilement quand on débarque mais ce n'est pas le cas. On a affaire à un championnat physique et il faut faire preuve d'engagement. Il y a beaucoup de duels et si on n'est pas présent, on se fait manger par l'adversaire ". C'est pour cette raison que le Franco-Algérien n'hésite pas à mettre le pied. Ce qui lui a valu quelques cartons jaunes et rouges, sa dernière expulsion datant du match amical disputé par l'Algérie contre le Gabon ce mercredi 16 août. " Mes employeurs ne m'ont jamais reproché mon tempérament un peu fort. Je suis quelqu'un qui s'engage. Je n'hésite pas à aller au contact et c'est vrai que je râle parfois. Je manque peut-être d'objectivité car on ne se rend pas vraiment compte quand on est au milieu de la mêlée mais je ne me considère pas comme quelqu'un d'agressif ". Si Mons l'a recruté, c'est pour son vécu. " A La Louvière, j'étais un des quatre leaders avec Guilmot, Alexandre Teklak et Nordin Jbari. Dans les vestiaires, je parlais énormément, surtout avec les jeunes. Je m'impliquais beaucoup dans la vie du club. Ici, je suis plus réservé mais avec le temps, cela va revenir naturellement. Je dois juste apprendre à connaître mes partenaires. J'ai d'ailleurs pris un appartement à Mons pour prendre la température de la ville. J'essaie de me mettre dans le bain et de la découvrir, comme je l'avais fait à La Louvière ". Il devra également s'acclimater avec son nouveau rôle. Lui qui a éclaté en Belgique sur son flanc droit a été replacé dans l'axe de l'entrejeu. " Personnellement, je préfère cette position car cela me permet d'être libre. Je peux filer à droite ou à gauche et comme j'apprécie être en contact avec le ballon, c'est une bonne solution. En plus, je suis plus près des attaquants. Je souhaiterais évoluer devant deux médians défensifs mais ce n'est pas possible dans notre schéma. En perte de balle, je remplis le rôle de deuxième récupérateur. Par contre, en possession, un des deux médians reste à sa place et moi, je peux monter soutenir la phase offensive ". Sous la conduite de Riga (" humainement, son approche ressemble à celle d'Albert Cartier "), Brahami doit maintenant se remettre en selle et cela commence par sa condition physique. " Je suis arrivé dix jours avant la reprise alors que tous mes coéquipiers avaient déjà un mois de préparation dans les jambes. C'est normal qu'il me manque un peu de rythme. Je dois encore travailler le foncier et dans cette optique, ce fut une bonne chose de partir en sélection et d'accumuler les rencontres ". Quand la mécanique se mettra en route, Brahami est certain de retrouver son niveau : " Je vais monter en puissance ", clame-t-il pour le bonheur de l'Albert mais aussi de la sélection algérienne pour laquelle il compte 27 sélections. " Cela fait maintenant quatre ans que j'évolue pour mon pays. Je commence à faire partie des anciens. J'éprouve toujours autant de plaisir à m'y rendre. Pour le drapeau mais aussi pour retrouver les amis qui évoluent en France. A part les résultats qui ne suivent pas, on a tout pour réussir. Un nouvel entraîneur, Jean-Michel Cavalli, a été nommé et même la fédération s'est structurée ". STÉPHANE VANDE VELDE