ILS ONT GAGNÉ

JENSON BUTTON : il y a douze mois, seuls ses plus fidèles supporters croyaient encore en lui. Incapable de sortir l'écurie Honda de l'ornière, le chéri de ces dames ne figurait sur les tablettes d'aucun team... sauf Brawn GP, bien entendu. La suite, on la connaît : grâce à un début de saison euphorique (six victoires en sept courses), le Britannique s'est assuré une avance qu'il a pu gérer durant une seconde partie de campagne moins flamboyante. Le n°1 mondial devrait défendre le même pavillon en 2010. Attention, l'effet de surprise ne jouera plus...
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JENSON BUTTON : il y a douze mois, seuls ses plus fidèles supporters croyaient encore en lui. Incapable de sortir l'écurie Honda de l'ornière, le chéri de ces dames ne figurait sur les tablettes d'aucun team... sauf Brawn GP, bien entendu. La suite, on la connaît : grâce à un début de saison euphorique (six victoires en sept courses), le Britannique s'est assuré une avance qu'il a pu gérer durant une seconde partie de campagne moins flamboyante. Le n°1 mondial devrait défendre le même pavillon en 2010. Attention, l'effet de surprise ne jouera plus... ROSS BRAWN : en conservant une part importante du personnel de Honda F1 pour créer sa propre structure, le team-manager anglais prenait de gros risques. Mais cet homme d'une intelligence hors-pair, aussi fin technicien que stratège avisé, avait confiance en ses troupes. Il savait surtout que la monoplace qui aurait pu devenir la Honda 2009 serait redoutable, notamment grâce à une astuce aérodynamique - un double diffuseur arrière - à laquelle Toyota et Williams avaient aussi songé. Une fois assuré de disposer des V8 Mercedes, il a emboîté les pièces du puzzle pour surprendre la concurrence dès les premiers affrontements. Comme son n°1, cet ancien acolyte de Michael Schumacher doit confirmer l'an prochain. Faisons-lui confiance, il n'a nulle intention de revivre l'enfer du fond de grille. SEBASTIAN VETTEL : il n'est pas champion du monde... mais le deviendra, c'est une quasi-certitude. Ultrarapide, tenace, courageux, le jeune Allemand (22 ans) possède toutes les qualités pour conquérir le dossard n°1. Quand s'y ajoutera une petite dose d'expérience - il ne compte que trois saisons à son actif - ce gamin aussi sympa que décontracté sera un des patrons du peloton. Reste à voir si Red Bull parviendra à le garder. NICO ROSBERG : à 24 ans, il a fini de faire ses gammes chez Williams. Ce n'est pas pour rien si Mercedes veut mettre le grappin sur ce parfait polyglotte (il parle cinq langues). On souhaite bien du plaisir à son futur chef de file qui trouvera un pilote très complet : véloce dans toutes les conditions, ambitieux, combattif, bref un sacré client ! FERNANDO ALONSO : si son bilan chiffré est moyen, le Taureau d'Oviedo a néanmoins tiré son épingle du jeu au volant d'une monoplace peu efficace. Ses qualités de battant ont fait merveille et notre homme s'est tiré sans encombre de la délicate affaire du crashgate. Il débarque chez Ferrari animé d'une motivation exacerbée car il attend depuis plusieurs saisons une monture à la mesure de son talent. Les techniciens de Maranello ont intérêt à réussir leur copie. ADRIAN NEWEY : responsable du design de la Red Bull Renault, cet ingénieur de génie a réussi un nouveau coup de maître. Sa création 2009 était l'une des meilleures -si pas la meilleure- autos alors qu'elle n'a reçu qu'en cours de saison le fameux double diffuseur. FORCE INDIA : personne n'attendait la modeste formation de Vijay Mallya à pareille fête. Certes, elle reste loin des top-teams mais a connu ses heures de gloire à Spa-Francorchamps avec la pole et la 2e place de Giancarlo Fisichella puis à Monza où Adrian Sutil a enfoncé le clou en se classant 5e avec le meilleur tour en course à la clé. Plus personne ne se moque de Force India qui, en 2010, fera figure d'ancien face aux nouveaux teams conviés en F1. JEAN TODT : élu facilement à la président de la FIA, l'ancien directeur de Ferrari F1 doit maintenant y prouver ses qualités en se plaçant au-dessus de la mêlée car précisément, personne n'a oublié son long passage chez les Rouges. RUBENS BARRICHELLO : le vétéran qu'on disait bon pour la retraite a failli être champion du monde ! Comme durant son époque Ferrari, le Brésilien a pourtant affronté une rude concurrence interne car il évoluait au sein d'une écurie anglaise avec un équipier anglais. Nullement décidé à s'arrêter (il passera la barre des 300 GP), il devra changer de crémerie en 2010 et ses rêves de devenir n°1 mondial semblent illusoires. MARK WEBBER : l'élégant Australien a dû attendre son 130e GP pour s'imposer. Il est aussi passé parfois à côté de son sujet et a rentré un score vierge lors de cinq courses consécutives (de Valence à Suzuka). S'il reste une valeur sûre, il ne fait plus figure de leader chez Red Bull. LEWIS HAMILTON : au volant d'une monoplace ratée, le meilleur pilote ne peut donner que ce qu'il a. Le champion 2008 l'a appris à ses dépens : la McLaren MP4/24 ne restera pas parmi les réussites des ingénieurs de Woking, même s'ils ont rectifié le tir en cours de saison. Et Lewis a été supplanté dans le c£ur des fans anglais par Button. KIMI RAIKKONEN : n'ayant inscrit que 10 points sur les neuf premières courses sur une Ferrari F60 loupée, le Finlandais est ensuite revenu comme par enchantement aux premières loges, s'imposant même dans son jardin de Spa-Francorchamps. Bizarrement, il a fallu l'accident de son équipier pour qu' Iceman retrouve des couleurs. Ces bons résultats n'ont pas sauvé sa place chez Ferrari mais le champion 2007 n'en fait pas un monde et se dit prêt à se tourner vers le rallye si personne ne le veut en F1. Difficile à croire... FELIPE MASSA : victime d'un accident a priori inimaginable (un ressort de suspension détaché de la Brawn de Barrichello l'a frappé en plein visage), le Brésilien n'aurait pu revendiquer le titre tant sa monture était mal née. Mais il espérait profiter de la seconde moitié de saison pour asseoir sa place de leader chez Ferrari avant l'arrivée d'Alonso. ROBERT KUBICA : figurant parmi les cadors pénalisés en 2009 par une voiture ratée (BMW F1.09), le Polonais a affiché une compétitivité et une rage de vaincre intactes. Renault espère en profiter dès 2010. SÉBASTIEN BUEMI : le jeune Suisse s'est honorablement tiré d'affaire au sein d'une écurie Toro Rosso dont le mode de fonctionnement n'apparaît pas toujours très clair. Outre quelques bonnes qualifications, il a inscrit des points précieux pour son employeur. GIANCARLO FISICHELLA : Spa-Francorchamps restera l'un des meilleurs souvenirs du Romain qui a hissé sa Force India en pole avant de finir 2e en course. Cette performance lui a valu de réaliser le rêve de tout pilote italien, prendre le volant d'une Ferrari. Hélas pour Fisico, la cuvée 2009 de Maranello n'était pas la meilleure, loin de là. WILLIAMS TOYOTA : malgré des moyens limités, le team anglais a tenu son rang et permis à Rosberg de montrer son savoir-faire. Passant en 2010 au moteur Cosworth, Sir Frank Williams espère réussir un nouveau coup fumant avec le jeune Allemand Nico Hülkenberg. McLAREN MERCEDES : la force des grandes écuries est de réagir rapidement pour redresser une affaire mal embarquée. Désormais dirigés par Martin Whitmarsh, les Gris sont parvenus à sortir la tête de l'eau après une mauvaise passe à la fin du printemps. FERRARI : le simple fait que Stefano Domenicali son directeur sportif ait annoncé dès septembre que les ingénieurs travaillaient déjà pour 2010 résume la campagne de la Scuderia, risée de tout le milieu après les prestations calamiteuses de Luca Badoer lorsqu'il a remplacé Massa. JARNO TRULLI : à la veille de chaque saison, le sympathique Italien clame sa confiance. Mais malgré plus de 200 GP à son actif, son bilan reste moyen, au point que l'état-major Toyota lui a donné son ticket de sortie. TOYOTA : le constructeur japonais ne parvient pas à entrer dans la cour des grands. Ce n'est pourtant pas une question de budget et, après huit saisons, l'argument du manque d'expérience n'a plus cours. Attention, la rumeur d'un désengagement revient tel un leitmotiv... BMW : inutile de tourner autour du pot, la marque bavaroise est passée à côté de la plaque. Même si ses dirigeants s'en défendent, ces contreperformances ont influencé la décision de stopper les frais. NICK HEIDFELD : comme son équipier Kubica, il a payé cash le manque de compétitivité de la BMW. N'empêche, après 167 GP, le citoyen de Mönchengladbach attend toujours sa première victoire ! RENAULT : il sera question plus bas du crashgate mais au plan purement sportif, l'exercice 2009 de la firme française se solde par un bilan misérable. Son PDG Carlos Ghosn devrait siffler très vite la fin de la récréation ! HEIKKI KOVALAINEN : sa seconde partie de saison n'a que partiellement compensé les errements dont se rend souvent coupable le Finlandais. JAIME ALGUERSUARI : son seul atout est d'avoir un père ayant de nombreuses connexions dans le paddock. Plus jeune pilote à disputer un GP, Jaime a fini 6e le championnat de... Formula Renault 3.5 à 67 points du vainqueur, le Belge Bertrand Baguette ! SÉBASTIEN BOURDAIS : mis dans la bordure par le management de l'équipe Toro Rosso qui cherchait surtout à le déstabiliser, le Français risque d'éprouver de grosses difficultés à revenir en F1. FLAVIO BRIATORE : à force de croire en sa bonne étoile, le bellâtre italien est allé trop loin. Instigateur du crashgate au GP de Singapour 2008, il est banni à vie du sport auto. Mais l'homme a des ressources. Il reviendra, c'est quasi sûr... NELSON PIQUET Jr : acteur majeur du funeste épisode de Singapour, le fils de l'ancien champion du monde s'est aussi signalé par ses multiples sorties de piste. BERNIE ECCLESTONE : ses éternelles provocations (" Hitler n'a pas réalisé que de mauvaises choses " ou " la mort d' Ayrton Senna a été profitable à la F1 ") finissent par lasser. Que dire alors de ses exigences (financières surtout) et de ses menaces répétées de délaisser les sites-phares pour organiser des courses sur des circuits qui n'existent pas (Russie, Inde, Corée, Grèce, Roumanie) ? LA FIA : si McLaren a été condamnée à 100 millions de dollars d'amende et la perte de ses points pour une fumeuse affaire d'espionnage, Renault reçoit une réprimande alors que son équipe a totalement faussé la compétition en " organisant " un crash : cherchez l'erreur ! par éric faure- photos: reporters