C'est à Ivan De Witte, l'actuel président de La Gantoise, que l'on doit l'arrivée de Trond Sollied en Belgique, en décembre 1998. A l'époque, il était responsable sportif des Buffalos. Il rappelle la genèse de ce coup de foudre.
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C'est à Ivan De Witte, l'actuel président de La Gantoise, que l'on doit l'arrivée de Trond Sollied en Belgique, en décembre 1998. A l'époque, il était responsable sportif des Buffalos. Il rappelle la genèse de ce coup de foudre. " J'avais assisté à la finale de la Coupe de Norvège. Sollied y était aussi comme spectateur. Après le match, nous nous sommes retrouvés ensemble à l'aéroport d'Oslo. Je n'avais jamais entendu parler de lui. On me l'a présenté et nous avons bavardé pendant deux heures, en attendant notre vol. Je suis immédiatement tombé sous le charme. Il m'a parlé de football comme personne ne l'avait jamais fait. Je me suis fait la réflexion que cet homme était supérieurement intelligent. Son discours était construit, cohérent, logique. Pendant ces deux heures, il a abordé plusieurs aspects très intéressants : les structures d'un club, la façon de jouer, la manière d'être parfaitement efficace. Il m'a tenu des propos que je n'avais jamais entendus en Belgique. Quelques semaines plus tard, nous avons dû remplacer Johan Boskamp et j'ai directement pensé à Sollied. Les joueurs de Gand en ont bavé pendant les premières semaines avec lui. Certains sont venus me trouver en me disant qu'ils ne voyaient pas où leur nouvel entraîneur voulait en venir. C'était simplement trop compliqué pour eux. Mais tout s'est arrangé pendant le stage de janvier : ils ont commencé à comprendre, et à ce moment-là, ils m'ont tous avoué que Sollied avait quelque chose de plus que les autres. Je connais très peu d'entraîneurs capables de transmettre aux footballeurs tout ce qu'ils ont en tête. Le plus souvent, ça bloque dans la phase de transmission des idées. Sollied, lui, y parvient. Comme Georges Leekens. J'avais une relation très forte avec Sollied. Même si je ne suis jamais parvenu à le saisir totalement. Je dirais qu'il affiche 80 % de sa personnalité et qu'il garde un jardin secret de 20 %. Un côté mystérieux. Je ne lui reproche qu'une chose : la façon dont nous nous sommes quittés. Il a continué à négocier une prolongation de contrat chez nous alors qu'il avait déjà signé à Bruges. Il attendait le meilleur moment, l'instant le plus intéressant d'un point de vue médiatique, pour annoncer son passage au Club. Il sait qu'il a commis une erreur sur ce coup-là et il est sûrement convaincu, avec le recul, que cet incident relationnel avec la direction de Gand a enrichi son expérience d'homme. J'ai pardonné, mais je n'oublierai jamais "