ANALYSE: CHRISTIAN NEGOUAI

Après avoir joué en Angleterre, le climat de travail qui régnait à Sclessin m'a plu. Nos atouts ont varié en fonction des moments, des blessures, des suspensions. Fin décembre, le Standard était en pole position. C'était mérité car nous avions généré du bon spectacle. Champion d'automne, notre club comptait aussi le meilleur réalisateur (Mémé Tchité, 12 buts) et Sergio Conçeicao hérita du Soulier d'Or. Ce haut niveau n'était pas dû au hasard. Après la trêve hivernale, ce fut un long combat contre Anderlecht avec des hauts, des bas et un fléchissement en fin de saison. Notre équipe ne s'est pas épargnée. Nous avons gagné sans Conceiçao mais en son absence le Standard disposait de moins d'atouts techniques. L'avenir, c'est la présence en Ligue des Champions. Quand on obtient le droit de jouer sur une telle scène européenne, on peut dire que la saison est réussie.
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Après avoir joué en Angleterre, le climat de travail qui régnait à Sclessin m'a plu. Nos atouts ont varié en fonction des moments, des blessures, des suspensions. Fin décembre, le Standard était en pole position. C'était mérité car nous avions généré du bon spectacle. Champion d'automne, notre club comptait aussi le meilleur réalisateur (Mémé Tchité, 12 buts) et Sergio Conçeicao hérita du Soulier d'Or. Ce haut niveau n'était pas dû au hasard. Après la trêve hivernale, ce fut un long combat contre Anderlecht avec des hauts, des bas et un fléchissement en fin de saison. Notre équipe ne s'est pas épargnée. Nous avons gagné sans Conceiçao mais en son absence le Standard disposait de moins d'atouts techniques. L'avenir, c'est la présence en Ligue des Champions. Quand on obtient le droit de jouer sur une telle scène européenne, on peut dire que la saison est réussie. Non. Je suis au service du coach. Si ma polyvalence est un plus, tant mieux. J'ai joué derrière, au milieu et en pointe. Je suis content d'avoir retrouvé mon football mais je peux encore élever mon niveau de jeu. Je me sens le mieux au milieu. Nous avons parfois éprouvé des difficultés à marquer face aux petites équipes qui fermaient le jeu chez nous. Mais c'est ensemble qu'on attaque, qu'on défend, qu'on assume le jeu, qu'on gagne le titre ou pas. Le talent de Vedran Runje fait l'unanimité que ce soit au Standard ou aux yeux de ses collègues de la D1. Il a dirigé sa défense avec toute sa générosité habituelle. Cela lui a permis de décrocher brillamment son troisième titre de Gardien de l'Année. Ce secteur fut le point fort du Standard. Il y avait tout en défense : du métier, de la présence athlétique, de la classe. Malgré les départs ( Ivica Dragutinovic, Mathieu Beda) et l'arrivée de Jorge Costa, l'harmonie ne fut jamais brisée. Le but du Standard était de décentrer ses penseurs : Sergio Conceiçao à droite et Milan Rapaic à gauche. A leur âge, ils ont parfois eu du mal à tout faire : distribuer, déborder, centrer, marquer. Un apport technique dans l'axe aurait été utile. Avec 10 buts de plus, elle aurait été à la hauteur de son défi. Ce secteur fut trop souvent muet pendant le deuxième tour. Mémé Tchité était trop isolé. La fracture d' Igor De Camargo coûta mais pourquoi ne jamais avoir fait confiance à Cédric Roussel ? En gagnant 0-2 au Lierse, le Standard confirme la qualité de son premier tour et affirme ses ambitions : Anderlecht est à deux points. Le Standard présente un jeu trop décousu et une occupation de terrain sans la moindre ambition offensive lors de son voyage à Anderlecht. A Roulers, le Standard tombe sur un super gardien. L'attaque liégeoise reste muette. Anderlecht est tenu en échec à Gand et le Standard rate l'occasion de s'emparer du maillot jaune. Sa mission première était de tonifier son équipe et de lui permettre de retrouver la plus grande scène européenne, celle de la Ligue des Champions. C'est fait. Avec le recul, on ne peut pas dire que c'était gagné d'avance. On lui avait promis un noyau stable mais il a pas mal évolué en cours de saison. DD a bien géré cela avant que des facteurs imprévisibles ne viennent perturber tous ses plans. En janvier, Igor De Camargo, engagé depuis peu pour offrir sa taille au secteur offensif, se brise la jambe. Puis, le capitaine, Sergio Conceiçao " donne " son maillot à un arbitre. Sa suspension prive le coach liégeois d'importants arguments à l'attaque. A partir de ce moment-là, malgré des sparadraps, le mal offensif a coûté cher à plus d'un titre. A la reprise des entraînements en été, personne n'aurait misé un sou sur les chances que MéméTchité avait de rester au Standard. Lui, il s'accrocha et s'imposa à la tête de l'attaque liégeoise. Rapide comme le vent, il collectionna les buts comme on enfile des perles afin de réussir une belle saison. Personne n'est plus souriant que le petit Brésilien qui, après s'être rétabli de sa fracture de la jambe, n'était pas rentré dans son pays pour préparer attentivement cette saison. Les attentes étaient grandes mais, hélas, Wamberto ne joua pas beaucoup et devra chercher une autre solution pour le futur. La courbe est à la hausse depuis deux ans. Sclessin accueille 16.531 abonnés par match. La fréquentation totale progresse nettement avec une moyenne de 21.427 spectateurs par rencontre de D1. La nouvelle équipe de Dominique D'Onofrio a relevé le défi avec brio. Stéphane Demol a apporté son métier, Claudy Dardenne a bien travaillé avec Vedran Runje et Frans Masson fut un brillant scout. Le Standard commença la saison sur les chapeaux de roues avec des accents offensifs très prononcés. Après la suspension de Conceiçao, il joua trop en contres. Les Liégeois tiennent fermement les cordons de leur bourse. Ils vivent avec une enveloppe annuelle de 16 millions d'euros. Les nouveaux droits de télévision et la Ligue des Champions élargiront l'assiette financière. Les nouveaux venus ont trouvé leurs marques sans problème. A Sclessin, l'outil est de qualité à l'exception de pelouse qui sera chauffée la saison prochaine. Elle a coûté des points. PIERRE BILIC