J'ai été très interpellé par une interview télévisée de Herman Van Holsbeek, le nouveau manager général du Sporting d'Anderlecht. Il expliquait LA méthode Van Holsbeek en disant avec beaucoup d'humilité qu'en réalité, sa présence chez les Mauves était due à son passé dans le secteur durant de longues années. Mais ce qui m'a surtout frappé, c'est le fait de déclarer que les différentes fonctions au sein du club doivent être confiées à des spécialistes.
...

J'ai été très interpellé par une interview télévisée de Herman Van Holsbeek, le nouveau manager général du Sporting d'Anderlecht. Il expliquait LA méthode Van Holsbeek en disant avec beaucoup d'humilité qu'en réalité, sa présence chez les Mauves était due à son passé dans le secteur durant de longues années. Mais ce qui m'a surtout frappé, c'est le fait de déclarer que les différentes fonctions au sein du club doivent être confiées à des spécialistes. Venant d'un directeur de l'équipe phare du championnat de Belgique, ces propos m'ont surpris, car généralement ils proviennent presque exclusivement de la bouche des entraîneurs en mal de reconnaissance (dont je fais partie, d'ailleurs). Plutôt que sur des spécialistes, notre paysage footballistique s'appuie davantage sur une liste spéciale de gens incompétents. Les paroles de Herman Van Holsbeek cadrent parfaitement avec les idées de tout dirigeant d'entreprise performante de n'importe quel secteur d'activité. Mais pour appliquer cela au football belge en général, il faut s'en donner les moyens et convaincre nos dirigeants du bien-fondé des propos tenus par le manager anderlechtois. Je ne suis pas certain que beaucoup de dirigeants ont été autant interpellés que moi par cette interview. Je pense également qu'en tant que directeur du Lierse, il avait les mêmes projets mais naturellement pas les mêmes moyens. D'où son envie d'aller dans un club où son travail atteindra sa plénitude. Ma deuxième réaction concerne l'envie de Miklos Lendvaï et de Christopher Fernandez de quitter Charleroi car ils ne jouent pas suffisamment. Les deux cas sont complètement différents : d'un côté, un international hongrois, de l'autre, un jeunot n'ayant encore rien prouvé. Revenant d'une double opération aux ligaments du genou et d'une absence de presque deux ans, Miki doit se dire qu'on ne revient pas à son meilleur niveau comme par enchantement. Même s'il a beaucoup bossé pour retrouver ses sensations, je ne suis pas certain qu'un bon club va lui faire confiance alors qu'il n'a pas encore véritablement prouvé avec son équipe qu'il a complètement récupéré. Un peu de patience, Miklos, même si plus de deux ans c'est très long pour un joueur de foot ! Christopher Fernandez, lui, à 19 ans veut partir car il ne joue pas assez ! En un an et demi, il a eu trois entraîneurs différents. Le premier (moi-même) lui faisait peu confiance, le second ( Dante Brogno) pas du tout et avec le troisième ( Robert Waseige), c'est également mitigé. Dans un tel cas, un joueur devrait plutôt se demander si le problème ne vient pas de lui-même ! L'époque actuelle veut que les footballeurs changent d'entité à tous bouts de champ et profitent de cette latitude. L'essence même du sport de haut niveau est le dépassement de soi mais de nombreux footballeurs choisissent la fuite plutôt que la rébellion sportive. On peut appeler cela une forme de renoncement. Le football, c'est comme dans une relation amoureuse, on croit souvent que l'herbe est plus verte ailleurs. Ce n'est pas toujours le cas, loin s'en faut ! Je terminerai en parlant du limogeage d' Angelo Nijskens, entraîneur de Courtrai, leader de la D3A. Le prétexte fallacieux invoqué est le manque de panache proposé par cette équipe alors qu'elle se trouve au faîte de la hiérarchie. On aurait pris cette décision avant qu'il ne soit trop tard. Assez d'hypocrisie ! Il existe évidemment des raisons qu'il est préférable que le public ne connaisse pas. A partir du moment où il n'y a pas de problème relationnel particulier (ce qui est le cas, paraît-il) pourquoi changer ? Et si l'équipe est championne, on vous dira qu'on a pris la bonne décision tandis que si elle ne réalise pas son objectif, on avancera qu'elle ne l'aurait de toute façon pas atteint. Retournons le problème et disons-nous que si Courtrai décroche les lauriers, la consécration aurait quand même eu lieu avec Nijskens à la tête de l'équipe. En cas d'échec, quel gâchis ! Etienne Delangre