belgique: Les grands peinent à concrétiser, les petits voient petit

A la pointe lors des années 80, lorsque sous la poussée de Constant Vanden Stock, Anderlecht fut un des premiers à se doter de loges, il est aujourd'hui à la traîne : aucune modification depuis lors. Pour un stade, c'est é-n-o-r-m-e ! En cause ? Les atermoiements des dirigeants peu enclins à se lancer dans une nouvelle construction et les bras de fer avec le monde politique. La croissance du stade est bloquée car il se situe dans un quartier résidentiel mais personne n'a réussi à trouver un projet alternatif secondaire en dehors d'Anderlecht.
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A la pointe lors des années 80, lorsque sous la poussée de Constant Vanden Stock, Anderlecht fut un des premiers à se doter de loges, il est aujourd'hui à la traîne : aucune modification depuis lors. Pour un stade, c'est é-n-o-r-m-e ! En cause ? Les atermoiements des dirigeants peu enclins à se lancer dans une nouvelle construction et les bras de fer avec le monde politique. La croissance du stade est bloquée car il se situe dans un quartier résidentiel mais personne n'a réussi à trouver un projet alternatif secondaire en dehors d'Anderlecht. Les autres clubs ne sont pas mieux lotis. Le Standard, Bruges, Charleroi n'ont plus fait d'investissement depuis l'EURO 2000. Ces stades remis à neuf ont perdu de leur éclat et sont complètement dépassés. Le stade Roi Baudouin ne peut même plus accueillir une finale européenne. Contrairement à de nombreux pays, la Belgique n'avait pas profité de l'EURO pour se doter de nouveaux stades ultramodernes. " Contrairement aux Pays-Bas, nous avions décidé de donner une nouvelle vie aux stades existants ", explique Alain Courtois, alors directeur du comité d'organisation et ambassadeur pour le gouvernement dans le cadre de la candidature pour le Mondial 2018. " C'était une erreur. On aurait dû tirer profit de l'EURO 2000 pour mener une vraie politique de stades. Ceux-ci sont restés dans le centre-ville. Contrairement aux Pays-Bas, il n'y avait donc aucune chance d'attirer des investisseurs privés. " Mais si l'EURO 2000 n'a servi à rien, les clubs n'ayant pas pris ce train n'ont pas davantage avancé. Gand et le Germinal Beerschot ont des stades vieillots. Seul Genk a un stade moderne et des idées novatrices (comme le naming ou la création d'un musée à l'intérieur du stade). Pourtant, depuis un an ou deux, les choses bougent. Certains petits clubs ont convaincu le privé de se lancer dans l'entreprise. Saint-Trond a inauguré un nouveau stade ; Beveren s'agrandit et le Lierse planche sur cet objectif. A leur niveau, les petits se modernisent tout en gardant une capacité réaliste. La campagne CM 2018 pourrait constituer une planche de salut pour les autres entités. Anderlecht va se doter d'une nouvelle enceinte mais le projet n'est pas encore ficelé. Au Standard, le dossier d'un nouveau stade avance mais pas aussi vite que prévu. A Gand, on a posé la première pierre mais un contentieux entre promoteurs ralentit le chantier. " On doit avoir un plan d'ensemble ", continue Courtois. " Il faudrait au minimum un stade de 40.000 places dans chaque province, excepté Namur et le Luxembourg. Il y a de la demande à Bruges, Gand, Anvers, Genk, Bruxelles, Liège. Dans le Hainaut, on pourrait très bien construire un stade de 25.000 places et imaginer l'étendre à 40.000 pour la Coupe du Monde. Il faudrait aussi s'orienter vers un partenariat privé-public. Or, pour attirer le privé, il faut prévoir des logements, bureaux, centre de loisirs ou galerie commerciale. "Le projet Mondial 2018 permettrait également aux autres clubs de D1 de se doter d'enceintes rafraîchies afin de servir de centres d'entraînement. Pour le 15 décembre, Courtois veut que les villes accueillant un stade soient désignées car pour le 14 mai 2010, la FIFA exige de connaître le nom de stades, leurs emplacements, les plans de coupe et les premiers dessins de l'architecte. Bref, cela urge. Pour le moment, ce projet porte tous les espoirs belges en termes d'infrastructures.Sans même comparer avec l'Allemagne, l'Angleterre, l'Espagne et l'Italie, la Belgique est complètement dépassée. Au Portugal, l'EURO 2004 a permis au pays de se doter de joyaux. Même dans des régions sans clubs renommés (comme à Faro). Pour financer ses perles, les Portugais ont imaginé des sociétés mixtes : l'Etat, via le ministère des Sports, prenait à sa charge une partie de la construction, le club se chargeant de l'aménagement des alentours. Dans le cas de Faro, ce sont les municipalités de Faro et de Loulé qui se substituèrent au club. Aujourd'hui, Beira Mar, qui peine à attirer plus de 5.000 supporters, joue dans un stade de 30.000 places, dans la ville d'Aveiro qui ne compte que 74.000 habitants. Au total, l'Etat aura déboursé 445 millions d'euros. Boavista, descendu en D2, a vu son stade saisi pour payer ses dettes. Le Portugal possède certes des stades qui vont tenir 50 ans mais à quel prix ! En Suisse, l'EURO 2008 a également rafraîchi le paysage. " Avant l'EURO, le directeur de la Ligue avait déjà prôné un championnat à dix clubs, ce qui sous-entendait que chaque club de l'élite devait se doter d'une nouvelle enceinte ", explique Simon Meyer, chef de la rubrique football au journal Le Temps. " Pour obtenir sa licence, il faut soit avoir un nouveau stade, soit avoir un projet. Ici, les stades ont été financés en grande partie par le public et certains projets ont été bloqués par référendum. Seul bémol à Genève où on s'est demandé si c'était judicieux de construire un stade de 30.000 places. " Un an plus tard, c'est là que le bât blesse : la société qui gère le stade est quasiment en faillite, celui-ci étant peu rentable, en grande partie à cause de la faillite du Servette. Par contre, tous les autres nouveaux stades sont parfaitement rentables. Que ce soit à Berne (ce sont les mêmes personnes qui gèrent la structure et le club des Young Boys), ou à Bâle. L'EURO a également constitué un effet d'émulation. Des nouveaux stades plus modestes apparaissent à Saint-Gall (18.000 places) et à Neuchâtel (12.000 places). " Leur dimension est adaptée à la taille du club et au nombre de supporters. Ces stades sont liés à des activités commerciales ", ajoute Meyer. Il y a également des projets à Aarau, Lucerne et Schaffhouse. " Cela a eu un impact sur la moyenne de spectateurs. Pour la première fois de l'histoire de la Ligue, nous avons dépassé la moyenne générale de 10.000 spectateurs. Cela a également permis à des clubs comme Young Boys ou Neuchâtel de faire enfler leur budget. "En France (candidate à l'EURO 2016), les stades sont loin d'être vétustes. Ils avaient reçu un bon lifting pour le Mondial de 98 mais plusieurs projets sont entrés en action. Même Le Mans dont le budget de 30 millions d'euros avoisine celui d'Anderlecht, s'est doté d'une nouvelle enceinte. Lille va construire un méga projet grâce à un partenariat privé-public (sur les 613 millions d'euros que va coûter le stade, 44 % seront à la charge du public-la ville, la métropole et la Région-et 56 % à charge du privé). Le LOSC paiera un loyer et une partie des recettes du privé sera versée au public. Il y aura également un contrat de naming et des taxes sur les spectacles. A Valenciennes, le club a lancé 3 chantiers pour se stabiliser en L1 : le centre d'entraînement, le centre de formation et un nouveau stade. Le club financera à 100 % les deux premiers ; les collectivités publiques à 100 % le stade. Coût total du stade : 70 millions d'euros. Deux exemples très différents : on peut imaginer plusieurs solutions (et plusieurs échelles de grandeur) pour la construction d'un stade. Encore faut-il une volonté politique : Lille a pu compter sur Martine Aubry et Pierre Mauroy, ex-ministre ; Valenciennes sur Jean-Louis Borloo, actuel ministre de l'Ecologie et de l'Energie. par stéphane vande veldeOn doit avoir un stade de 40.000 places dans chaque province, excepté Namur et le Luxembourg. (Alain Courtois)