E ric Rabesandratana sort de sa douche détendu, demande où on va faire l'interview et choisit finalement les petits locaux de la cellule commerciale du stade Tondreau. Il dit bonjour à tout le monde comme s'il avait toujours fait partie des meubles mais s'étonne toujours quand il ne peut donner qu'une bise, comme de coutume en Belgique. Enfin, il s'assoit et raconte sa vie. Il est accompagné de ses deux fils qui écoutent son histoire. Il ne veut pas commencer par le début mais va directement là où ça fait mal, la source de tous ces ennuis : l'AEK Athènes.
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E ric Rabesandratana sort de sa douche détendu, demande où on va faire l'interview et choisit finalement les petits locaux de la cellule commerciale du stade Tondreau. Il dit bonjour à tout le monde comme s'il avait toujours fait partie des meubles mais s'étonne toujours quand il ne peut donner qu'une bise, comme de coutume en Belgique. Enfin, il s'assoit et raconte sa vie. Il est accompagné de ses deux fils qui écoutent son histoire. Il ne veut pas commencer par le début mais va directement là où ça fait mal, la source de tous ces ennuis : l'AEK Athènes. " Je suis toujours en procès avec eux et je ne sais pas quand le problème sera tranché. La FIFA m'a déjà donné raison une fois mais le club continue à me poursuivre ", explique ce Français d'origine malgache. A bientôt 32 ans, Rabé, comme tout le monde l'appelle, a posé ses valises à Mons et entame sa deuxième pige à l'étranger : " Malgré ce procès, je garde paradoxalement un bon souvenir de ma première expérience. L'équipe de l'AEK était solide. D'ailleurs, on y retrouvait une bonne partie des champions d'Europe actuels comme TheodorosZagorakis, Demis Nikolaidis, Vassilis Tsartas, Mihalis Kapsis, Traianos Dellas et le joueur de Monaco Vassilios Zikos. Mais je n'ai joué qu'un mois avant de me blesser. Le président Makis Psomiadis a alors décrété que ma blessure prenait trop de temps et a décidé de ne plus me payer. Il avait déjà agi de la sorte avec un de mes coéquipiers, Grzegorz Mielcarski. Celui-ci avait visité un spécialiste qui lui avait dit que sa blessure allait durer deux mois. Le président a décrété que c'était un mois de trop. C'était vraiment un drôle de personnage. Il a été condamné par après à 12 ans de prison pour trafic de magnétoscopes. J'aurais dû avoir la puce à l'oreille dès le début. Un agent m'a mis en contact. Mais il m'a vite abandonné une fois qu'il a empoché son argent ". Cette histoire coûtera cher à Rabé. Les clubs français rechignent à embarquer un joueur en procès avec son précédent employeur. Le président de Châteauroux MichelDenisot, qui l'avait connu au PSG, ira le rechercher. " Les six premiers mois ont été parfaits. L'entraîneur Thierry Froger me faisait confiance mais l'année passée, sous la houlette de Viktor Zvunka comme entraîneur et de Patrick Trotignon comme président, les choses ont mal évolué. Je ne jouais pratiquement plus. Le contact était rompu ". Eric Rabesandratana se dit alors qu'il est temps de changer d'air. Il sait que la France ne lui fait pas confiance et est conscient qu'un nouveau départ à l'étranger se profile. " J'avais deux tests en prévision. J'allais à Mons puis je filais vers l'Ecosse à Hibernian. Mais cela s'est bien déroulé dans le Hainaut. L'entraîneur me voulait et cela fait toujours plaisir. D'autant plus quand il s'agit d'un entraîneur avec de telles références ! Je désirais aboutir dans un club pour jouer et ici le potentiel est énorme. On doit juste apprendre à perfectionner les automatismes. On voit aussi que le club se dote d'infrastructures ". Pourtant, en optant pour Mons, il sait qu'il s'éloigne toujours un peu plus des ambiances magiques connues il y a quelques années. Le PSG est toujours gravé dans sa mémoire même s'il doit y fouiller les recoins pour se rappeler les meilleurs moments. " La Ligue des Champions reste un grand souvenir. Je me souviens de mon premier match dans cette compétition lors de la saison 1997-1998. Le PSG recevait le Bayern. Moi, je devais me flanquer la garde de Carsten Jancker. On avait gagné 3-1 et j'avais réalisé une bonne prestation. Mais mon meilleur souvenir européen reste attaché à un match que je n'ai pas disputé. Contre le Steaua Bucarest. On avait perdu le match aller sur tapis vert 3-0 parce que : Laurent Fournier avait été aligné à l'aller alors qu'il était suspendu. Au retour, dans une ambiance indescriptible, on a réussi à renverser la vapeur. On a gagné 5-0 ". C'était la même saison. Rabesandratana n'était pas titulaire dans cette équipe de rêve entraînée par Ricardo avec des joueurs comme Rai, Marco Simone, Leonardo, Paul Le Guen ou Florian Maurice. Rabé prend alors son envol sous le maillot parisien. Il sera même capitaine sous l'ère PhilippeBergeroo. Mais le retour de Luis Fernandez le plonge dans l'ombre : " Mon départ du PSG a été forcé. Lorsque Fernandez est arrivé au club, il voulait s'occuper de tout : les contrats des joueurs, les dossiers administratifs, les entraînements. Directement, il m'avait écarté de ses plans. J'avais déjà joué contre lui et il avait ses préjugés. Je ne sais vraiment pas pourquoi ". La page parisienne était définitivement tournée. Il partait contre son gré d'un club qu'il avait rejoint par désir. Et pourtant quand on lui demande d'énumérer ses souvenirs de son club de c£ur, il coupe tout de suite : " Mon club de c£ur, c'est avant tout Nancy. C'est là que son père a décidé d'aller travailler ". Le fils va y rester 11 ans, grimpant tous les échelons de l'équipe lorraine. " J'ai disputé mon premier match en 1990 contre Caen mais on y avait perdu sèchement (4-1) et j'avais inscrit un but contre mon camp. Mais d'autres souvenirs sont plus encourageants. Ainsi, je me souviens d'une fameuse victoire 2-0 contre le Marseille de la grande époque. Mais le plus beau moment fut la montée en D1. On avait réalisé un super parcours. Tout s'est joué lors de la dernière journée. On devait gagner ou réaliser un match nul. On était en lutte avec Perpignan pour cette place en D1. On se déplaçait à Angers et finalement on a gagné 2-1. On possédait vraiment une jeune belle équipe avec des garçons comme Mustapha Hadji, Tony Vairelles ou Gregory Wimbee. Ladislau Boloni était notre entraîneur. Je suis parti en 1997. Sans regret car je voulais relever un autre défi. A Nancy, j'avais fait le tour " Il semble arriver au bout de ses souvenirs. Il se fait chambrer par Alain Behi qu'il a connu à Châteauroux et qu'il est content de retrouver. " Ma plus grosse erreur est d'avoir rencontré Béhi. Et je l'ai suivi... ", blague-t-il. Ses clubs :1990-1997 : Nancy 1997-2001 : PSG 2001-2002 : AEK Athènes01/ 2003-2004 : ChâteaurouxStéphane Vande Velde" Mon MEILLEUR SOUVENIR AU PSG reste un match que je n'ai pas joué "