Il faut parfois un gros scandale pour tout nettoyer... Longtemps, le Comité International Olympique avait traîné des casseroles. Sa réputation était noircie, les villes organisatrices devaient - selon la rumeur - arroser les Olympiens qui votaient pour gagner l'élection. En 1998, éclata le scandale des Jeux d'Hiver de Salt Lake City 2002. Les votants avaient été " motivés " moyennant des vacances de ski, bourses universitaires, voyages au Super Bowl, interventions de chirurgie esthétique, réductions sur opérations immobilières, emplois et sommes en cash (seuls incentives dont on ne retrouva pas la trace). Bref, des millions de dollars furent " investis " de cette manière dans la candidature de la ville en 1995.
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Il faut parfois un gros scandale pour tout nettoyer... Longtemps, le Comité International Olympique avait traîné des casseroles. Sa réputation était noircie, les villes organisatrices devaient - selon la rumeur - arroser les Olympiens qui votaient pour gagner l'élection. En 1998, éclata le scandale des Jeux d'Hiver de Salt Lake City 2002. Les votants avaient été " motivés " moyennant des vacances de ski, bourses universitaires, voyages au Super Bowl, interventions de chirurgie esthétique, réductions sur opérations immobilières, emplois et sommes en cash (seuls incentives dont on ne retrouva pas la trace). Bref, des millions de dollars furent " investis " de cette manière dans la candidature de la ville en 1995. Quatre enquêtes furent lancées par le CIO, le comité olympique américain, le comité d'organisation local et le département de Justice américain, ce dernier garantissant l'indépendance des trois premières enquêtes. Dix membres du CIO furent radiés et dix autres sanctionnés. Quinze organisateurs de Salt Lake City furent inculpés mais finalement acquittés par la justice américaine : rien de strictement illégal n'avait été retenu contre eux. Mais la morale sportive était sauve : c'était la première fois depuis son existence que le mouvement olympique sanctionnait des membres pour conduite incorrecte. C'est ce qui vient de se passer à la FIFA, qui a suspendu deux membres de son comité exécutif et quatre autres officiels pour des faits douteux mis en lumière par le Sunday Times. Ils ont contrevenu aux principes du Comité d'éthique de la FIFA. La fédé internationale de foot a donc plongé pour la première fois les mains dans les magouilles des attributions d'organisation de coupes du monde ou autres événements... ou élections. Mais contrairement au CIO, il n'y a pas eu de radiation, seulement des amendes et des suspensions limitées dans le temps (un maigre total de 16 ans) avec possibilité d'appel. L'enquête n'était pas suffisamment indépendante : la justice suisse a apparemment d'autres chats à fouetter et le Tribunal Arbitral du Sport n'a - malheureusement - pas été alerté. Du coup, les avocats des six suspendus ont eu beau jeu d'affirmer que leurs clients n'avaitent pas été punis pour corruption mais pour ne pas avoir respecté des clauses de confidentialité. Il y a pourtant un mieux : cela fait plus d'un siècle que la morale sportive a des hauts le c£ur dès qu'elle examine ce qui se passe à la FIFA (voir le Dossier qui débute en page 27). Elle clame qu'elle s'est mise à l'heure de la tolérance zéro, mais elle y est obligée pour tenter de se refaire une virginité... même si ça fait mal. Cinq des six suspendus sont africains, or le président Sepp Blatter dépend des votes de leur continent pour sa réélection l'an prochain. Cela signifie bien que l'homme le plus fort de la FIFA ces jours-ci est l'ex centre-avant de l'équipe suisse (et juriste) Marco Sulser, le président du Comité d'éthique. Mais pour bâtir une certaine crédibilité, il devrait accepter l'intrusion d'une autorité réellement indépendante, comme le CIO l'a fait. Mais Blatter n'est pas Jacques Rogge. Quand on écoute attentivement les arguments des candidats à la Coupe du Monde 2018, le seul point fort du HollandBelgium Bid est le fait qu'il soit pur, non corrompu, éthiquement parfait... C'est sympa mais ne constitue pas une garantie d'élection. Si Belges et Hollandais sont des gens corrects - comme leur communication le clame - ça ne suffit pas. On est les seuls sans stades déjà opérationnels, moins riches et puissants que les Russes et moins funs que les Anglais et les Ibériques. On n'a aucune chance, en principe. Dans les jours qui viennent, la seule bonne nouvelle sera - selon nos informations - la réconciliation entre Axel Witsel et Marcin Wasilewski qui n'est plus qu'une question de temps. Date butoir : le 22 janvier prochain, jour d'Anderlecht-Standard. PAR JOHN BAETELa réconciliation entre Witsel et Wasilewski n'est qu'une question de temps. Date butoir : le 22 janvier, jour d'Anderlecht-Standard.