Alors qu'il répond à un journaliste, Tom De Sutter (21 ans) sent une main indiscrète dans son dos. Sans broncher, il poursuit l'interview mais du coin de l'£il, il a repéré le farceur et lui adresse un sourire en coin. Cet attaquant, transféré il y a deux mois du KM Torhout 1992, est déjà intégré au Cercle.
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Alors qu'il répond à un journaliste, Tom De Sutter (21 ans) sent une main indiscrète dans son dos. Sans broncher, il poursuit l'interview mais du coin de l'£il, il a repéré le farceur et lui adresse un sourire en coin. Cet attaquant, transféré il y a deux mois du KM Torhout 1992, est déjà intégré au Cercle. " Je n'ai même plus l'impression d'être un nouveau. Evidemment, je ne me débrouille pas mal ". Il le dit sans fausse modestie ni arrogance. Ses deux premiers matches en D1 lui donnent raison. Il a disputé la seconde mi-temps à Mouscron et tout le match contre Lokeren, avec un bulletin positif. De Sutter comprend néanmoins qu'il doit rester les pieds sur terre. " Globalement, je suis content de mes matches jusqu'à présent mais je dois encore progresser. Je réagis trop mollement quand on me passe le ballon. Contre Lokeren, je suis arrivé plusieurs fois après mon adversaire direct. Je dois rester concentré même quand je n'ai pas eu le ballon un moment et être plus régulier au cours d'un match ". Harm van Veldhoven a renforcé son noyau en enrôlant De Sutter. Ce robuste garçon de 192 cm joue dos au but, prêt à recevoir le ballon, il sait le conserver et adresser la bonne passe aux coéquipiers qui sont montés. Le Cercle n'avait pas d'avant de ce type. Olivier Doll et João Carlos Pinto Chavez, malgré leur expérience, ont souffert, au c£ur de la défense lokerenoise. Tom De Sutter poursuit des études en marketing à Gand et habite à Balegem. Malgré la distance qui le sépare de Bruges (60 km), il n'a pas hésité. " En réfléchissant, je n'ai pas trouvé d'arguments contre ce transfert. Je suis habitué aux navettes depuis belle lurette. Je m'y suis fait quand je jouais à Torhout, puis au Club Bruges. Le Club m'a enrôlé en 2001 du Standaard Wetteren. J'ai joué quatre ans avec les Espoirs du Club et j'ai beaucoup appris. Cette période a été l'étape la plus importante de mon développement mais dans un club de ce niveau, on cherche à un moment juste le type de joueur que vous n'êtes pas. Je me trouvais meilleur que Jeanvion Yulu-Matondo quand il a été invité en stage avec le noyau A et je n'étais pas le seul de cet avis mais le Club voulait un autre genre d'avant. A cette époque, il avait des attaquants comme Rune Lange. J'ai cherché mon bonheur ailleurs ". L'aspect humain constitue une des principales différences entre le Club et le Cercle. " La mentalité n'était pas toujours géniale au Club. Il y avait des clans, c'était froid. Je n'aurais jamais imaginé qu'on puisse former une famille en D1 comme c'est le cas au Cercle. On nous prétend trop gentils entre nous mais je peux vous assurer que certains y vont dans les duels et qu'en cas de problème, on se fait entendre ". Pourtant, l'entraîneur répète qu'ils ne communiquent pas assez sur le terrain. De Sutter doit bien le concéder : il aimerait être mieux piloté. " Mais je ne suis pas encore dans le groupe depuis assez longtemps pour analyser les problèmes de communication et leur origine ". Même sans être dirigé ou sans l'être assez, il semble avoir bien digéré son passage de D3 en D1. " Je n'ai encore rencontré aucun problème. Au début, j'ai surtout dû m'adapter au nombre d'entraînements et à leur niveau. Durant les premières semaines, j'avais les jambes lourdes en permanence, puis mon corps s'est adapté à ce nouveau régime. En fait, c'est surtout la vitesse d'exécution qui est supérieure en D1 ". Cela peut paraître bizarre mais De Sutter estime justement son passage en D3 positif à cet égard. " Comme au Cercle, j'étais l'avant-centre à Torhout. Si je ne savais pas où expédier le ballon avant même de le recevoir, les défenseurs adverses me balayaient. Je me retrouvais au tapis. C'est un excellent apprentissage ". KRISTOF DE RYCK