ANALYSE: MICHAëL CORDIER

Sans doute, avec tout ce qui s'est passé dans le club cette saison. Nous n'avons jamais été tranquilles, les problèmes extrasportifs ne nous ont jamais lâchés. On peut dire ce qu'on veut, cela a inévitablement une influence sur le mental des joueurs.
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Sans doute, avec tout ce qui s'est passé dans le club cette saison. Nous n'avons jamais été tranquilles, les problèmes extrasportifs ne nous ont jamais lâchés. On peut dire ce qu'on veut, cela a inévitablement une influence sur le mental des joueurs. Pour moi, oui. Ce que nous avons montré contre les grands clubs prouve qu'il y avait du talent dans le groupe. Malheureusement, il n'y avait pas assez d'expérience. En quatre week-ends, nous avons affronté quatre équipes contre lesquelles il fallait absolument prendre beaucoup de points : Roulers, le Lierse, St-Trond et Beveren. Nous n'avons su gagner aucun de ces matches, et après cela, la messe était dite. Nous ne pouvions plus compter que sur un gros miracle. Ferrera, c'est un grand monsieur mais un trop grand pro pour La Louvière. Le courant entre le groupe et lui n'est pas passé parce qu'il était trop précis dans son discours. Bodart nous a permis de montrer subitement de bonnes choses, avant que tout soit remis en question par les histoires de corruption. Et Tilmant avait peu de chances de réussir car l'équipe était dans une situation dramatique quand il l'a reprise. Dès le moment où nous avons su que nous devrions terminer par un 6 sur 6 et compter sur de mauvais résultats de nos concurrents directs, la flamme n'était plus là chez certains joueurs, c'est clair.Michaël Cordier a plus d'une fois sauvé les meubles mais ce fut insuffisant pour maintenir l'équipe en D1. On voit clairement qu'il a été formé à l'école de Michel Piersoul, l'homme qui a façonné Silvio Proto. Leurs styles sont fort comparables. Emilio Ferrera alignait quatre hommes, Gilbert Bodart trois et Frédéric Tilmant a lui aussi souvent opté pour trois arrières. Olivier Guilmot a fait ce qu'il pouvait mais ce ne fut pas sa meilleure saison. Une satisfaction en fin de championnat : l'éclosion de QuantinDurieux. Dès l'arrivée de Bodart, Alex Teklak a quitté la défense pour une place de médian défensif qu'il a tenue tout le reste de la saison. Les flancs ont régulièrement été inexistants. Fadel Brahami, Jaroslaw Mazurkiewicz et même Nordin Jbari ont été essayés derrière les attaquants. Le désert ! Aucune satisfaction dans ce secteur. Echec pour Nordin Jbari, Alexan-dre Lecomte, Aco Stojkov, Sergio Sanchez, Frédéric Bosak, Youssef Sofiane et Stavros Glouftis. Seul Alexandre Potier a fait illusion... l'espace de deux matches. Emilio Ferrera dirige son dernier match, contre le Brussels (défaite 0-3). Gilbert Bodart prendra le relais lors de la 11e journée, après l'intérim d'un match de Frédéric Tilmant. Gilbert Bodart est à la tête des Loups pour la dernière fois contre le G. Beerschot (1-1) : quelques jours plus tard, il annoncera son départ (volontaire ou forcé ?). Frédéric Tilmant prendra le relais jusqu'en fin de saison. Les Loups sont mathématiquement condamnés après le nul (2-2) contre Charleroi.Après avoir été l'adjoint d' AlbertCartier, d' EmilioFerrera et de Gilbert Bodart, Frédéric Tilmant a accepté le poste de T1 en février, pour le reste de la saison. Un cadeau empoisonné car l'enfant du club n'a pas (encore ?) l'âme d'un entraîneur principal, et surtout, l'équipe semblait déjà condamnée à la D2 à l'époque. Tilmant a essayé de motiver, de transmettre sa hargne, mais l'échec était au bout de la route. Il faut plus que de l'engagement pour sauver sa peau en D1, et quand cet engagement n'est clairement pas partagé par tous, il n'y a pas deux issues possibles. D'autant plus dans une période où le groupe a plus besoin d'un flic que d'un copain. L'éclaircie dans la grisaille. Michaël Cordier (22 ans) avait la lourde mission de faire oublier SilvioProto. Objectif atteint. Ce gardien sobre et efficace a profité de sa première saison en D1 pour montrer qu'il avait le niveau. Les divisions inférieures, ce n'est plus pour lui, d'où son départ certain. A 31 ans, Nordin Jbari a-t-il encore un avenir en D1 ? Après son échec à Gand, il vient de se planter à La Louvière. On comptait sur lui pour marquer les buts du maintien. Bilan : 2 goals et un statut de tête de Turc pour les supporters, en fin de saison. Un élément à sa décharge : il a toujours tout donné. Une moyenne de 4.511 personnes (- 400 par rapport à 2004-2005), un total faussé par le match portes ouvertes contre Mouscron (8.607 spectateurs, record de la saison). Ambiance catastrophique d'un bout à l'autre de la saison. En cause, un dialogue compliqué entre le groupe et Emilio Ferrera, puis les suspicions de matches truqués et les ennuis judiciaires de la direction. On n'a rien vu de la part des Loups, si ce n'est lors de l'un ou l'au-tre match avec Gilbert Bodart. Mais les matches en question suscitent de grosses interrogations ! Offensivement, les Loups ont été absents. Le budget prévisionnel (3 millions) a été bouclé grâce au faible montant à payer en primes. Alex Teklak, Jaroslaw Mazurkiewicz et Egutu Oliseh ont réussi. Fritz Emeran n'a pas échoué. Les au-tres se sont plantés : Frédéric Bosak, Trésor Luntala, Cesar Oulai, Nordin Jbari, Sergio Sanchez, Tiago, Bob Cousin, Alexandre Lecomte, Martin Ekani, Stavros Glouftsis, Youssef Sofiane, Aco StojkovPIERRE DANVOYE